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PARALYSIE ASCENDANTE AIGUË. — DIAGNOSTIC

ce microbe n'est pas toujours le même; la paralysie ascendante poliomyélitique n'est pas due à un microbe spécifique, et peut être produite par des microbes variés.

Reste à expliquer la marche progressivement et régulièrement envahissante de la maladie. Plusieurs hypothèses ont été avancées; aucune n'est absolument satisfaisante. La propagation de cellule à cellule, très admissible pour la moelle, ne saurait s'appliquer au bulbe où les divers noyaux moteurs sont nettement séparés et individualisés. La propagation de l'infection par les vaisseaux de la moelle est difficilement conciliable avec la systématisation parfaite de la lésion aux cornes antérieurs (Courmont et Bonne, Immermann). Courmont et Bonne admettraient volontiers une propagation de l'infection par le liquide céphalo-rachidien; mais il resterait à expliquer la localisation exclusive à la colonne motrice dans plusieurs cas. En somme il n'existe pas actuellement d'explication suffisante de la marche progressivement envahissante de la maladie.

DIAGNOSTIC. — L'intensité des phénomènes sensitifs subjectifs et objectifs, l'intégrité des sphincters, la douleur à la pression des troncs nerveux, l'évolution plus lente sont en faveur de l'origine/)o/f/névritique de la maladie. Mais, pris en lui-même, aucun de ces caractères n'a de valeur absolue : si on se base uniquement sur les observations suivies d'un examen anatomo-pathologique complet, on voit que même dans les formes poliomyélitiques, les troubles sensitifs subjectifs et objectifs peuvent exister, les sphincters peuvent être respectés, la pression des troncs nerveux peut être douloureuse. C'est donc sur l'ensemble symptomatique et non sur tel ou tel symptôme qu'il faut baser le diagnostic : le début par des troubles subjectifs de la sensibilité, l'envahissement simultané de nerfs crâniens et de nerfs des membres inférieurs, la rétrocession progressive de la paralysie et la restilulio ad integrum appartiennent plutôt à la polynévrite ; car la poliomyélite, lésion irrémédiable des cellules médullaires, laisse toujours à sa suite, sous forme d'atrophies et de paralysies, des traces indélébiles de son existence.

Le diagnostic doit être encore fait avec lesparalysies intermittentes et les paralysies périodiques. Les premières se rencontrent chez d'anciens paludéens, sont accompagnées de troubles de la sensibilité et des sphincters, ne durent que quelques heures et disparaissent avec une sorte de crise sudorale. Elles peuvent affecter le type quotidien ou sérié et sont avantageusement modifiées par la quinine.

Quant aux paralysies périodiques (Westphal, Cousot, Hartwig, Goldflam, etc.), elles sont caractérisées par la brusque apparition, chez un sujet jusque-là bien portant, d'une paralysie flasque des quatre membres et du tronc, avec intégrité de la sensibilité et des

sphincters. Le début de l'accès se fait ordinairement la nuit et se termine en général vers midi par le retour complet de la motilité. Ces accès de paralysie peuvent être quotidiens, hebdomadaires ou survenir à une époque plus éloignée. Le diagnostic avec la paralysie ascendante est facile à établir, étant donnée la marche progressive que présente cette dernière affection

TRAITEMENT (voy. Myélites aiguës).

L'abcès de la moelle constitue une affection très rare. Cette opinion est déjà exprimée par Calmeil, qui doutait que la moelle pût entrer en suppuration. Les observations peuvent se compter ; les plus connues sont celles d'Ollivier, Jaccoud, Demme, Nothnagel, Ullmann, Eisenlohr, Homèn , Feinberg , Schlesinger, Pribylkoff et Malolietkoff, Mac Ewen, Skala, Arullani, Dogliotti, Cavazzani.

Tous ces faits, sauf ceux de Schlesinger et de Pribytkoff et Malolietkoff, ont été observés chez des hommes, le plus souvent à l'âge adulte, parfois après soixante ans.

L'abcès de la moelle se développe consécutivement à une affection locale(panaris, abcès du poumon, bronchectasie avec gangrène pulmonaire, etc.), ou après un traumatisme. Il est le plus souvent consécutif à une méningite purulente, mais peut se développer sans l'intermédiaire de celle-ci. Il affecte de préférence les renflements lombaire et cervical, gagne en hauteur une étendue parfois énorme (du cône médullaire au deuxième segment cervical [Pribytkoff]).

L'aspect de la moelle varie suivant les cas : tantôt il s'agit d'un renflement localisé ; tantôt la moelle présente une série de renflements séparés par des étranglements.

Développée dans l'épaisseur de la moelle, la collection purulente détruit de proche en proche tous les éléments médullaires. Le germe pathogène varie suivant les cas. Le plus souvent on trouve le staphylocoque (Homèn, Schlesinger, Dogliotti), plus rarement le streptocoque. Pribytkoff et Malolietkoff ont décelé la présence de l'actinomyces.

L'abcès de la moelle débute d'ordinaire brusquement; avec une élévation de température qui peut atteindre 40° et plus, apparaît une paraplégie spasmodique avec perte de la sensibilité objective, douleurs violentes dans les membres paralysés, paralysie des sphincters vésical et anal, douleurs lombaires et rigidité du rachis. Suivant d'ailleurs le siège de l'abcès, les symptômes moteurs et sensitifs sont plus ou moins étendus. Aux symptômes de la localisation médullaire, se joignent le plus souvent les signes de la méningite purulente concomitante.

L'évolution est rapide, et aboutit en quelques jours à la mort. Le diagnostic de l'abcès est presque impossible à faire : le plus souvent les accidents nerveux sont rattachés à tort à la méningite.

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