MALADIES DU FOIE PROPREMENT DIT
PAR
A. GILBERT
Professeur agrégé à la Faculté de Paris, Médecin de l'hôpital Broussais.
H. SURMONT
Professeur à la Faculté de Lille.
LESIONS PARENCHYMATEUSES DU FOIE.
On peut, d'une façon schématique, se représenter le foie comme constitué par un amas de cellules auxquelles la veine porte amène les éléments de leur fonctionnement, et qui se débarrassent des produits de leur activité vitale et fonctionnelle en les abandonnant d'une part aux veines sus-hépatiques, d'autre part aux voies biliaires, l'artère hépatique ne servant que de moyen de nutrition à l'ensemble du système. La cellule hépatique est donc l'élément essentiel, primordial ; les canaux vasculaires et biliaires ne servent qu'à assurer son fonctionnement et lui sont physiologiquement subordonnés. Aussi, dans les affections du foie, les lésions des cellules, quand elles existent, sontelles beaucoup plus importantes que les lésions des vaisseaux et des voies biliaires, et, dans le tableau clinique, les troubles dus à leur altération, ont-ils une signification infiniment plus grave.
Les désordres liés au mauvais fonctionnement de la cellule hépatique se caractérisent d'un mot, l'insuffisance hépatique (Voy. p. 65). Primitive ou secondaire, aiguë ou chronique, légère ou intense, l'insuffisance hépatique peut être considérée comme le point terminal où aboutissent toutes les lésions du foie, de môme que l'insuffisance cardiaque ou l'insuffisance rénale sont la terminaison naturelle des maladies du cœur ou du rein.
ÉSIONS RÉGÉNÉRATRICES ET HYPERPLASIQUES.
Régénération du foie. — L'insuffisance hépatique se produit plus ou moins facilement dans les maladies du foie, selon qu'il s'agit de telle ou telle de ces affections. D'une façon générale, elle serait infiniment plus fréquente, si le foie n'était doué d'un pouvoir de régénération surprenant qui lui permet, dans beaucoup de cas, de compenser, au point de vue anatomique et au point de vue fonctionnel, des lésions destructives parfois considérables.