CONGESTION ACTIVE
Dans tous les organes la distinction entre la congestion active et l'inflammation est difficile à faire, d'autant que celle-ci est souvent le premier degré de celle-là. Aussi, suivant l'idée que les auteurs se font des rapports réciproques de ces deux états anatomiques, la congestion esl-elle considérée par eux comme plus ou moins fréquente. En fait, on rencontre assez souvent des malades présentant les signes qui répondent à la description classique de la congestion active du foie.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Les examens anatomiques sont assez rares dans nos climats, et c'est presque uniquement dans les
(1) Sa valeur, en effet, oscille dans la veine sus-hépatique entre 5mm et 4mm ae mercure, entre + lmm et -+- 24mm dans la veine porte ; par contre elle atteint de-+- 80mm à -f- lOOmm dans l'artère hépatique ; il en résulte que le sang arrivé par l'artère hépatique et la veine porte s'en va tout naturellement par les veines sus-hépatiques, et aussi, qu'en cas d'élévation de pression dans l'intérieur de ces derniers vaisseaux, c'est du côté de la veine porte qu'apparaîtront les premiers troubles circulatoires.
pays chauds qu'on a l'occasion de les pratiquer. La congestion du foie se reconnaît aux caractères suivants : L'organe est augmenté de volume et de poids; sa couleur est d'un rouge foncé uniforme ; à la coupe il s'écoule une quantité considérable de sang; l'organe est friable. Sous la capsule se rencontrent assez souvent des foyers apoplectiques plus ou moins prononcés; la vésicule renferme une bile épaisse, visqueuse, très foncée. A l'examen microscopique les capillaires intralobulaires sont dilatés, bourrés de leucocytes et d'hématies. Les cellules hépatiques sont tuméfiées, le plus souvent remplies de granulations pigmentaires jaune d'or; lorsque la lésion est plus avancée on a signalé aussi de l'angiocholite et des dégénérescences cellulaires prononcées ; mais ces lésions, à notre avis, dépassent le stade de la congestion et atteignent celui de l'hépatite. Dans les cas de congestion paludéenne, fréquents dans les pays chauds au cours des accès pernicieux, on trouve dans les cellules endothéliales, dans les vaisseaux, et dans les leucocytes, de nombreuses granulations mélaniques que nous aurons à signaler à l'histoire du foie paludéen. Des granulations de pigment ocre peuvent se trouver dans les cellules trabéculaires de la périphérie des lobules.
SYMPTOMES. — Les symptômes de la congestion du foie sont assez variables selon les cas. Tantôt tout se borne à une simple tuméfaction à peine douloureuse qui a besoin d'être cherchée pour être dépistée, tantôt et plus souvent, l'affection se présente sous un aspect rappelant l'embarras gastrique fébrile, et affecte une marche subaiguë, tantôt enfin, et particulièrement dans les pays chauds, les accidents ont une intensité telle qu'ils peuvent faire craindre une affection plus redoutable, surtout l'hépatite aiguë suppurée.
La forme subaiguë est celle que l'on observe habituellement dans nos climats; sa durée est d'une huitaine de jours environ. Elle débute généralement par une période d'un ou deux jours pendant laquelle se manifeste un état gastrique d'intensité moyenne, généralement accompagné d'une tension douloureuse dans l'hypocondre droit ; plus rarement tout se borne à ce dernier phénomène. Examiné à ce moment le foie déborde de deux ou trois travers de doigt, rarement davantage, le rebord costal sur la ligne mamelonnaire. L'organe tuméfié est généralement sensible à la pression, sans être cependant très douloureux. En même temps existe souvent une douleur locale spontanée, parfois assez vive, et s'irradiant vers l'épaule droite. Une légère tuméfaction de la rate est de règle.
Dans les cas d'intensité moyenne, les phénomènes précédents se compliquent généralement au bout de deux ou trois jours de subictère ou d'ictère. Cet ictère est pléiochromique et les selles, surcolorées, sont assez souvent diarrhéiques. L'analyse des urines, qui dès le début dénotait la présence d'urobiline, accuse maintenant en