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TUMEURS DU BULBE. — SYMPÏOMATOLOGIE

grise et se prolongeant dans la moelle. Dogliotti (1) en a rapporté dernièrement un autre cas ; il s'agissait d'un foyer suppuré du volume d'une amande, consécutif à un panaris : dans le pus, on constata la présence de staphylocoques.

Les anévrysmes développés aux dépens des artères intrabulbaires sont rares, les tumeurs vasculaires de cette région sont plutôt extrabulbaires et proviennent des plexus choroïdes ou des gros troncs artériels et déterminent plutôt la compression des parties nerveuses que leur destruction.

Ce qui distingue, en effet, surtout les tumeurs intrabulbaires des diverses causes de compression extérieure, c'est que, par suite de leur nature et de leur évolution môme, elles modifient profondément ou détruisent plus ou moins complètement les éléments avec lesquels elles se trouvent en rapport. Le processus néoplasique irrite d'abord les cellules des noyaux gris, puis les absorbe et les anéantit ; les fibres nerveuses sont de môme interrompues dans leur continuité : il en résulte des dégénérations dans la moelle ou les pédoncules, des atrophies des fibres radiculaires des nerfs crâniens. Enfin des phénomènes de réaction inflammatoire (proliférations embryonnaires, sclérose, épaississement des méninges), des troubles circulatoires (con gestion, hémorragies, ramollissement) sont souvent notés comme conséquences du processus néoplasique.

SYMPTOMATOLOGIE. — Les tumeurs du bulbe sont caractérisées surtout par la réunion de symptômes en rapport avec la localisation bulbaire (symptômes des lésions en foyers) et de symptômes généraux qui trahissent l'hypertension intracranienne, et que nous avons déjà maintes fois indiqués.

Ces symptômes bulbaires résultent de la destruction directe des éléments nobles par la tumeur ou des désordres créés par les compressions, les troubles circulatoires, etc. Au début, ce sont parfois seulement des phénomènes d'irritation qui attirent l'attention : rigidité' de la nuque, céphalée occipitale, névralgies, mouvements involontaires dans les muscles de la face, gêne de la déglutition, et surtout apparition d'un diabète sucré ou insipide comme dans les observations de Switalski, Marinesco, Fr. Franck, relatives à des glio-sarcomesdu plancher du quatrième ventricule. Puis les paralysies les plus diverses qui font partie du syndrome bulbaire font leur apparition : paralysie labio-glosso-laryngée, paralysie du voile du palais, troubles de l'ouïe, de la vue, strabisme interne par lésion du noyau de la sixième paire, paralysie faciale, modifications circulatoires, respiratoires, enfin paralysies diverses des membres (monoplégie hémiplégie), avec ou sans troubles de la sensibilité.

(1) A. Doguotti, Gazetla medica di Torino, 1X99, n° 43.

Mais, bien souvent, les phénomènes cérébraux caractéristiques de la compression inlracranienne, qui s'est développée par le même mécanisme que dans les tumeurs du cervelet ou de la protubérance, rendent l'interprétation des symptômes plus difficile : la stase papillaire, la névrite optique et les modifications de l'acuité visuelle qui en résultent sont parmi les signes les plus importants de l'hypertension ; les vertiges, les troubles de la marche, la somnolence, la céphalée, l'apathie traduisent également la gêne de la circulation encéphalique.

Ces manifestations d'ordre divers sont groupées suivant des modalités très différentes : souvent, après une période assez longue de troubles généraux encéphaliques mal caractérisés : céphalée, apathie, névralgies, parésies de divers nerfs, survient une série de troubles bulbaires rapidement mortels, comme dans la paralysie bulbaire aiguë, provoqués par des foyers de ramollissement aigu, ou causés par la compression secondaire des racines du pneumogastrique des noyaux de la dixième ou de la onzième paire. Des alternatives de rémission et de recrudescence ne sont pas rares dans les tumeurs très vascularisées, dans les anévrysmes, jusqu'à ce que des accidents foudroyants fassent leur apparition. Dans certains cas (tubercules), les manifestations peuvent être réduites à un ensemble de symptômes qui restent invariables pendant un long temps (paralysie faciale, paralysie de la sixième paire, hémiparésie, etc.). Ch. Lévi a rapporté deux observations de tubercules du bulbe chez des enfants qui n'avaient déterminé qu'une paralysie faciale.

Dans les deux cas d'abcès bulbaires d'Eisenlohr et de Dogliotti, on observa au contraire des troubles moteurs et scnsitifs des membres, et du facial inférieur dans le dernier cas, mais pas de symptômes trahissant l'altération des noyaux bulbaires.

Le diagnostic de la localisation bulbaire sera fondé sur la constatation des diverses manifestations du syndrome bulbaire que nous connaissons, mais on ne s'arrêtera pas là. Déterminer la cause des accidents sera l'objectif principal du médecin en pareil cas. L'hémorragie et le ramollissement bulbaires s'observent plus fréquemment que les tumeurs ; c'est à eux qu'on songera tout d'abord; leur début, en général rapide, sinon brusque, les conditions qui en commandent l'apparition (syphilis, athérome, cardiopathies, traumatismes, maladies infectieuses, intoxications), les phénomènes généraux graves qui accompagnent les troubles bulbaires, constituent des indications d'une valeur diagnostique le plus souvent suffisante.

Les compressions extrabulbaires déterminées par des tumeurs du voisinage, des lésions méningées, osseuses, des anévrysmes, seront d'un diagnostic plus difficile. Bien souvent, dans ces cas, les phénomènes bulbaires proprement dits auront les mêmes caractères qu'ils re vêlent dans les tumeurs. L'existence des symptômes de compression

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