CONGESTION DES MÉNINGES SPINALES
La congestion des méninges est certainement un accident fréquent qui peut survenir isolément, mais qui complique surtout la plupart des autres états pathologiques des centres nerveux. Il est difficile toutefois d'apprécier son rôle exact, car elle est souvent fugace, et, d'autre part, les congestions observées aux autopsies sont dues aux troubles circulatoires agoniques et à la réplétion des vaisseaux des méninges favorisée par la position des cadavres. Toutefois la constatation d'une distension considérable des vaisseaux, de fines arborisations capillaires, invisibles habituellement, de petites hémorragies disséminées çà et là permettent de penser à l'existence d'une fluxion congestive pendant la vie. Autrefois le domaine des troubles congestifs des méninges était singulièrement étendu. J.-P. Frank et surtout Ollivieront retracé un tableau clinique de la congestion des méninges, d'où l'on a distrait, à juste titre, bien des symptômes qui reviennent plutôt à la méningite, particulièrement dans ses formes frustes, que les études cytologiques récentes du liquide céphalorachidien ont mises en évidence, à la paralysie ascendante de Landry, etc.
Avec Vulpian, on peut admettre que là congestion des méninges est active ou passive.
La congestion passive s'observe dans les maladies qui provoquent la stase veineuse généralisée, dans les maladies du cœur à la phase asystolique, dans les affections pulmonaires accompagnées d'asphyxie, dans certaines intoxications qui paralysent le cœur.
Les congestions actives sont le résultat d'une action irritative, portant sur la moelle ou les méninges, provoquant une vasodilatation réflexe. Elles se voient au début des méningites cérébrales ou spinales qui, dans certains cas, peuvent tuer avant l'apparition des exsudats purulents au milieu de crises convulsives, de sorte que la seule lésion constatée à l'œil nu est une hyperémie intense des méninges avec de petits foyers hémorragiques. De même la congestion des méninges accompagne les convulsions tétaniques, éclamptiques, les états de mal épileptique, choréique, certains empoisonnements 'digitale, strychnine, cyanure de potassium, oxyde de carbone). Enfin, unie à un certain degré d'inflammation méningée, la congestion doit exister dans la période initiale des maladies
infectieuses dont la rachialgie est un des caractères les plus saillants (variole, scarlatine, grippe, amygdalite, etc.).
La rachialgie est d'ailleurs le symptôme le plus caractéristique de la congestion méningée. Elle présente des degrés d'acuité variable suivant les cas, et peut engendrer une certaine régidité de la colonne vertébrale. Elle siège surtout au niveau de la région lombaire. Peut-on attribuer à l'hyperémie méningée les douleurs dans les membres, la parésie ou la faiblesse des membres inférieurs, les fourmillements dans les pieds, etc., constatés au stade initial de certaines maladies infectieuses, à la suite de la suppression du flux menstruel ou hémorroïdaire? Ces caractères de la congestion méningée, admis par quelques auteurs, nous semblent très discutables.