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KYSTES HYDATIQUES. — MARCHE. — DUREE

diaphragme se traduit quelquefois par du hoquet, et de la névralgie phrénique. Lorsque le processus inflammatoire manque, on peut voir des kystes énormes remplir en partie le thorax sans avoir perforé le diaphragme et fait irruption dans la plèvre. Quelques signes cependant permettent le diagnostic quand ils existent, c'est-à-dire surtout dans les cas moyens non compliqués : la matité a pour limite supérieure, non la ligne parabolique de la pleurésie séreuse non enkystée (ligne de Damoiseau), mais une ligne à convexité supérieure, véritable projection du dôme de la tumeur sur les plans antérieur, latéral et postérieur de la paroi thoracique; le foie n'est p?" abaissé comme il le serait par un épanchement pleurétique de valeu équivalente; enfin, d'après Guéneau de Mussy, les côtes, qui dans la pleurésie ont leur obliquité exagérée, seraient relevées plutôt dans le kyste, différence qui tient probablement à la situation du diaphragme, abaissé dans un cas, relevé dans l'autre. Ces signes sont d'une constatation et d'une interprétation difficiles ; heureusement, l'étude des phénomènes concomitants, de l'évolution et de la marche des accidents fournira souvent des renseignements importants, et en cas de nécessité une ponction faite avec une aiguille capillaire et aseptique donnera, le plus souvent sans danger, la certitude nécessaire à l'établissement du traitement.

Quand le kyste à évolution thoracique se développe à gauche, la gêne apportée au fonctionnement du cœur peut être encore plus considérable que dans les cas de kystes du côté droit, et l'interprétation des faits plus difficile. M. Galliard (1) a insisté sur la valeur diagnostique dans ces cas de l'intégrité de volume, de forme et de fonctions du lobe droit du foie.

MARCHE. — DURÉE. — MODES DE TERMINAISON. — L'évolution d'un kyste hydatique peut s'arrêter à un moment donné par suite de la mort spontanée ou provoquée des parasites. Le kyste subit alors des modifications régressives signalées plus haut, et s'il ne survient pas de complications, la maladie peut ainsi aboutir à la guérison spontanée. Mais cette heureuse évolution est l'exception ; arrivé à un certain volume, le kyste hydatique ou bien peut subir la dégénérescence gélalini forme et alors il semble devenir incapable de guérison spontanée et n'être plus justiciable que d'une large ablation, particulièrement difficile dans ces conditions, ainsi que l'ont montré Mitchell Bruce et Scheild (2), ou bien il peut, par sa situation spéciale, déterminer dans un organe voisin quelque complication mortelle, telle qu'une ulcération très étendue de l'estomac par compression de la coronaire stomachique comme dans un cas de

(1) L. Galmard, Soc. mèd. des hôp., 6 mars 189J.

(2) Mitchell Bruce et Scheild, Dégénérescence gélalinii'orme des kystes liydatiques du foie {Royal med. and sure/. Soc, anal, in Bull, méd., 1S92, p. l"i).

M. Netter (1), ou bien plus souvent il aboutit à l'une des deux terminaisons suivantes que leur fréquence peut faire considérer comme régulières, la rupture ou la suppuration.

Arrivée par son développement progressif au contact des cavités séreuses ou des canaux divers qui avoisinent le foie, la poche peut s'y rompre, soit qu'elle ait amené l'atrophie progressive des tissus, soit qu'une inflammation périkystique ait réduit leur résistance, soit grâce à ces deux processus à la fois. A ce moment un léger excès de pression à l'intérieur du kyste peut en amener la rupture, soit spontanément, soit sous l'influence provocatrice d'un traumatisme, d'un accès de toux, d'un effort; les conséquences de cet accident varient selon la nature du liquide épanché et selon la cavité où il tombe. Si le liquide a gardé sa composition originelle, tout se borne à des phénomènes plus ou moins intenses d'intoxication hydatique ; il s'y joint des phénomènes d'infection si le liquide est suppuré ; quant aux troubles mécaniques, ils sont évidemment variables selon les cas.

Les phénomènes à' intoxication hydatique sont à leur maximum quand l'épanchement se fait dans la cavité péritonéale qui permet une résorption rapide. On peut reproduire les plus caractéristiques d'entre eux par l'injection sous-cutanée de liquide hydatique filtré (Debove) ; ils peuvent s'observer à la suite de la manipulation de pièces provenant de sujets atteints d'échinococcose (Achard). Le plus anodin de ces accidents est l'urticaire. Déjà connue de Monneret (2), mise en lumière par Finsen, réétudiée surtout dans ces derniers temps, l'éruption apparaît généralement dans les heures qui suivent la rupture ou au plus tard le lendemain. Elle s'accompagne assez souvent d'élévation de la température et de phénomènes de péritonisme. D'ordinaire, après une alerte plus ou moins vive, les accidents s'amendent et tout rentre dans l'ordre. Parfois les phénomènes d'intoxication sont tels que le malade est emporté en vingt-quatre heures par une péritonite, accident qui semble bien pouvoir suivre l'épanchement d'un liquide hydatique amicrobien. Ces phénomènes si graves, mis en regard de l'innocuité, souvent constatée par les chirurgiens, de l'épanchement hydatique dans le péritoine, montrent qu'il y «. lieu de faire intervenir, en dehors de la toxicité du liquide, les réactions spéciales du sujet. On peut aussi émettre l'hypothèse qu'il existe chez certains individus une sorte de vaccination temporaire vis-à-vis des poisons hydatiques. On peut au moins interpréter ainsi certains faits comme le suivant: un malade de M. Jaccoud (3) subit en février une ponction suivie d'urticaire ; une seconde ponction en juillet reste non

(1) Netter, Ulcère simple de l'estomac et kyste calcifié du foie.. {Soc. med . des hôp., 6 juillet 1894, p. 504).

(2) Rendu, p. 238.

(3) Jaccoud, Clin. méd. de la Pitié, 1884-85, p. 126.

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