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CORPS FIBREUX DE L'UTÉRUS. — MARCHE

men local aussi minutieux que prudent, que l'on pourra s'éclairer. L'avortement, avec rétention placentaire, est également une cause d'erreur, par les hémorragies et par le retard de l'involution qui simule l'hypertrophie de l'utérus. L'étude des produits expulsés ne saurait laisser longtemps subsister le doute. Le cancer du corps utérin donne lieu à des hémorragies et à l'accroissement de l'organe, mais la fétidité des pertes est un indice précieux. Les affections des annexes se reconnaissent au développement rapide de la tumeur, et à sa situation, relativement indépendante de l'utérus. L'antéflexion et la rétroversion se diagnostiquent par le palper et l'emploi de l'hystéromètre.

Type à évolution vaginale. — Quand le fibrome évolue du côté du vagin, il vient faire saillie entre les lèvres du col, et on le confond avec une inversion utérine ou avec un polype muqueux. La forme, la consistance de la tumeur et l'emploi de l'hystéromètre jugent la question.

Un œuf engagé dans le canal cervical pourrait être pris également pour une tumeur fibreuse.

Les corps fibreux sous-muqueux sont confondus avec un cancer, lorsqu'ils sont ulcérés et qu'ils donnent lieu à un écoulement fétide.

Les corps fibreux pédicules du corps de l'utérus doivent être distingués des fibromes sessiles sous-péritonéaux, d'un utérus en inversion, et du cancer utérin, comme d'ailleurs toutes les autres variétés de ces tumeurs.

Type abdominal. — Les fibromes sous-péritonéaux pédicules se distinguent des kystes ovariques par leur consistance, par leur forme, des reins flottants par l'absence de connexions de ces derniers avec l'utérus, des cancers ou masses tuberculeuses du péritoine par la forme et le siège de ces produits. Les tumeurs fibreuses sessiles se confondent surtout avec la grossesse, dont on les différencie par l'auscultation.

Inclus dans le ligament large, les myomes doivent être diagnostiqués des kystes parovariens, des tumeurs enkystées des trompes

Lorsqu'ils sont fixés dans le bassin, on les confond souvent avec l'hématocèle, les paramétrites, les collections tubaires et l'utérus en rétroversion.

MARCHE. — Les fibromes évoluent en général lentement, ils sont de temps à autre le siège de poussées congestives assez aiguës, au cours desquelles la tumeur semble avoir augmenté rapidement de volume. Ces phénomènes se produisent habituellement au moment des règles ou à la suite de fatigues exagérées (marche prolongée, longues courses en voiture, etc.). Il survient alors des hémorragies plus ou moins abondantes, ou des signes de péritonite (douleurs, vomissements, etc.), suivant que la tumeur est plus rapprochée du

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péritoine ou de la muqueuse : la crise passée, tout rentre dans l'ordre, pour un temps, et le corps fibreux semble avoir diminué.

Ces oscillations sont de nature à tromper sur le volume des tumeurs. Dans la majorité des cas, alors même qu'ils ont donné lieu à divers accidents (hémorragies, phénomènes nerveux, réflexes, etc.) pendant la vie génitale, les fibromes ont une tendance à s'atrophier après la ménopause, ou, tout au moins, ils restent silencieux et causent de moins en moins de gêne à partir de cette époque. Quelques-unes de ces tumeurs s'accroissent, au contraire, rapidement, au moment de la cessation des règles. La ménopause est donc réellement une période critique pour l'évolution des myomes, et souvent elle est retardée par la présence même de ces tumeurs, qui entretiennent une congestion insolite dans l'appareil génital.

Quelquefois les fibromes sont éliminés spontanément par l'utérus. Ils tombent dans la cavité utérine, et sont expulsés par un véritable accouchement accompagné de douleurs et d'hémorragies parfois considérables. Mais ils peuvent aussi se détacher de la face externe de l'utérus, et tomber dans la cavité péritonéale. Quand la tumeur est intacte, cette expulsion par le vagin constitue un mode de guérison, mais il n'en est pas de même lorsqu'elle est sphacelée, parce qu'elle devient le point de départ d'une infection.

Enfin on observe, dans quelques cas, la résorption partielle du myome, sa transformation fibreuse ou calcaire.

Les fibromes peuvent entraîner la mort par épuisement à la suite d'hémorragies répétées, par infection lorsqu'ils se mortifient, par urémie résultant delà compression des uretères, par péritonite aiguë à la suite de la rupture d'un kyste, par péritonite chronique due à des poussées congestives répétées, et par asystolie consécutive aux troubles de l'appareil circulatoire, ou par une embolie pulmonaire qui est la conséquence des thromboses veineuses, assez fréquentes en pareil cas.

Le pronostic de ces tumeurs, moins grave assurément que celui du cancer, est loin cependant d'être aussi bénin que le ferait croire leur structure histologique.

TRAITEMENT. — Le traitement médical des corps fibreux ne doit certes pas avoir la prétention de faire disparaître les tumeurs, mais il combat efficacement les hémorragies, les douleurs abdominales et les poussées congestives, qui jouent un rôle considérable dans leur évolution, en facilitant leur accroissement et en provoquant leurs principales complications.

A ce point de vue, le régime alimentaire sera l'objet d'une surveillance attentive, et s'il est utile de relever les forces des malades affaiblies par de fréquentes hémorragies, il faut leur interdire tout ce qui serait de nature à réveiller des congestions : l'usage du fer, l'abus des préparations alcooliques et des mets excitants doivent être

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