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COMPRESSION BRUSQUE. — ÉCRASEMENT DE LA MOELLE

subjectives de chaud, de froid ; le sens musculaire est aboli ou conservé suivant les cas. Cette coïncidence de douleurs spontanées avec anesthésie à l'examen constitue l'anesthésie douloureuse.

Les sphincters sont intéressés. La rétention d'urine est de règle immédiatement après l'accident ; l'incontinence primitive est très exceptionnelle ; le plus souvent elle est secondaire et se produit par regorgement. La quantité d'urine sécrétée est souvent modifiée et il peut même y avoir anurie transitoire. Enfin on a signalé la glycosurie, l'albuminurie, et même l'hématurie. D'acide, l'urine devient facilement alcaline . Cette tendance à la fermentation , jointe à l'action favorisante de la stagnation, fait comprendre la facilité de l'infection urinaire. La constipation est de règle, très intense.

L'état des réflexes tendineux varie suivant l'état de la moelle. Les recherches de Bastian, Bowlby, Thornburn, Bruns, Habel, Van Gehuchten, etc., ont démontré que, contrairement à l'opinion classique, contrairement aux résultats des expériences faites sur les animaux, la section traumatique complète de la moelle cervico-dorsale, loin de s'accompagner d'exagération des réflexes tendineux, entraîne leur abolition complète. Quand il y a compression simple de la moelle sans destruction totale, les auteurs sont divisés au sujet de l'état des réflexes: les uns admettent l'abolition totale dès le début et pendant toute l'évolution de la maladie ; les autres soutiennent que, après la période de shock où les réflexes sont abolis, on les voit s'exagérer à mesure que le faisceau pyramidal dégénère, et si plus tard ils disparaissent de nouveau, c'est qu'il s'est produit une nouvelle altération dans le neurone moteur périphérique (névrite périphérique) ou dans une autre partie des faisceaux blancs ou de la substance grise de la moelle. Les réflexes cutanés sont ou abolis ou conservés, alors même que les réflexes tendineux ont disparu.

A la suite des lésions Iraumatiques de la moelle, apparaissent des troubles trophiques. Le tissu cellulaire sous-cutané s'œdématie et l'infiltration séreuse fait disparaître les saillies et méplats normaux du membre, lui donnant une forme régulièrement conique ; la peau présente des éruptions variées, herpès, eczéma, pemphigus ; aux points de pression des escarres apparaissent (sur la ligne médiane du rachis, sacrum, malléoles, talon, grand trochanter). Ces escarres peuvent même se produire d'une façon aiguë (decubitus aculus).

Les muscles subissent l'atrophie simple, masquée par l'œdème concomitant. Les arthropathies sont assez fréquentes ; elles se forment d'une façon aiguë, débutent par une hydarthrose ou une hémarthrose qui se résorbent (forme synoviale), mais elles peuvent précéder une arthropathie chronique (forme osseuse) avec lésion osseuse, analogue à celle des affections organiques de la moelle,

tabès, syringomyélie (Weir Milchell, Lannelongue, Chipault, Morandeau, Delprat) (1).

Suivant le siège de la lésion, l'aspect clinique varie. A cet égard nous renvoyons à l'article Compression de la moelle

Ajoutons que les troubles de la sensibilité peuvent présenter la dissociation syringomyélique type, et qu'une lésion unilatérale peut donner lieu au syndrome de Brown-Séquard.

ÉVOLUTION. — L'évolution de ces lésions est liée en partie à celle de la fracture.

Après la destruction totale, la moelle ne peut se régénérer : la lésion est irrémédiable , elle peut devenir le point de départ d'une myélite ascendante.

Si le malade résiste au shock traumatique, il reste paralysé, et peut alors être emporté secondairement par l'infection urinaire ascendante, par le développement des escarres. Les lésions cervicales haut situées peuvent entraîner la mort par asphyxie.

Dans les cas heureux, la paralysie peut s'améliorer ; mais quand la moelle a été très atteinte, les dégénérescences qui se produisent mettent obstacle à la guérison, et le malade reste plus ou moins impotent.

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