ICTÈRE GRAVE. — PRONOSTIC
accompagné de phénomènes nerveux, d'ictère, d'hémorragies.
Telle est l'infection purulente. Celle-ci, il est vrai, bien rare aujourd'hui, détermine des frissons violents et répétés, de grandes oscillations thermiques, que l'on ne retrouve pas dans l'ictère grave. Par contre, les hémorragies sont rares. Les métastases pulmonaires, articulaires, etc., feraient cesser le doute s'il subsistait.
L'endocardite ulcéreuse se distinguera, elle aussi, par les frissons la courbe thermique, l'absence ou la rareté des hémorragies, enfin par les signes cardiaques.
Certaines fièvres typhoïdes avec ictère, le typhus exathématique ne seront pas confondus avec l'ictère grave, grâce à leur évolution même. Toutefois on ne saurait oublier que l'ictère grave peut survenir au cours d'une fièvre typhoïde, comme dans le cas souvent cité de M. Sabourin (1).
Deux maladies des pays chauds présentent de grandes analogies symptomatiques avec l'ictère grave. Ce sont la fièvre bilieuse hématurique et la fièvre jaune. La première se reconnaîtrait cependant à la forme des accès fébriles, à l'état spécial des urines, à l'abondance des hématuries, enfin à la notion d'impaludisme antérieur.
Quanta la fièvre jaune, c'est un type particulier d'ictère grave à microbe spécial, n'existant que dans certains pays. La violence de son début, l'importance des hémorragies gastriques, la notion d'épidémicité le feraient peut-être distinguer de l'ictère grave ordinaire, non spécifique.
Certaines formes d'angiocholite suppurée, en particulier lorsqu'il y a de l'hypothermie, pourraient facilement être confondues avec l'ictère grave. Les phénomènes nerveux sont, il est vrai, moins violents et les hémorragies moins fréquentes. Mais l'évolution même des accidents est fort différente.
Enfin, l'empoisonnement par le phosphore représente le type de l'ictère grave toxique. Ici, le début est marqué par les signes d'une gastro-entérite violente, vomissements abondants, diarrhée, suivis d'une période de rémission de trois ou quatre jours ; les phénomènes graves apparaissent alors toujours accompagnés d'hypothermie.
L'odeur alliacée des vomissements, de l'haleine, les douleurs pharyngées, l'existence du stade de rémission, enfin, dans la grande majorité des cas, les commémoratifs feront reconnaître la véritable cause de cet ictère grave.
PRONOSTIC. — Il est peu de maladies aiguës qui laissent un aussi faible espoir de guérison que l'ictère grave. Toutefois l'existence indéniable de formes curables éclaircit un peu le pronostic. Celui-ci pourra se déduire dans quelques cas de la présence ou de l'absence
(1) Sabourin, Fièvre typhoïde. Irtère grave. Mort (Bévue de mer/., 1882, p. GOÛ), Traité de médecins. V — 8
des signes qui caractérisent ces formes curables, absence d'atrophie ou atrophie légère du foie, conservation des fonctions rénales, réaction thermique modérée, faible intensité des troubles nerveux. Les ictères graves secondaires comportent un pronostic plus sérieux encore que l'ictère grave essentiel, en raison même des lésions antérieures du foie. La terminaison est à peu près toujours fatale.
TRAITEMENT. — Le danger constant de l'ictère grave fait ressortir l'utilité d'une surveillance attentive de toutes les affections hépatiques. Le traitement de ces affections constitue donc le traitement préventif de l'ictère grave. Il suffit d'insister sur l'absolue nécessité d'un régime alimentaire laissant le plus possible au repos la cellule hépatique ; sur l'utilité de l'antisepsie intestinale et de l'antisepsie biliaire; les purgatifs, le benzonaphtol, le calomel, le salicylate de soude, les grands lavements froids, trouveront tour à tour leurs indications.
Quand on est en face d'un ictère grave déclaré, on doit veiller tout d'abord à diminuer dans la plus grande proportion possible, la formation des poisons organiques, et à assurer par tous les moyens la perméabilité rénale (régime lacté, diurétiques). On a cherché à favoriser la combustion complète des substances azotées par des inhalations d'oxygène, l'absorption de benzoate de soude ou de benzoate de lithine. Avant tout, l'ictère grave doit être considéré et traité comme une maladie infectieuse; la balnéation froide ou tiède, les injections sous-cutanées ou intraveineuses de sérum artificiel, les grands lavements froids, seront employés contre l'état typhoïde et les phénomènes nerveux.
On a utilisé en cas d'hémorragies graves, l'ergotine, le tanin, les boissons acidulées. Enfin, la quinine et le salicylate de soude rendent dans quelques cas des services.
ANGIOCHOLECYSTITES. — HISTORIQUE.