‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 5)Chapitre 62 sur 153 · RAMOLLISSEMENT DU BULBE. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

RAMOLLISSEMENT DU BULBE. — DIAGNOSTIC

limité à un noyau comme dans le cas de Labadie-Lagrave et Boix où la lésion (embolie) avait détruit les noyaux du facial.

Quand l'oblitération du vaisseau a été rapide (embolie), le territoire privé de sang peut n'être pas ramolli si la mort a été foudroyante.

Duret, s'appuyant sur ses recherches anatomiques (1), a pensé qu'il y avait un tableau clinique spécial en rapport avec l'oblitération de chaque territoire artériel. De même, Gowers croit que la thrombose de la partie inférieure de la basilaire entraîne l'ischémie du centre respiratoire et la mort rapide.

SYMPTOMATOLOGIE. — Le ramollissement limité au bulbe n'a pas le début brusque et la marche foudroyante des hémorragies. Les accidents ne s'annoncent pas en général par un ictus apoplectique avec perte de connaissance. On observe plutôt un certain degré de faiblesse, un état lipolhymique plus ou moins persistant, de la pâleur, des nausées, des vertiges, la stupeur, la somnolence, et même parfois un état rappelant l'accès de petit mal comitial. Puis l'on voit survenir peu à peu les accidents du syndrome bulbaire, diversement associés suivant la localisation et l'étendue des lésions (diplégie faciale, par exemple, dans le cas de Labadie-Lagrave et Boix). Les phénomènes peuvent rester ainsi stationnaires tels qu'ils se sont montrés dès le début, mais souvent on assiste à la progression lente des lésions annoncée par l'apparition de nouveaux symptômes, précédés ou non de petits ictus. D'autres fois, au contraire, les paralysies subissent une certaine régression. Enfin on peut voir survenir tardivement des phénomènes en rapport avec la dégénérescence des faisceaux pyramidaux (Lichtheim).

Dans certains cas, les premiers accidents sont suivis d'autres plus graves, troubles respiratoires, cardiaques, phénomènes généraux divers (hyperthermie, convulsions, etc.) et le malade succombe au bout de quelques jours, soit dans le coma, soit brusquement.

Dans la thrombose rapide et complète de l'artère basilaire, au niveau de l'union avec les vertébrales, les quatre membres peuvent être paralysés ainsi que les deux moitiés de la face, la dyspnée est intense et le malade meurt rapidement asphyxié (cas de Hayem, de Hughlings Jackson, de Tirard, de Joffroy et Létienne) (Voy. Thrombose de Vartère basilaire).

DIAGNOSTIC. — Le ramollissement se distingue de l'hémorragie par l'évolution moins rapide des accidents. La cause du ramollisse-

(1) On sait en effet que. d'après cet auteur, l'artère spinale antérieure fournit des rameaux aux noyaux du spinal, du facial inférieur et de l'hypoglosse; les artères émanées des vertébrales au-dessous de la protubérance se rendent aux noyaux du pneumogastrique et du glosso-pharyngien. Les pyramides reçoivent leurs vaisseaux des mêmes artères spinales antérieures et vertébrales.

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ment sera surtout recherchée avec soin, car elle peut fournir des indications thérapeutiques : le ramollissement par artérite syphilitique sera soupçonné d'après les antécédents du malade, par la fréquence des phénomènes prodromiques : céphalée, vertiges. L'existence d'une maladie de cœur, d'un anévrysme, fera penser à une embolie. L'évolution lente, progressive, des symptômes bulbaires chez un sujet âgé indique en général un ramollissement par thrombose alhéromateuse.

TRAITEMENT. — La thérapeutique ne donne quelque succès que dans le cas de lésion syphilitique. Toutefois, chez les athéromateux, la médication iodurée et une hygiène appropriée peuvent empêcher la production de nouveaux foyers de ramollissement.

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