COMPRESSIONS ET TRAUMATISMES DU BULBE
cérébrale sera alors d'un grand secours pour déterminer l'origine des accidents.
Toutefois, certaines tumeurs du cervelet comprimant le bulbe pourraient prêter à confusion : il faudra donc apporter la plus grande attention à l'étude des signes accessoires, et particulièrement du syndrome cérébelleux qui peut être à l'état d'ébauche. Dans le cas de Gianuli, l'existence de symptômes tabétiformes, en rapport avec la destruction des faisceaux grêles et cunéiformes, rendait le diagnostic très difficile; en effet, à côté de la parésie faciale droite et d'une paraplégie progressive, on nota l'abolition des réflexes, des douleurs fulgurantes, des crises gastriques, le signe de Romberg et des zones d'hypoesthésie.
Le diagnostic de tumeur bulbaire comme de toute autre lésion en foyer de l'isthme de l'encéphale résultera donc d'un travail d'analyse minutieuse des symptômes, suivi d'un travail de synthèse dans lequel on examinera, en s'appuyant sur l'ana tomie de la région, les hypothèses qui rendent le mieux compte des diverses manifestations cliniques.
PRONOSTIC ET TRAITEMENT. — Le pronostic doit être toujours très réservé; les tumeurs syphilitiques sont, en effet, seules susceptibles d'une guérison complète par le traitement mercuriel et ioduré qui devra toujours être tenté, même en l'absence d'antécédents syphilitiques. Les tumeurs d'autre nature peuvent rester longtemps stationnantes ; on a signalé des cas où la tumeur est demeurée sans progresser pendant des années. Mais les accidents cardiaques ou pulmonaires sont toujours à craindre, et on les a vus survenir dans les cas les plus torpidesavec une rapidité foudroyante.