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CANCER DU FOIE. — ÉTIOLOGIE

polyédriques), et plus rarement grandes ou cylindriques (E. alvéolaire à cellules gigantesques ou à cellules cylindriques).

Vépilhèliome trabéculaire se compose d'un stroma très mince formé par la paroi des capillaires sclérosés et de travées épithéliales plus grosses que les travées hépatiques, constituées par des cellules ordinairement polyédriques, mais pouvant prendre par adaptation toutes les formes cellulaires. Ces cellules s'éloignent peu du type des cellules hépatiques normales, dont sans doute elles conservent au moins partiellement les attributs physiologiques. On conçoit qu'en raison du mode de groupement de ses éléments néoplasiques constituants et de leurs réactions histochimiques, l'épithélioma trabéculaire, et par suite l'adénocancer avec cirrhose, ait pu être décrit sous le nom d'adénome.

Dans la variété mixte, trabéculo-alvéolaire, les caractères des deux variétés précédentes se retrouvent plus ou moins mélangés et confondus.

Quant au cancer secondaire, suivant la loi générale des néoplasmes secondaires, il reproduit la structure de la tumeur mère. Ce sera donc tantôt, mais rarement, un épilhélioma pavimenteux, tantôt et plus souvent un épilhélioma glandulaire ou cylindrique.

La nécrobiose, les dégénérescences graisseuse et colloïde, et d'autres altérations régressives dues à des lésions vasculaires, peuvent frapper les cellules du cancer du foie au même titre que celles des autres cancers; parfois, mais plus rarement, les noyaux deviennent squirreux, plus rarement enfin angiomateux.

La genèse du cancer primitif a prêté à discussion; on l'a fait dériver du tissu conjonctif (Wagner et Weber), de l'épithélium des conduits biliaires (Naunyn, Waldeyer, Brissaud, Bouveret), des cellules hépatiques elles-mêmes (Lancereaux, Schûppel, Rindfleisch, Letulle, Laveran, etc). Sans nier que le cancer primitif puisse prendre naissance aux dépens de l'épithélium des conduits biliaires, Hanot et Gilbert ont montré que, dans la plupart des cas, c'était bien de la cellule hépatique transformée que naissait la cellule cancéreuse, ainsi qu'on peut s'en convaincre en étudiant les zones de transition entre le cancer et le tissu hépatique normal.

La formation du cancer secondaire — hormis le cas de propagation directe — est due au transport dans le foie des éléments du néoplasme primitif ayant pénétré dans les vaisseaux artériels, lymphatiques et surtout veineux; ces embolies occupent les vaisseaux radiés du lobule.

Le cancer primitif du foie est donc extracapillaire par son origine et son développement, tandis que le cancer secondaire est essentiellement intracapillaire.

ETIOLOGIE. — Le cancer du foie est fréquent. Dans un relevé (Leichtenstern) des admissions à l'hôpital général de Vienne, on le

trouve 1 fois sur 322 cas de maladies internes. Par rapport aux autres cancers, il est devancé seulement par les cancers de l'utérus, de l'estomac, et, pour quelques auteurs, de la mamelle. Dans ces statistiques, il s'agit du cancer du foie en général, mais si l'on veut faire la part du cancer secondaire et du cancer primitif, on s'aperçoit que ce dernier est infiniment moins commun, puisqu'on n'en rencontre guère qu'une observation contre huit de cancer secondaire (Hanot et Gilbert). Les germes du cancer secondaire peuvent être charriés au foie par les voies portale, lymphatique, artérielle, mais surtout par la première. Son point de départ le plus fréquent est l'estomac, puis viennent les autres organes d'où partent les radicules de la veine porte, intestin, pancréas, voies biliaires ; enfin les organes génito-urinaires, utérus, testicule, etc.

On ne connaît rien des origines du cancer primitif, en dehors de certaines causes d'ordre évidemment secondaire. On sait qu'il apparaît surtout après quarante ans, très rarement avant trente ans, et qu'il est plus fréquent chez l'homme que chez la femme à cause du privilège qu'a l'homme d'être frappé presque exclusivement de l'adénocancer avec cirrhose. L'hérédité, le traumatisme et aussi les affections qui attaquent la cellule hépatique dans som fonctionnement, surtout la lithiase biliaire, l'alcoolisme, l'infection palustre, ont été invoquées comme créant la prédisposition. On ne sait rien de bien certain sur l'hérédité du cancer du foie, non plus que sur ses rapports avec l'arthritisme.

SYMPTOMATOLOGIE. — Les cancers secondaires sont souvent latents (1), soit par suite du faible développement des nodosités el de leur présence en plein parenchyme loin du hile et des gros troncs vasculaires et biliaires, soit par suite de l'importance symptomatique prédominante de la localisation cancéreuse primitive.

Dans un certain nombre de cas, ils offrent au contraire un rapide développement, prennent le pas sur le cancer primitif, stomacal ou autre qui revêt ainsi une véritable forme hépatique. Us ajoutent alors au pronostic un élément de gravité considérable, ainsi que Monneret l'a parfaitement indiqué. Leur expression clinique est, du reste, une part étant faite aux symptômes qui peuvent découler de la localisation cancéreuse initiale, identique à celle du cancer nodulaire primitif.

Les trois types de cancer primitif établis au paragraphe de L'anatomie pathologique s'affirment également et avec autant de netteté en clinique, de sorte que nous aurons à étudier séparément

(1) Quelquefois, en même temps que le cancer secondaire du foie demeure latent, le cancer primitif demeure également latent, et c'est seulement la troisième étape, pleurale ou pulmonaire, qui se traduit par des signes cliniques appréciables. Il en était ainsi dans un cas de cancer primitif de l'estomac, secondaire du foie, tertiaire du poumon, qu'ont relaté Hanot et Gilbert. A côté du cancer gastrique à forme hépatique existe donc un cancer à forme thoracique.

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