III. - COMPRESSION BRUSQUE. - ÉCRASEMENT DE LA MOELLE
ÉTI0L0GIE. — Les fractures des vertèbres entraînent le plus souvent un affaissement et une flexion de la colonne vertébrale; le canal rachidien se trouve rétréci et la moelle est comprimée contre les parois osseuses (fig. 15). Les luxations du rachis — surtout les luxations bilatérales, mais aussi les luxations unilatérales (Michon) — peuvent entraîner les mêmes accidents médullaires.
Le mécanisme de ces accidents est variable. Le plus souvent, la compression se fait par les vertèbres déplacées et est d'origine osseuse. Pour Chédevergne, la compression se ferait sur l'arête du corps vertébral fracturé; mais la plupart des auteurs admettent aujourd'hui un second agent de compression : la lame postérieure de la vertèbre sus-jacenteà la fracture, rejetée en avant, vient comprimer la face postérieure de la moelle et serrer celle-ci comme dans un étau.
Il faut aussi tenir compte, comme cause de compression, des hémorragies intra-rachidiennes qui se produisent souvent : ici la compression est rapide, mais non pas subite.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Les lésions observées sont extrêmement variables suivant les cas.
En disséquant le canal rachidien, on tombe assez souvent sur des hémorragies péridurales, avec compression, attrition et rupture des racines et des ganglions ; la dure-mère est parfois déchirée ; d'autres hémorragies peuvent siéger sous l'arachnoïde (Chipault).
L'état de la moelle est extrêmement variable suivant la brusquerie du déplacement osseux et du rétrécissement du canal rachidien.
Dans les grands traumatismes, et au niveau du point traumatisé, la moelle est réduite en une bouillie sanguinolente, molle et diffluente.