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NATURE DE LA MALADIE

fondue avec Y embarras gastrique fébrile ou la grippe ; mais dès qu'ap paraissent les vésicules, le diagnostic est facile. Une seule vésicule, une seule bulle cristalline, et le médecin est renseigné !

On ne pourrait songer à la scarlatine qu'en présence d'un des rash dont j'ai parlé ; l'examen de la gorge fixerait le diagnostic.

La varioloïde est annoncée par des prodromes ; elle débute à la face ; ses éléments, à moins d'exception, sont plus nombreux que ceux de la varicelle, et surtout ils ont un aspect caractéristique : ce sont des pustules ombiliquées. L'évolution de la varioloïde est beaucoup plus lente que celle de la varicelle. L'enanthème manque rarement. Malgré ces distinctions si faciles à énoncer, on cite de nombreuses erreurs : certains varicelleux ont été placés dans les pavillons d'isolement des varioleux. J'ai vu récemment une varioloïde si bénigne et tellement discrète que, sans l'étude rigoureuse de l'exanthème, j'aurais pu admettre la varicelle.

Je ne parle ni de la variole, ni de X urticaire vésiculeuse, ni du pemphigus, ni de Y impétigo, chacune de ces maladies ayant un aspect particulier. Dans les cas douteux, il ne faut se prononcer qu'après avoir examiné toute la surface tégumentaire et trouvé la vésicule varicellique de fraîche date qui permettra de fixer le diagnostic mieux que les boutons flétris ou desséchés coïncidents.

La syphilis varicelliforme suscite rarement de sérieuses hésitations.

TRAITEMENT ET PROPHYLAXIE. — Au début un vomitif, s'il y a état gastrique ; quand l'éruption est terminée, un purgatif. Il est prudent de maintenir les enfants à la chambre et d'examiner l'urine avant de les autoriser à sortir. Pour combattre le prurit et conjurer les grattages intempestifs, il faut pratiquer des onctions avec la vaseline boriquée, puis saupoudrer avec l'amidon.

Je n'insiste pas sur le traitement des complications éventuelles.

On doit isoler les enfants atteints de petite vérole volante, la dissémination de cette maladie s'effectuant avec une grande rapidité. Au bout de douze à quinze jours, un bain savonneux est donné et le sujet peut être autorisé à reprendre la vie en commun. Personne n'a songé jusqu'ici à proposer la désinfection.

NATURE DE LA MALADIE. — L'identité de la varicelle et de la variole n'a plus été soutenue en France par personne depuis le jour où la grande autorité de Trousseau s'est élevée contre elle. A l'étranger, Hebra, Kaposi et Kassowitz sont restés fidèles, au contraire, à la doctrine ancienne ; pour ces médecins, la varicelle est le degré le plus léger de l'infection variolique.

Nous savons que la varicelle ne préserve ni de la variole ni de la vaccine; qu'inversement la variole et la vaccine ne mettent pas à l'abri de la varicelle ; que la varicelle et la variole peuvent évoluer

232 L. GALLIARD. — VARICELLE.

simultanément chez le même individu ; que l'inoculation de la variole réussit presque toujours, celle de la varicelle rarement.

Talamon (1) ayant vu survenir la varicelle à la suite de la vaccination, ou même chez des enfants qui avaient été simplement en contact avec des personnes revaccinées, a été amené à considérer la varicelle comme une vaccine atténuée ; s'appuyant sur l'opinion des partisans de la variolo-vaccine, il ajoutait : « Varicelle, vaccine, varioloïde, variole ne seraient que les formes différentes d'une même maladie, les effets d'un même virus ou d'un même microorganisme modifié, atténué ou exalté par des passages successifs de l'animal à l'homme et de l'homme à l'animal ».

OEttinger (2) a répondu à l'argumentation de Talamon en citant le cas d'un enfant de treize mois, non vacciné, atteint de varicelle, apporté par erreur au pavillon des varioleux et présentant, le douzième jour, les symptômes de la variole ; or, pendant l'incubation de cette variole, l'enfant a subi la vaccination et la vaccine a évolué normalement. Les trois maladies ont ainsi conservé leurs caractères distincts; il était impossible de les confondre.

Pour démontrer définitivement que la varicelle n'est ni une varioloïde atténuée, ni une vaccinoïde, il faudrait isoler et cultiver chacun des microbes pathogènes. En attendant, la clinique nous autorise à proclamer l'autonomie de la varicelle.

(1) Talamon, Méd. mod., 20 janvier 1894.

(2) OEttinger, Sem. méd., 31 janvier 1894.

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