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TUBERCULOSE DES OVAIRES ET DES TROMPES

avec peine les divers organes, parmi lesquels se trouve même, dans certains cas, l'intestin.

Sur la coupe, la trompe est épaissie, on voit des tubercules à sa surface, sous le péritoine et dans la couche profonde de la muqueuse. Sa surface interne est végétante, les éléments de la muqueuse sont hypertrophiés. Au microscope, on constate la présence de cellules géantes nombreuses au milieu des cellules embryonnaires, et on reconnaît des follicules tuberculeux complets dans la couche musculaire.

On peut suivre, dans quelques cas, la propagation de la tuberculose au péritoine, aux ganglions iliaques et lombaires, et même aux plèvres (Fernet, Hegar).

SYMPTOMATOLOGIE. — Les salpingites tuberculeuses donnent lieu, habituellement, aux mêmes symptômes que les autres salpingites : la douleur, la leucorrhée, les troubles menstruels ne présentent rien qui permette de soupçonner la nature de la maladie. La coïncidence de tuberculose pulmonaire ou péritonéale est à peu près la seule circonstance qui mette sur la voie du diagnostic. Et lorsque cette hyp othèse s'est présentée à l'esprit, elle trouve facilement un nouveau point d'appui dans le caractère diffus, complexe, des lésions pelviennes. Le toucher et le palper donnent des signes de périmétrosalpingite, dont l'étendue semble peu en rapport avec la faible importance des phénomènes généraux et locaux qui l'accompagnent.

Mais, à côté des formes habituelles de la maladie, où la tuberculose génitale a une symptomatologie purement pelvienne, il en est d'autres où les symptômes abdominaux l'emportent au point d'attirer sur eux toute l'attention et de faire méconnaître les altérations tubaires et ovariennes qui en sont le point de départ. Il s'agit, dans certains cas, d'une extension rapide de la tuberculose pelvienne à toute la séreuse péritonéale, sous forme de granulations miliaires diffuses, confluentes, avec production de fausses membranes agglutinant entre elles les masses intestinales, sans exsudât liquide.

Dans d'autres cas, au lieu de cette forme sèche de péritonite, la tuberculose donne lieu à une ascile plus ou moins abondante, dont l'évolution lente, insidieuse, exempte de crises douloureuses et de fièv re, est tellement trompeuse que Cruveilhier (1) avait classé cette affection dans les ascites idiopathiques. Bouilly (2) a fait récemment une excellente étude de celte ascite des jeunes filles, montrant qu'elle avait toujours son origine dans la tuberculose des organes génitaux. Souvent le liquide est cloisonné par des fausses membranes, et l'épanchement ascitique offre une grande analogie avec un kyste ovarique. Le diagnostic ne peut être fait que par une

(1) CnuVEiLHiEH, Anat. pathol. gencr., t. IV.

[1) Bouilly, De l'ascite des jeunes filles Sem. gynéc, décembre 1S96).

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exploration patiente et minutieuse, permettant de saisir les déplacements du niveau du liquide, la situation exacte qu'il occupe dans la cavité abdominale, sa mobilité relative et la forme qu'il conserve dans ses déplacements. La fièvre, les douleurs qui s'observent quelquefois au début de celte affection, ont une grande importance, mais ces phénomènes sont susceptibles de manquer, et ils sont parfois assez peu accentués pour passer inaperçus.

TRAITEMENT. — La thérapeutique médicale ne saurait avoir une très grande influence sur les lésions tuberculeuses de la trompe et des ovaires.

Les révulsifs ne constituent qu'un remède illusoire. Le repos associé aux préparations calmantes atténue, dans une certaine mesure, les poussées aiguës.

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