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MÉNINGITES AIGUËS. — MARCHE. — PRONOSTIC

clinique, comme nous avons essayé de le faire au point de vue anatomique. Le caractère essentiel de ces affections, c'est la coexistence de troubles de sensibilité et particulièrement de sensibilité subjective d'une part, et de troubles moteurs des membres, troubles trophiques, trouble des sphincters, d'autre part. En effet, dans les myélites aiguës, les douleurs rachidiennes, comme les douleurs pseudonévralgiques, n'atteignent pas le degré d'acuité observé dans les formes complètes de méningo-myélite, et, dans les méningites spinales pures, les paralysies des membres, des réservoirs et les allérations trophiques ne font pas partie du tableau clinique. Le rapprochement de ces deux ordres de symptômes, qui sont plus ou moins marqués suivant les cas, permettra de faire le diagnostic des trois variétés de maladies.

Les phénomènes généraux, l'intensité des troubles fonctionnels ne permettront pas de confondre ces méningites et méningo-myélites avec les névralgies simples, les douleurs musculaires, le lumbago. Certaines polyarthrites de la colonne vertébrale peuvent être difficiles à différencier de la méningite à évolution subaiguë. Vulpian a cité un cas intéressant où le diagnostic resta longtemps en suspens.

Actuellement, l'étude du liquide céphalo-rachidien obtenu par ponction lombaire permet de trancher la difficulté. On pourra par ce procédé différencier la méningo-myélite tuberculeuse de la méningo-myélite infectieuse et des polynévrites. Peut-être sera-t-il possible également de reconnaître par ce moyen la pachyméningile externe symptomatique du mal de Potl, par exemple, des leptoméningiles tuberculeuses à évolution lente.

MARCHE. —PRONOSTIC — La marche des méningites spinales est <lifférente suivant leur nature, leur origine, leur siège, leur étendue.

La méningite et la méningo-myélite tuberculeuses peuvent avoir une évolution aiguë (Crocq), mais en général leur marche est lente, progressive. La plupart des méningo-myélites subaiguës sont tuberculeuses ou syphilitiques. Les méningites infectieuses, primitives ou secondaires, ont généralement une marche rapide, extensive. Les phénomènes généraux prennent rapidement un caractère de gravité exceptionnelle : les troubles respiratoires, cardiaques, le ralentissement du pouls indiquent l'extension de la méningite au bulbe. La mort en est la terminaison ordinaire. Le pronostic est particulièrement grave quand ces méningites surviennent sur des organismes déjà affaiblis par des maladies infectieuses antérieures, par des maladies nerveuses, par des maladies cachectisantes exigeant le séjour au lit. La méningite n'est alors qu'une complication terminale.

Toutefois l'élude plus complète des méningites, grâce à la ponction lombaire, a montré dans ces derniers temps que les inflammations méningées bénignes et curables (formes ambulatoires) étaient

plus fréquentes qu'on ne le supposait, et qu'ainsi le pronostic de la méningite rachidienne et même cérébro-spinale, considéré comme presque fatal, devait être atténué dans sa portée.

Les péripachyméningites consécutives aux lésions de la colonne vertébrale, bien que pouvant laisser à leur suite des troubles sensilifs assez persistants, sont généralement peu dangereuses.

La durée des méningites suraiguës est de deux à trois jours. Dans les formes aiguës et subaiguës, la maladie évolue en un temps variable, de deux semaines à trois ou quatre mois.

TRAITEMENT. — Le traitement de ces méningites sera le même que celui des méningites cérébro-spinales : ponction lombaire, bains tièdes, hypnotiques et analgésiques appropriés aux diverses manifestations symptomatiques.

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