PATHOLOGIE DE LA. VESSIE
La pathologie vésicale peut se ramener presque entièrement (si Ton fait abstraction des traumatismes et de l'intoxication cantharidienne), aux deux grands processus de la réaction nerveuse et de l'infection. Les troubles de la nutrition, les diathèses n'ont en effet qu'une part indirecte dans ces maladies, la goutte et l'arthritisme par exemple, par l'intermédiaire de la lithiase rénale.
Nous avons étudié l'étroite union du système nerveux et de l'appareil vésico-urétral ; les névroses, comme les maladies à lésions troublent l'excrétion de l'urine ; troubles de sensibilité, anesthésies, hyperesthésies, troubles de motilité, spasmes, contractures, paralysies, s'observent au cours des maladies nerveuses ; le tabès en fournit les exemples les plus nombreux et les plus variés.
Quelques-uns de ces troubles prennent dans certaines circonstances une valeur sémiologique importante ; c'est ainsi que l'incontinence d'urine survenant chez un adulte au cours d'une attaque convulsive permettra de distinguer l'épilepsie de l'hystérie ; les troubles vésicaux, au cours d'accidents paralytiques des membres inférieurs, sont en faveur d'une myélite et éloignent l'idée d'une névrite, bien qu'il y ait des exceptions à chacun de ces deux exemples.
L'infection joue un rôle considérable dans la pathogénie vésicale, car elle est à l'origine de toutes les cystites (exception faite de la cystite cantharidienne) et peut-être de beaucoup de calculs vésicaux.
Depuis le jour où Albarran et Halle, Clado ont décrit dans l'infec tion vésicale un bacille que les travaux de Morelle, Achard et Renault, Krogius, Reblaub ont identifié au colibacille, on a décrit nombre de microbes dans le sédiment cystique; beaucoup ont été mal déterminés ou n'ont pas été retrouvés par les hommes compétents. Voici ceux dont on constate le plus souvent la présence : le colibacille, le streptocoque pyogène, le proteus de Hauser, le bacille de Koch, le gonocoque, le bacille d'Eberth, le staphylococcus ureae liquefaciens, pour ne nommer que ceux qui sont incontestés.
L'infection pénètre la vessie par trois voies :
1° La voie urétrale. — L'urètre n'est pas stérile; Lustgarten et Mannaberg, Rovsing, Petit et Wassermann y ont trouvé constamment des microbes ; quand l'urètre est stérile, ce qui est rare, ou quand il ne contient pas le colibacille, on trouve celui-ci abondant sur le prépuce ou à l'entrée de la vulve ; et la désinfection, telle qu'on la pratique avant le cathétérisme, ne suffit pas à le détruire (Melchior). La désinfection des instruments ne supprime donc pas le danger, puisqu'ils peuvent se contaminer dès leur entrée dans l'urètre. L'introduction des sondes est l'agent ordinaire de la contagion. Mais il v a des cas où celle-ci se fait en dehors de toute intervention;