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ACCIDENTS ET COMPLICATIONS

mentblanche filante et dans laquelle apparaissent bientôt des grumeaux verdâtres qui rappellent les crachats nummulaires. Ces grumeaux renferment l'élément spécifique de la grippe. En général l'affection reste limitée aux grosses bronches et dans ce cas la dyspnée est modérée ou nulle, à moins qu'il ne s'agisse de ces bronchites fibrineuses dans lesquelles il existe des fausses membranes, telles qu'en a décrites Nonat en 1837 (1).

Si la bronchite envahit au contraire les bronchioles, la dyspnée peut être extrême. Dans ces cas le tableau clinique est celui de la bronchite capillaire. Tous les auteurs ont décrit des cas de grippe asphyxique de ce genre, à marche extrêmement rapide. Ils ont différé, beaucoup au point de vue de l'interprétation. Alors que les uns ne voient qu'un obstacle mécanique, d'autres invoquent un affaiblissement portant d'abord sur le cœur. Graves (2) a songé à invoquer dans ces cas une paralysie du pneumogastrique. Ces formes graves de catarrhe asphyxique grippal s'observent surtout chez les vieillards et les sujets débilités.

Mais la grande complication respiratoire de la grippe c'est Yinflammation du parenchyme pulmonaire sous forme de pneumonie ou broncho-pneumonie, complication bien fréquente, la plupart des médecins l'ayant observée dans un vingtième des cas au moins. La pneumonie grippale survient ordinairement dans la convalescence de la grippe; mais on peut la voir dans les premiers jours de la maladie.

Il existe des faits assez nombreux dans lesquels la pneumonie marque le début de la maladie. On a beaucoup discuté pour savoir si la pneumonie dans la grippe est une pneumonie vraie ou une broncho-pneumonie, si elle diffère de la pneumonie vraie par son essence ou par ses symptômes.

On peut observer dans la grippe une pneumonie évoluant absolument comme la pneumonie lobaire, débutant par un frisson unique, solennel, et un point de côté, amenant une expectoration colorée fibrineuse, ordinairement moins teintée, moins visqueuse, plus abondante que dans la pneumonie lobaire primitive, mais quelquefois absolument classique. Cette pneumonie a la même durée que la pneumonie lobaire primitive et peut se terminer par une défervescence aussi nette (3).

La pneumonie de la grippe est plus souvent bilatérale, elle s'accompagne plus que la pneumonie primitive de localisations extrapulmonaires ; pleurésie, péricardite, endocardite, méningite, otite, etc. Sa durée est habituellement plus longue.

Plus souvent que la pneumonie simple elle se termine par suppuration, par gangrène.

(1) Nonat, Arch. gèn. de méd., 1837.

(2) Graves, Leçons de clinique médicale.

(3) Ménétrier, Grippe et pneumonie en 1886. Thèse Paris, 1887.

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La résolution peut se faire avec une lenteur extrême et Ton a rapporté des cas d'induration persistante. Enfin la pneumonie grippale est sensiblement plus grave et la plupart des statistiques amènent à penser que la mort survient dans 16 à 17 p. 100 des cas.

La grippe donne souvent naissance à des broncho-pneumonies dont la forme pseudo-lobaire se distingue souvent avec peine de la pneumonie.

Dans la broncho-pneumonie la température présente généralement des oscillations beaucoup plus grandes.

Le début est moins brutal, les signes stéthoscopiques indiquent des lésions moins massives et permettent de reconnaître les signes de la bronchite en même temps que les foyers d'induration. Les lésions sont moins fixes et l'on constate ces déplacements qui caractérisent la pneumonie dite migratrice ou érysipélateuse.

L'asphyxie est plus marquée. Au lieu de crachats rouilles ou sucre d'orge, il y a une expectoration aérée, simplement striée de sang quelquefois purulente.

Lombard (de Liège) pensait que la pneumonie survenait dans la convalescence, la broncho-pneumonie dans le cours de la grippe. Cette opposition n'a pas été confirmée parles observations faites en 1889-90.

La pleurésie purulente a été relativement commune après la grippe. Elle succède sans doute le plus souvent à une broncho-pneumonie suppurée. Mais celle-ci peut être insignifiante et passer inaperçue. Ces pleurésies purulentes grippales se présentent donc souvent comme des déterminations primitivement pleurales. Leur allure est assez souvent insidieuse et des épanchements peuvent être très abondants en peu de temps. Il a paru que, dans ces empyèmes, l'intervention chirurgicale permettait d'obtenir d'excellents résultats.

On ne saurait admettre que la grippe puisse devenir la cause d'une tuberculose pulmonaire. Cependant les points suivants sont établis: ia grippe frappe volontiers les tuberculeux, elle est plus grave chez eux, et la mortalité des tuberculeux est très marquée en temps de grippe. Elle donne parfois un coup de fouet aux lésions tuberculeuses, soit que ces lésions aient été très manifestes avant la grippe ou qu'elles ne deviennent bien évidentes qu'à sa suite. Dans certains cas la grippe est suivie d'une pneumonie ulcéreuse amenant des lésions qui donnent lieu à des signes physiques et fonctionnels identiques à ceux de la tuberculose. Ces cas ne peuvent être bien interprétés qu'après l'examen microbiologique qui y révélera le bacille de Pfeifîer à l'exclusion du bacille de Koch. Je traite depuis quatorze mois un cas de ce genre.

Avant la dernière épidémie on s'était relativement peu préoccupe de l'action de la grippe sur Y appareil cardiovasculaire. M. Huchard(i)

(1) HuciiAitD, Soc. méd. des hôp., 1890.

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