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CANCER DE L'AMPOULE DE YATER

attribuent à ce caractère de l'ictère une grande importance diagnostique. Il faut remarquer cependant que dans d'autres cas, l'ictère est persistant et sans variations. Les selles sont décolorées. Les urines contiennent en abondance des pigments biliaires.

Les malades présentent parfois une diarrhée rebelle et intense ; c'est là, pour M. Rendu, un bon élément de diagnostic.

La palpation ne permet que rarement de reconnaître J'existence d'une tumeur.

Le foie est plus ou moins volumineux, douloureux à la pression. D'une façon générale, la vésicule est fortement distendue (loideCourvoisier-Terrier : Voy. Lithiase biliaire). Il en est de même dans le cancer du cholédoque. Des exceptions à cette loi peuvent toutefois s'observer dans le cancer des voies biliaires. Tout d'abord il faut remarquer que la vésicule reste vide quand la tumeur s'est développée au-dessus de l'abouchement des canaux cystique et hépatique. D'autre part la lithiase souvent coexistante a pu amener la transformation scléro-atrophique et l'inextensibilité du réservoir biliaire.

L'évolution est lente ; le cancer de l'ampoule de Vater n'a qu'une faible tendance à la généralisation ; les ganglions restent intacts ; on n'observe pas la cachexie cancéreuse. A la longue cependant l'appétit disparaît, le malade s'affaiblit, maigrit, présente de l'œdème et parfois cet œdème unilatéral droit décrit par Hanot dans les maladies du foie ; la diarrhée augmente ; bientôt surviennent des vomissements, du mélsena, des hémorragies diverses, en un mot tous les signes de l'insuffisance hépatique et de la toxhémie biliaire (1).

La mort est quelquefois due à l'angiocholite suppurée, aux hémorragies intestinales abondantes, à la péritonite.

En dehors des cas où surviennent ces complications, l'affection a souvent une durée assez longue (Hanot, Rendu ; dix-huit mois environ dans un cas de Hanot).

Le diagnostic est souvent fort difficile. La variabilité de l'ictère, l'existence d'une diarrhée rebelle, l'absence de tumeur perceptible, l'évolution lente et l'absence de généralisation pourront faire distinguer le cancer de l'ampoule de Vater du cancer de la tête du pancréas. Mais c'est surtout avec la lithiase que la confusion sera facile, étant données surtout la fréquence de ce!le-ci et la rareté des tumeurs de l'ampoule. Hanot a bien montré le parti qu'on pouvait tirer dans ces circonstances de la loi de Gourvoisier-Terrier. Mais il faut rappeler encore la coexistence fréquente de la lithiase et du cancer. La laparotomie exploratrice serait seule capable de lever les doutes.

Nous n'insisterons pas sur le traitement; il y a lieu simplement de se demander avec Hanot « si un tel cancer, si limité, n'est pas justiciable d'une intervention chirurgicale ».

(1) L'ictère peut diminuer, à la période terminale, par acholie.

PAR

A. GILBERT

Professeur agrégé à la Faculté de Paris, Médecin de l'hôpital Broussais.

ET

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