ABCES DU CERVELET. — TRAITEMENT
qu'un moyen palliatif, présentent une trop grantle gravité pour qu'on soit autorisé à y recourir d'une façon systématique. Dans cet ordre d'idées, la résection crânienne constitueraitpour Chipault une méthode palliative plus efficace et moins dangereuse, qu'on emploie le procédé de résection cranio-durale ou la résection crânienne simple, qui expose moins le malade aux infections consécutives et diminue suffisamment la compression en permettant l'expansion au dehors du liquide sous la dure-mère distendue. Horsley, Kammerer, Clarke et Morton, Chipault ont vu à la suite de cette opération disparaître les crises épileptiques, la céphalée, les vomissements, etc. Mais l'évolution des tumeurs n'en continue pas moins : aussi a-t-on été tenté parfois d'en pratiquer l'extirpation. Mais, s'il est possible d'avoir la bonne fortune de rencontrer une tumeur encapsulée, dont 1 enucléation sera possible, dans la grande majorité des cas on se trouve en présence de néoplasmes diffus, dont les limites sont indistinctes ou qui poussent des prolongements si loin que l'on ne peut songer à les extirper sans causer des dégâts traumatiques terribles et des accidents d'un danger immédiat. Or le bénéfice retiré de ces interventions est-il en rapport avec les risques qu'elles font courir? Certes, si l'exérèse est complète, comme les tumeurs enkystées permettent de l'espérer, les résultats peuvent être des plus satisfaisants, mais ce cas est exceptionnel, et le plus souvent les opérations sont incomplètes et ne modifient pas le cours de la maladie; tout au plus ont-elles une influence heureuse par la décompression qu'elles provoquent ; dans ces conditions, un aussi minime résultat ne justifie pas une intervention aussi grosse de dangers. Les cas sont nombreux en effet où les malades n'ont pas survécu au choc opératoire et ont succombé à des accidents infectieux ou bulbaires (congestion ou compression du bulbe par la masse cérébelleuse subitement abaissée après l'évacuation du liquide qui la soutenait). D'après une statistique d'Allen Starr (1), sur 34 opérations entreprises pour des tumeurs du cervelet, 19 seulement ont permis d'enlever la tumeur, et 10 malades seulement ont guéri de l'opération, et sur 5 extirpations de néoplasmes, 2 fois la guérison fut obtenue. La statistique de Auvray portant sur 23 cas ne constate aucune guérison; 19 fois la trépanation est restée exploratrice, et a amené dans bon nombre de cas une atténuation des symptômes de compression. L'ablation de la tumeur pratiquée 4 fois a été constamment suivie de mort (2). Il est difficile de tirer, à l'heure actuelle, une conclusion formelle sur la valeur des divers procédés de traitement chirurgical des tumeurs du cervelet; toutefois, 11 ressort des diverses observations qui ont été publiées que le traitement palliatif (décompression par
(1) Allen Starr, Congrus de l'Assoc. méd. de Grande-Bretagne, rapporté dans Gaz. hebd. de méd. et de chir., 13 janvier 1X98.
(2'i Auvray, Les tumeurs cérébrales. Th. de Paris, 1896.
ponction lombaire ou trépanation crânienne avec ou sans ouverture des méninges) est celui qui paraît donner les résultats les plus constants et exposer le moins les malades à des accidents immédiats (1).