RÉTENTION D'URINE." — DIAGNOSTIC
regorgement. La vessie distendue forme une tumeur visible à l'hypogastre sur un malade maigre, surtout s'il est debout ; à la palpation, elle est arrondie, indolore, nettement médiane, peu mobile, absolument mate ; elle peut atteindre jusqu'à l'ombilic.
Quand le malade urine par regorgement, la tumeur cesse d'augmenter, et les choses peuvent persister ainsi assez longtemps si l'on n'intervient pas. Quand la rétention se prolonge, on peut observer l'anasarque, complication très rare signalée par Bourgeois (d'Étampes) et Trousseau. Elle serait indépendante de toute lésion du cœur ou du rein, car l'urine évacuée ne contient pas d'albumine et l'œdème disparaît quand la vessie est vide; elle paraît due à l'hydrémie qui résulte de la diminution de la sécrétion rénale, sous l'influence de la compression que subissent les reins (1).
DIAGNOSTIC. — Pour reconnaître la rétention d'urine, il suffît d'y penser. La palpation et la percussion décèlent la tumeur; l'évacuation par la sonde en montre la nature. Quand la rétention complique une affection de l'abdomen, elle obscurcit parfois la symptomatologie locale. Il ne faut pas prendre pour de la rétention l'anurie des maladies aiguës, néphrites aiguës, pyrexies aiguës surtout chez l'enfant, gastro-entérite et choléra, occlusion intestinale.
(I) Lépine, Congrès de Lyon, lS9i.