PATHOLOGIE DE LA VESSIE
chez la femme, la pénétration paraît facile à cause de la brièveté de l'urètre et du peu de résistance du sphincter (Duclaux, Guyon, Albarran et Halle). Chez l'homme à l'état normal, on conçoit mal cette irruption des microbes dans la vessie, sauf dans le cas d'urétrite, car le canal est alors réellement béant (Halle et Wassermann).
Mais là comme partout, la pénétration des microbes ne suffit pas ; il faut à leur action pathogène des conditions favorables qu'ils trouvent dans la stagnation des urines (Albarran) — et quand celle- ci fait défaut — , dans toutes les causes de congestion des parois vésicales (affections de l'utérus et des annexes, menstruation, grossesse).
2° La voie pariétale permettant la pénétration par effraction. On a invoqué ce mécanisme pour expliquer le développement des cystites chez des sujets qui n'ont jamais été sondés et qui sont atteints d'affections de voisinage; nous venons de voir que la flore microbienne de l'urètre pourrait parfois suffire à leur interprétation. Mais non satisfaits de ces données, quelques auteurs se sont demandé si les microbes pouvaient passer du rectum dans la vessie. Ulztmann a pensé que la prostate peut servir, dans ce cas, d'intermédiaire entre les deux organes. Escherich, Trumpp, Finkelstein ont admis ce mode d'infection pariétale chez les enfants atteints de cystite au cours de l'entérite folliculaire qui répond à notre colite glaireuse. Enfin les expériences de Reymond montrent la réalité de ce mécanisme surtout au cours des affections de l'utérus et des annexes.
3° La voie rénale est assurément la plus rare, c'est elle que prendraient latuberculose descendante des voies urinaires, et peutêtre aussi certaines infections au cours de la grippe (Fiessinger, Lamarque), des angines (Bazy).
Quel que soit le mode d'infection de la vessie, la maladie peut rester localisée, si l'évacuation est largement assurée ; dans le cas contraire, elle envahit, par marche ascendante, toutes les voies urinaires, et aboutit au syndrome de la fièvre urineuse.
Les affections de la vessie retentissent un jour ou l'autre sur la santé générale. Les troubles dynamiques affectent le système nerveux en créant ou aggravant la neurasthénie et l'hypochondrie. Les lésions d'ordre infectieux, outre les accidents généraux toxiinfectieux qu'elles engendrent, pourraient aussi, si on en croit les descriptions classiques, altérer les centres nerveux en produisant ce qu'on a décrit sous le nom de paraplégies urinaires. Beaucoup de ces cas ont été certainement mal interprétés ; les troubles urinaires sont quelquefois en effet le premier symptôme d'une myélite qui apparaît ultérieurement; on a fait autrefois de ces paralysies des accidents réflexes ; quelques-unes sont peut-être hystériques, d'autres sont d'ordre infectieux et névritique; enfin on peut concevoir le développement d'une myélite infectieuse engendrée par les bactéries vésicales et particulièrement par le colibacille (Gilbert et Lion).