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DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE. — FORMES ANATOMIQUES

plus, s'il était nécessaire, les rapports intimes qui unissent les processus dits dégénératifs à ceux qu'on est convenu de considérer comme inflammatoires. Dans tous ces cas, au contraire de ce qui se passe dans l'infiltration graisseuse, les signes de l'insuffisance hépatique éclatent avec une intensité qui est en rapport avec la rapidité et l'étendue du processus.

Nous n'ajouterons rien à la description anatomique faite plus haut des lésions de la cellule hépatique dans les cas où sa métamorphose graisseuse (surcharge ou dégénérescence) n'est qu'un simple accident histologique, sans importance anatomique ou clinique. Un des faits les plus intéressants de cet ordre est celui signalé par Hanot et M. Lauth (1) de l'existence autour des tubercules du foie d'une couronne de cellules hépatiques infiltrées de graisse.

h' infiltration graisseuse localisée débute à la périphérie du lobule ; elle y prend une disposition qui peut être particulièrement bien étudiée dans les foies gras des tuberculeux. Dans son degré le plus inférieur, elle suit exactement sous forme de fines traînées réfringentes toutes les ramifications portes, encadrant ainsi complètement le lobule, mais particulièrement nette au niveau des espaces portes. A un degré plus marqué, la stéatose envahit la partie moyenne du lobule, mais la zone péri-sus-hépatique garde son apparence normale. Dans les cas de ce genre, l'aspect macroscopique du foie n'est pas toujours caractéristique; ordinairement l'organe est mou, surtout si la température extérieure est un peu élevée, son élasticité est diminuée, son volume souvent augmenté, il est pâle et parfois tache le papier, mais tous ces caractères assez peu nets ont besoin d'être vérifiés par l'examen histologique.

Beaucoup plus rare (une fois sur trente-trois foies gras tuberculeux étudiés par Hanot et Lauth), mais beaucoup plus caractéristique est l'aspect décrit par M. Sabourin sous le nom d'évolution nodulaire graisseuse. Dans ce cas, l'organe est généralement petit, flasque, sa surface est grenue, parsemée de points blancs ou jaune pâle légèrement saillants, séparés par de fins sillons gris rougeâtre. A l'examen microscopique, les points blancs apparaissent sous forme de nodules adipeux développés autour d'un centre qui n'est autre qu'un espace porto-biliaire, et les zones circulaires rougeâtres sont formées de tissu trabéculaire normal disposé autour du nodule en un cercle régulier dans lequel on retrouve de place en place la coupe des veines sus-hépatiques. Parfois les nodules sont plus gros et peuvent former de petites tumeurs lenticulaires uniformes à la surface de l'organe.

Lorsque la surcharge graisseuse des cellules hépatiques se généralise, l'aspect devient celui du gros foie gras vulgaire, celui que,

(1) Hanot et Lauth, loc. cit.

Traité de médecine. V. — 18

depuis Andral et Louis, on a particulièrement signalé dans la tuberculose, mais qu'on peut rencontrer' encore dans la plupart des cachexies. Le foie dans ces cas est pâle, d'une couleur fauve plus ou moins tendre, généralement augmenté de volume, parfois jusqu'à atteindre le double des dimensions normales, ayant cependant gardé sa forme générale, mais avec des bords le plus habituellement émoussés. Par suite de la diminution du poids spécifique de l'organe, on trouve, à la pesée, un chiffre moins élevé que ne le font prévoir les dimensions agrandies des divers diamètres. La consistance de l'organe est diminuée, son élasticité disparue, le couteau est graissé par lui, le papier taché largement. A l'examen microscopique de tels foies, le parenchyme est complètement envahi par l'infiltration graisseuse, toute trace de division lobulairea disparu, seules quelques veines sus-hépatiques gardent une mince collerette d'éléments trabéculaires normaux et peuvent, de place en place, servir de points de repère. Il est bon de se rappeler que, dans ces foies complètement dégénérés, coexistent cependant d'ordinaire d'autres lésions, qui parfois permettent de remonter à la source du mal. C'est ainsi, par exemple, que dans le gros foie gras tuberculeux, on trouve souvent autour des vaisseaux de l'espace porte des cellules embryonnaires répandues en grand nombre et présentant à certains endroits des agglomérats au centre desquels les cellules perdent leurs contours, ne prennent plus la couleur, formant en somme des tubercules embryonnaires ou même des tubercules plus caractéristiques encore avec cellules géantes.

La surcharge graisseuse localisée est complètement muette au point de vue clinique. La surcharge graisseuse généralisée peut, au contraire, sinon être affirmée, au moins être soupçonnée pendant la vie du malade. On devra songer à elle toutes les fois que chez un sujet cachectique, particulièrement chez un tuberculeux, on trouvera un foie gros, mou, indolore. En dehors de la constatation de l'existence de ces caractères physiques, le diagnostic s'appuiera sur l'absence d'un certain nombre de symptômes propres aux autres hépatomégalies. C'est ainsi que l'on constatera l'absence d'hypertrophie de la rate, l'absence d'ictère, l'absence d'ascite et de circulation complémentaire abdominale, enfin l'absence habituelle ou la bénignité des phénomènes de l'insuffisance hépatique. Celle-ci, en tout cas, devra surtout être dépistée par la recherche de son syndrome urinaire, car il y a peu de chances que les phénomènes généraux de l'urémie hépatique soient assez marqués pour attirer l'attention. Il ne faut pas se dissimuler, au reste, que la surcharge graisseuse du foie, malgré la conservation partielle de la fonction hépatique, a un pronostic sérieux, puisqu'elle survient chez des sujets déjà cachectisés par une maladie antérieure.

La dégénérescence graisseuse ou iphûùlgranalo-graisseuseest unedes

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