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CANCER DE L'UTÉRUS. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Cancer du col. — Le cancer cervical est de beaucoup le plus fréquent. Tantôt il se présente sous la forme papillaire : il débute sur la surface vaginale du col, par une saillie indurée, qui bourgeonne rapidement, et produit, au dehors, une masse végétante, en choufleur, en même temps qu'elle envoie des ramifications dans les couches profondes à travers les fibres musculaires. Tantôt il apparaît sous la forme de nodules développés primitivement dans les parties profondes de la muqueuse, et ne s'ulcère que tardivement, présentant une surface bosselée, irrégulière. Enfin le cancer peut commencer dans la cavité cervicale, donnant lieu à une ulcération qui s'agrandit peu à peu, détruisant lentement le col de dedans en dehors, et se prolongeant en fusée dans la cavité utérine.

Histologiquement, toutes ces tumeurs appartiennent au genre épithélial. Ce sont des épithéliomas pavimenteux lobules ou tubulés qui prennent naissance sur la muqueuse dermo-papillaire du museau de tanche, des épithéliomas cylindriques, nés et développés dans les glandes de la cavité cervicale et des épithéliomas atypiques, résultant des modifications que subissent les cellules épithéliales, lorsqu'elles s'éloignent de leur point d'origine.

Les épithéliomas cylindriques et atypiques [carcinomes des auteurs allemands) envahissent assez volontiers le corps de l'utérus, soit en y formant une tumeur encéphaloïde [forme végétante) plus ou moins volumineuse, soit en détruisant peu à peu les éléments normaux [forme érosive, forme cavitaire de Pozzi).

Les épithéliomas pavimenteux n'ont pas de tendance à la généralisation, mais ils gagnent progressivement les parties profondes du col et les régions voisines, envahissant le tissu cellulaire, le vagin, la vessie, les uretères, le rectum, et les nombreux lymphatiques qui les entourent. L'oblitération des uretères est une des lésions importantes du cancer utérin ; elle explique Y hydronéphrose, et Y urémie qui en est fréquemment la conséquence.

Cancer du corps. — Il est primitif, ou il succède au cancer du col ; dans ce dernier cas, il ne représente qu'une phase plus avancée des formes précédentes.

Primitif, il reconnaît le plus souvent une origine épithéliaîe. Il s'agit alors d'un épithélioma cylindrique, qui prend naissance dans les glandes du corps utérin, et dont on peut observer les phases successives constituant Y adénome bénin, simple hyperplasie glandulaire, développée sur place, analogue à celle des endométrites, et Y adénome malin, dans lequel la prolifération épithéliaîe devient telle que le tissu interglandulaire disparaissant peu à peu, les tubes glandulaires s'étendent au milieu des fibres musculaires, en même temps qu'ils sont déformés, et que leur lumière se remplit, à la longue, par le bourgeonnement excessif des éléments épithéliaux. Quand les tubes glandulaires bourrés de cellules polymorphes ont complètement

perdu leur physionomie, Yépilhéliome atypique, ou carcinome est nettement constitué.

Ces tumeurs occupent un point limité de la muqueuse utérine, elles s'y implantent par un pédicule plus ou moins étroit et se développent dans sa cavité, prenant, suivant les cas, l'apparence sessile ou polypiforme. Parfois elles s'étendent sur toute sa surface, uniformément étalées et diffuses, ou présentent en certains points un épaississement circonscrit, qui les rapproche de la première variété. Tous ces néoplasmes sont formés d'alvéoles à parois minces, que tapissent des cellules cylindriques. On rencontre çà et là des cavités contenant un liquide muqueux avec de nombreuses cellules en suspension. Des vaisseaux sanguins se répandent dans la trame fibreuse et pénètrent directement dans les masses épithéliales.

Sarcomes. — Outre ces cancers épithéliaux, de beaucoup les plus fréquents, on a signalé l'existence de sarcomes de la muqueuse (Virchow), ou de carcino-sarcomes (Klebs), mais ce sont là des lésions rares.

11 n'en est pas de même des sarcomes que l'on observe dans le parenchyme utérin, et qui sont dus à une transformation desmyomes. Cette altération se reconnaît, dans la plupart des tumeurs, grâce à la présence des éléments musculaires normaux, bien conservés. Ce sont des sarcomes purs, des myxosarcomes, ou des cystosar cornes, suivant la prédominance de l'élément histologique et l'évolution ultérieure de la tumeur.

SYMPTOMATOLOGIE. — Cancer du col. —Le plus souvent rien n'attire l'attention des malades, ni du médecin, au début du cancer; l'affection évolue insidieusement, et les lésions sont déjà avancées quand elles se révèlent par quelque symptôme important.

Le premier en date est généralement Vhémorragie, quelquefois minime, qui se produit en dehors de l'époque menstruelle, à l'occasion d'une fatigue générale ou locale. Comme elle ne s'accompagne d'aucun accident grave, on l'attribue volontiers aux troubles de la ménopause, en raison de l'âge des malades. Quelquefois l'écoulement de sang revient de mois en mois, avec une certaine régularité, et on le prend pour un retour de la menstruation.

Puis apparaît la leucorrhée, et bientôt surviennent des douleurs abdominales, des phénomènes nerveux réflexes. Tous ces accidents sont plutôt l'expression de la métrite concomitante, que des véritables, lésions cancéreuses, qui ne sont pas encore ulcérées.

Cependant le toucher fait bientôt découvrir de petits nodules indurés ou des saillies papillaires, et quoique les altérations locales soient peu accusées, la pâleur jaunâtre, l'amaigrissement, le mauvais état général des malades, inspirent déjà de sérieuses inquiétudes.

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