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MARCHE

symptômes épisodiques ; mais dans certains cas les troubles sensoriels sont très actifs.

Paralysie générale à forme de confusion hallucinatoire. — La démence paralytique peut se compliquer, assez rarement d'ailleurs, d'accès délirants essentiellement caractérisés par un état de confusion extrême entretenu par des hallucinations de tous les sens. L'un de nous a publié un cas de ce genre. Il importe de connaître la possibilité de ces associations pathologiques, afin d'éviter des erreurs possibles.

Délires systématisés. — Des idées plus ou moins systématisées de persécution peuvent aussi être observées. Parfois elles reposent sur des interprétations délirantes ; dans certains cas elles sont provoquées par des troubles sensoriels, surtout des hallucinations de l'ouïe. On a môme vu des délires systématisés de persécution au début de la maladie, ou dans le cours des périodes de rémission (Magnan).

MARCHE. — Nous n'insisterons pas sur la marche delà paralysie générale. On peut, comme nous l'avons fait dans lasymptomatologie, décrire trois périodes : les périodes de début, d'état et de terminaison, auxquelles il serait bon d'ajouter une phase prodromique. Dans celte description, nous avons en vue surtout la démence paralytique simple, dont la marche est en général plus ou moins rapidement progressive, bien que cependant on observe des phases de rémission ou d'exacerbation, parfois très caractérisées. Nous n'attacherons qu'une importance très secondaire aux manifestations délirantes qui apparaissent et disparaissent de la façon la plus irrégulière à l'une quelconque des périodes de la maladie.

La phase prodromique est le plus souvent méconnue. Ce ne sont en effet que des troubles nerveux, plus ou moins vagues, que l'on attribue à la neurasthénie. Parfois il s'agit de symptômes cérébraux (migraine ophtalmique), médullaires (douleurs fulgurantes) ou relevant de lésions des nerfs crâniens ou rachidiens (paralysies oculaires, zona, etc.)

Dans certains cas, lorsqu'il s'agit de dégénérés, c'est un accès délirant qui constitue le premier symptôme, avant que l'intelligence soit touchée d'une façon appréciable : le diagnostic dans les cas de ce genre est des plus difficiles. Souvent il n'existe que des modifications de l'humeur, du caractère, auxquelles il est rare qu'on attache de l'importance. Cette phase prodromique est souvent assez longue : elle peut durer un an et môme deux ans.

La période de début est caractérisée par l'association des deux symptômes cardinaux de la maladie : affaiblissement psychique et troubles moteurs. Dans certains cas, ce sont les troubles de la motililé qui prédominent; dans d'autres, les troubles intellectuels. Les malades peuvent encore vivre au milieu de leur famille, accomplir leurs occupations professionnelles si celles-ci n'exigent guère d'acti-

vite intellectuelle et d'initiative; mais il n'est pas rare d'observer, dès cette période, des actes délictueux (périodemédico-légale), des complications dues aux excès de boissons, des accès délirants de diverse nature, enfin des ictus cérébraux qui précipitent la marche de la maladie.

A la période d'état, les signes caractéristiques de la démence paralytique sont au complet. L'affaiblissement profond de l'intelligence nécessite une surveillance spéciale. Le malade perd de plus en plus la notion de sa situation; il est désorienté, inconscient, n'a conservé aucun souvenir du passé, ne manifeste aucune curiosité pour l'avenir. Son habitus extérieur, mélange d'hébétude et de satisfaction, sa démarche mal assurée, le font souvent reconnaître à première vue au milieu des autres malades. C'est la période par excellence des manifestations délirantes, des ictus cérébraux.

On peut fixer le début de la troisième période à l'apparition du gâtisme et de la difficulté de la marche : le malade a de la peine à se mouvoir, il traîne les jambes, s'appuie aux meubles; par intervalles se produit de l'incontinence des urines et des matières. Puis la marche devient impossible : le patient est condamné alors à l'immobilité sur un fauteuil ; plus tard, il ne peut même plus garder la station assise : on est obligé de l'aliter et de l'alimenter. La parole devient inintelligible ; les mouvements sont de plus en plus difficiles. C'est la période du gâtisme permanent, de la dégradation intellectuelle poussée à son degré extrême, des escarres, du marasme paralytique, période qui se termine par la mort.

Ajoutons que le passage d'une période à l'autre se fait parfois d'une façon brusque, consécutivement à un ictus cérébral.

Terminaisons. — La guérison de la paralysie générale est tout à fait exceptionnelle; dans l'immense majorité des cas, la maladie se termine par la mort. La terminaison la plus fréquente est causée par un état de cachexie profonde : la nutrition subit une atteinte des plus graves ; tous les tissus, tous les viscères sont lésés; toutes les fonctions sont compromises. Cette déchéance de l'organisme en son entier ne tarde pas à devenir incompatible avec l'existence; il se produit de l'amaigrissement, de l'œdème des jambes, du muguet ; le pouls s'affaiblit, la température s'abaisse, et le paralytique s'éteint insensiblement dans le marasme. Viennent ensuite par ordre de fréquence pour les causes de mort, les attaques apoplectiformes, puis les attaques épileptiformes : ces ictus cérébraux, plus fréquents à la troisième période, peuvent se manifester à toutes les phases de la maladie et amener une terminaison fatale même à la période de début. Citons encore lapneumonie, l'entérite chronique, la suppuration des escarres. Quelques malades périssent brusquement, asphyxiés par la pénétration des aliments dans les voies respiratoires ; chez d'autres survient delà cystite purulente ; on a cité aussi des cas de mort subite.

Les maladies infectieuses (érysipèle, lymphangite, phlegmon, etc.)

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