SCLÉROSE DU PANCRÉAS
ÉTI0L0GIE ET PATHOGÉNIE. — Le pancréas est un des organes qui font le plus facilement et le plus rapidement de la sclérose. Expérimentalement, on reproduit cette lésion dans un grand nombre de circonstances. Cliniquement, il est souvent fort difficile d'en établir l'origine.
La pathogénie des scléroses pancréatiques peut être rapportée à des causes mécaniques, toxiques et infectieuses.
Les scléroses mécaniques peuvent être déterminées par une irritation de voisinage (néoplasme stomacal, abcès enkysté consécutif à un ulcère rond). Elles se développent, surtout, à la suite de l'obstruction du canal pancréatique. Expérimentalement, la ligature du cholédoque détermine de la sclérose rapide (Bouchardat et Sandras, Cl. Bernard, Afanassiew et Pawlow, Langendorff, Arnozan et Vaillard, Remy et Miss Strove). De même l'injection de suif (Cl. Bernard), d'huile, de paraffine, de bitume de Judée, etc.
Cliniquement, cette étiologie est observée dans nombre de cas cliniques : sclérose consécutive au cancer de la tête, avec obstruction canaliculaire ; sclérose consécutive à l'enclavement d'un calcul biliaire dans l'ampoule de Va ter; sclérose consécutive à un cancer du duodénum obstruant le canal pancréatique (Letulle) ; sclérose calculeuse, etc.
Cette sclérose se développe peut-être par rétention des ferments pancréatiques, comparable aux scléroses expérimentales que nous avons obtenues par injection de trypsine. Elle peut, également, avoir pour cause la provocation, par l'obstacle, aux infections ascendantes.
Enfin sclérose et obstruction (calculs) peuvent être contemporaines déterminées par une même infection ascendante.