PHLEGMON DU LIGAMENT LARGE
Sous le nom de phlegmon du ligament large, ou de paramétrile, on doit entendre toutes les inflammations du tissu cellulaire qui entoure l'utérus, lymphadénites de F. Siredey et Auger, adénolgmphite de A. Guérin, Mary et Martineau, phlegmon rétro-utérin de Nonat et de Gallard, adéno-phlegmon juxtapubien de A. Guérin, phlegmon anléutérin de Otto Spiegelberg, etc.
> Ces inflammations revêtent tantôt la forme aiguë, localisée ou diffuse, tantôt la forme chronique, provoquant un épaisissement considérable du tissu cellulaire pelvien.
ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE. — Les nombreuses recherches cliniques, anatomo-pathologiques et expérimentales qui ont été faites sur cette question, ont suffisamment démontré la part prépondérante des vaisseaux lymphatiques dans le transport des germes infectieux. Les riches réseaux lymphatiques situés au-dessous de la muqueuse de l'utérus et le long des vaisseaux sanguins, qui traversent ses parois, aboutissent pour la plupart à des troncs elférents qui traversent le ligament large, pour gagner les ganglions iliaques et lombaires. Les renflements que présentent ces vaisseaux lymphatiques, les ganglions qui existent sur les côtés de l'utérus et dans l'épaisseur des ligaments larges, facilitent singulièrement l'infection du tissu cellulaire de toute cette région. Charpy a invoqué la propagation directe de l'inflammation de la muqueuse à la périphérie de l'utérus, mais il est difficile d'expliquer la migration des germes par une autre voie que celle des lymphatiques, puisque ceux-ci traversent tous les espaces intermusculaires du parenchyme utérin. Le rôle des veines dans l'inflammation du ligament large n'est pas prouvé. (Pierre Delbet.)
C'est généralement à la suite des accouchements et desavortements que l'on observe les phlegmons du tissu cellulaire pelvien, surtout lorsqu'il s'est produit des déchirures du col (F. Siredey). Mais l'état puerpéral n'est pas indispensable; les manœuvres pratiquées sur l'utérus, les plaies ou déchirures qui résultent de l'introduction d'instruments malpropres, sont la cause habituelle de ces phlegmasies. Les lésions du vagin en sont aussi le point de départ (Pierre Delbet). Beigel incrimine même les opérations pratiquées sur la vulve et les déchirures du périnée, dans quelques cas. Les suppurations des ovaires et des trompes infectent également le ligament large.
La blennorragie entre rarement en ligne de compte, sinon comme cause de destruction de l'épithélium utérin. C'est presque toujours le streptocoque qui est l'agent pathogène de ces infections.
Jusqu'ici rien ne permet d'expliquer pourquoi l'infection se fixe