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volumineux; enfin la résolution se produit rapidement, et du huitième au dixième jour le retour à la normale se trouve complet anatomiquement et physiologiquement :
on n'observe ni suppuration, ni induration. Dans les cas où les deux testicules sont intéressés, la durée peut se trouver prolongée, surtout lorsque, ainsi qu'il est de règle, il s'écoule jusqu'à l'apparition de la deuxième orchite un laps de temps qu'on a vu parfois atteindre seize jours (Maubrac).
Pronostic — Le pronostic immédiat de l'orchite ourlienne est ordinairement très favorable ; Velpeau considérait cette affection comme la moins grave des orchites connues. Il faut pourtant, comme nous allons le voir, faire de sérieuses réserves, en raison de la possibilité d'atrophie ultérieure de la glande : à ce point de vue, il faudrait, d'après Ca-
trin (1), distinguer de l'orchite la simple fluxion testiculaire qui n'est pas rare dans les oreillons, et qui n'est jamais suivie d'atrophie de la glande.
Atrophie testiculaire. — L'atrophie, observée par Hamilton (1761), étudiée par Murât, J. Franck, Dogny, Rilliet, est une complication ou mieux une suite fréquente de l'orchite ourlienne : pour Laveran, on l'observerait dans les deux tiers des cas, pour Catrin dans la moitié ; comme le faisait remarquer Grisolle, l'époque lointaine à laquelle elle se produit en ferait méconnaître la fréquence, si l'on n'a pas soin de revoir les malades un et deux mois après la guérison de leur orchite : les faits de l'ordre de ceux signalés par Juloux qui, sur quatorze orchites, note après deux mois la diminution de volume des testicules atteints chez tous les malades, sont exceptionnels.
L'atrophie s'annonce souvent plusieurs semaines à l'avance par une consistance molle, tout à fait anormale du testicule intéressé; l'atrophie s'établit plus tard, en général assez brusquement, et l'on peut en quelques jours seulement voir le testicule se réduire du tiers, même de moitié de son volume normal : le degré de l'atrophie est naturellement variable; elle est partielle ou totale; d'après Catrin, elle semble s'accompagner de la perte du réflexe crémastérien ; habi-
Fig-. 12. — Oreillons avec orchite (jeune homme de dix-neuf ai. s).
(1) Catrin, Soc. des hôp., 1894.
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tuellement indolente, elle se complique parfois de douleurs persistantes. L'atrophie unilatérale ne détermine pas de troubles physiologiques, si le testicule du côté opposé n'a point perdu déjà ses aptitudes fonctionnelles ou si le malade n'est pas monorchide vrai. L'atrophie double est beaucoup plus grave : elle a pour conséquence fréquente la diminution et même la disparition de l'appétit vénérien et de la puissance virile ; on a constaté l'abaissement du nombre des spermatozoïdes ; parfois l'atrophie testiculaire a entraîné une transformation complète de l'organisme : Lereboullet a vu un cas de féminisme complet avec hypertrophie des seins.
III. Oreillons avec localisations rares. — Si la détermination testiculaire est, après la localisation salivaire, celle qu'on observe le plus fréquemment dans l'infection ourlienne, on peut, dans des cas beaucoup plus rares, voir la maladie intéresser d'autres organes de l'économie dont, il est vrai, la plupart dépendent de l'appareil génital, et sont du type glandulaire. L'ovarite, qui serait chez la femme l'équivalent de l'orchite pour l'homme, est infiniment plus rare que celle-ci; Trousseau l'admettait hypothétiquement sans l'avoir observée; les cas de Rizet, Niemeyer, Meynet, Bouteiller, M. Martin semblent en établir la possibilité : douleur au niveau d'une fosse iliaque, spontanée et à la pression, parfois tumeur perceptible au niveau d'un ovaire, tels sont les symptômes qui caractériseraient cette ovarite. Rapprochons de ces faits la possibilité pour d'Heilly de métro rragies ourliennes.
Laghi, Rilliet, Fournier, Peter citent des cas de tuméfaction, de fluxion des grandes lèvres, et même de la glande vulvo-vaginale au cours des oreillons; dans un cas on a vu la grande lèvre droite suppurer.
Chez l'homme, on a exceptionnellement signalé des cas d'uréthrite et même de prostatite au cours de l'orchite ourlienne (Barthez, Gosselin, Comby).
La fluxion de la mamelle a été observée en quelques circonstances dans les deux sexes (Trenel, 1812); Rilliet l'a même vue, chez un soldat, s'accompagner de saillie des tubercules de Montgomery, avec issue de liquide séreux par le mamelon.
Enfin, pour être complets, signalons très exceptionnellement la participation de la glande lacrymale (Karth), de la conjonctive, du corps thyroïde (Guelliot, 1893).
COMPLICATIONS. — Si, comme nous l'avons fait, on considère l'orchite comme une localisation de l'infection ourlienne, le chapitre des complications qui peuvent survenir au cours des oreillons se trouve notablement écourté : il ne nous reste plus à étudier qu'un certain nombre d'accidents, exceptionnels chez l'enfant, un peu moins rares chez l'adulte, et dont la pathogénie est loin d'être
élucidée. Si pour quelques-uns (suppuration, gangrène), il est légitime d'invoquer des infections secondaires par les microbes pyogènes, il n'est pas encore permis aujourd'hui, pour les autres complications, de spécifier s'il s'agit du même processus ou de localisations anormales du germe ourlien, ou enfin de phénomènes réflexes ou réactionnels dérivant de l'intensité même de l'infection primitive.
Quoi qu'il en soit, les complications présentent, dans certaines épidémies, une fréquence et une gravité qui viennent notablement assombrir le pronostic habituellement bénin des oreillons.
Les complications d'ordre local, atteignant les glandes malades sont des plus rares : ce sont la suppuration et la gangrène.
Suppuration. — La suppuration de la parotide a été observée dans quelques cas (Emond, 1867; Maslieurhat, Laveran, Bucquoy). Dionis (1773) cite une épidémie à Saint-Cyr où tous les cas auraient abouti à la suppuration : le fait est discutable. Cette complication se caractérise par de l'exaspération de la douleur parotidienne, de la tension avec rougeur de la peau, puis la tuméfaction devient le siège de battements, se ramollit en un point, et aboutit à la formation d'un abcès superficiel, qui guérit facilement après l'incision. Il est probable qu'alors le microbe des oreillons, non pyogène lui-même, est associé aux microbes de la suppuration, émigrés de la bouche vers le canal de Sténon (staphylocoques, streptocoques) : dans une observation de Ferrand (1), on constata dans le pus la présence de streptocoques.
Quant à la suppuration du testicule et de l'épididyme, elle est exceptionnelle (Bourges, Boyer).
Gangrène. — Dans deux cas, on a signalé une gangrène parotidienne extensive, aboutissant à la mort (Demme, 1888).
Adénopathies. — Si la tuméfaction des ganglions lymphatiques voisins des glandes salivaires malades est rare au cours des oreillons, il est un peu plus fréquent d'observer, surtout chez les enfants scrofuleux, après la terminaison de la maladie, des adénopathies consécutives, parfois persistantes, au niveau des régions préauriculaire, angulo-maxillaire, sous-maxillaire ; ces adénopathies sont multiples, ndolentes, dures: dans un cas, on a noté la suppuration (Trenel).
Les complications à distance peuvent frapper les divers appareils organiques.
Appareil digestif. — Les accidents de ce côté sont presque toujours bénins : nous avons longuement parlé plus haut de l'exanthème, de l'angine pharyngée ; nous n'y reviendrons pas. Les symptômes d'embarras gastrique ne sont pas rares : anorexie, nausées, vomissements, diarrhée, langue saburrale. Nous avons vu que, dans les formes dites typhoïdes, la diarrhée s'accompagne de sécheresse de la langue,
(1) Ferrand, Soc. des hôp., 1888.
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de fuliginosités de la bouche et d'un état général adynamique souvent sérieux.
Appareil respiratoire. — En dehors d'un certain degré de gêne de la respiration dû au volume même des oreillons et à l'œdème ambiant, on a observé dans quelques cas très rares des accidents d'cedème glottique : plusieurs fois la mort est survenue (Tourtelle, Jacob, Guélliot); d'autres fois la trachéotomie s'est imposée d'urgence (Pillatte, 1890).
Dans un cas, une hémoptysie abondante avec dyspnée a été observée au cours de la maladie ourlienne (Comby); dans quelques observations on a signalé, en coïncidence avec les oreillons, des bronchites, des pneumonies, des pleurésies.
Appareil circulatoire. — Le cœur est exceptionnellement intéressé au cours de l'infection ourlienne : on a publié quelques cas de péricardite (Jaccoud, Notarès) : sèche, elle reste isolée et guérit presque toujours. L'endocardite est aussi rare : mitrale, parfois aortique, elle peut guérir en quelques jours sans laisser aucun vestige, comme la péricardite à laquelle Grancher l'a vue associée; dans d'autres cas, l'endocardite est devenue chronique (Jaccoud, Bourgeois). Le myocarde est toujours indemne, on sait cependant qu'on a observé dans la convalescence du ralentissement du pouls, des lipothymies. Enfin rappelons comme complications d'ordre vasculaire les épistaxis assez souvent observées, l'hémoptysie (Comby).
Rhumatisme ourlien. — Trousseau avait déjà signalé, chez des malades atteints d'oreillons, des douleurs articulaires rappelant le rhumatisme scarlatin. Les arthropathies ourliennes ont été bien étudiées dans ces dernières années (de Cérenville, Lannois et Lemoine, Gachon, Liégeois, Catrin, 1893). Elles apparaissent soit au cours, soit plus souvent à la suite des oreillons, plus tard que l'orchite : le plus souvent il s'agit seulement de douleurs siégeant au niveau d'une ou plusieurs articulations (surtout le genou), sans gonflement des jointures ni réaction générale (forme arthralgique) ; en quelques jours, tout est fini. Plus rarement, les articulations douloureuses sont tuméfiées, et on constate une certaine quantité de liquide intra-articulaire épanché; Boinet a constaté dans un cas une véritable hydarthrose. On peut voir participer à la tuméfaction les gaines synoviales périarticulaires, les muscles mêmes; Bergeron a vu dans un cas un hygroma de la bourse prérotulienne droite. Cette forme de rhumatisme est en général apyrétique, ou tout au moins ne note-t-on qu'une fièvre modérée ; cependant Catrin a observé dans quelques faits une réaction générale aussi intense que dans le rhumatisme articulaire aigu généralisé. En tout cas, la résolution est la règle et se fait en quelques jours. Les faits d'arthrites suppurées sont exceptionnels.
Quelques auteurs ont vu les phénomènes articulaires précéder la tuméfaction parotidienne (Lannois et Lemoine, Plagneux, Gachon).
Il faut rapprocher de ces accidents articulaires les cas observés d'œdèmes localisés et douloureux (Guélliot).
Quelle est la nature de ce rhumatisme ourlien? Évidemment, il s'agit ici, comme pour le rhumatisme scarlatin, le rhumatisme blennorragique, non de rhumatisme vrai (quoique Rilliet ait observé deux fois la récidive du rhumatisme articulaire chez des malades atteints d'oreillons), mais de pseudo-rhumatisme infectieux (1), relevant très probablement de l'invasion des séreuses articulaires parle microbe des oreillons en circulation dans le sang : Catrin aurait d'ailleurs retrouvé dans le liquide articulaire le même microbe qu'il observait dans la sérosité parotidienne, le sang et l'exsudat de la tunique vaginale.
Néphrite ourlienne. — Les analogies que nous venons d'observer entre la scarlatine et la maladie ourlienne se continuent en ce qui concerne l'appareil rénal : la néphrite ourlienne ressemble beaucoup à la néphrite scarlatineuse, mais elle est infiniment plus rare. C'est comme elle une néphrite aiguë, infectieuse, présentant des degrés d'intensité variables : tantôt elle se caractérise seulement par une albuminurie légère et cédant en quelques jours ; elle se manifeste surtout dans les cas d'oreillons qui s'accompagnent d'accidents généraux sérieux (hyperthermie, épistaxis) : l'albuminurie apparaît au maximum de la fièvre pour disparaître rapidement avec la chute de la température. Il est exceptionnel de voir l'albumine persister dans l'urine après la guérison des oreillons (2 ans dans un cas de Gaucher 1881). D'autres fois, la néphite ourlienne détermine de l'anasarque avec l'albuminurie, ou même, d'après Pratolongo, de l'anasarque seule; en ce cas encore, la guérison est habituelle : il existe cependant quelques faits où la mort survint par urémie aiguë (L. Colin, Renard). L'hématurie est un symptôme rare (Jourdan).
La néphrite ourlienne est absolument exceptionnelle chez l'enfant (Croner), elle se voit chez l'adulte, particulièrement dans les formes graves d'oreillons. Bézy (1893) aurait observé un cas de néphrite ourlienne sans oreillons chez une jeune fille de seize ans : ce fait mérite confirmation.
Anatomiquement, la néphrite ourlienne est une néphrite aiguë, diffuse ; le rein a été trouvé, dans les rares autopsies publiées, gros et blanc ; il y au microscope mélange de lésions interstitielles et épithéliales. — Cette néphrite relève-t-elle du microbe ourlien, ou de microbes d'infections secondaires : la première hypothèse est la plus vraisemblable : rappelons que Gaucher, Karth ont observé dans l'urine, en pareil cas, des cocci isolés ou associés par deux, que Gaucher retrouvait en même temps dans le sang.
Système nerveux. — Assez rares chez l'enfant, les accidents nerveux s'observent plus souvent chez l'adulte; parfois ils éclatent au
(1) BpimcY, Th., 1883.
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début même de la maladie, mais habituellement c'est au cours des oreillons confirmés qu'ils se manifestent, précédant d'un à deux jours l'orcliite, dont le développement coïncide en général avec la terminaison rapide des manifestations nerveuses.
Le plus souvent, ce sont des symptômes bénins, frappant les individus nerveux, adultes ou enfants : subdelirium ou délire tranquille, carphologie, mouvements convulsifs ; la température élevée qui accompagne ces phénomènes en rend facilement compte ; ils cèdent à la défervescence, et n'aggravent point le pronostic.
D'autres fois, par contre, il s'agit de manifestations plus intenses et plus sérieuses : le délire est violent, parfois maniaque, avec hallucinations ; il peut aboutir au coma complet; c'est dans ces cas que l'on voit le malade succomber rapidement (Hamilton, Gillet, A. Cooper) : le plus souvent cependant la guérison est possible, et ne tarde pas à se produire, une fois l'orchite bien établie.
Parfois, ces symptômes d'excitation cérébrale diffuse se compliquent secondairement de signes de lésions en foyer : après quelques jours de délire, de fièvre intense, quelquefois de coma, apparaissent de* troubles d'aphasie, d'agraphie, des monoplégies brachiales, des he niplégies avec hémianesthésie (Healy, Janson Zuède, Sorel, Launois et Lemoine) : symptômes qui peuvent durer six mois, quinze mois, puis guérir.
Dans quelques cas enfin, on a observé des paralysies tardives, rappelant les paralysies toxiques, celles de la diphtérie par exemple. C'est ainsi que Joffroy (1) a vu chez un enfant de quatre ans et demi une paralysie flasque des quatre membres, accompagnée d'anesthésie cutanée légère, avec abolition des réflexes tendineux, de la contractilité faradique et galvanique, avec intégrité des réservoirs ; ces symptômes s'étaient annoncés au huitième jour des oreillons par des phénomènes douloureux dans les membres supérieurs, puis inférieurs; ce n'est que treize jours après que s'était montrée la paraplégie, la paralysie des membres supérieurs plus tardivement encore (30e jour) ; l'enfant guérit en trois mois. — Chavanis (1891) a observé un cas de paraplégie incomplète des membres inférieurs chez un homme de trente-cinq ans, survenue cinquante jours après les oreillons, et qui associée à de l'asthénie générale, à des pertes séminales avec impuissance ne guérit qu'au bout de deux ans. Boas a vu un cas de parésie de l'accommodation après trois semaines.
Enfin, on a publié quelques faits de vésanies consécutives aux oreillons (Percy-Smith, Demme, Liégeois, 1891) : manie, mélancolie.
L'interprétation anatomo-pathologique de ces troubles divers n'est pas encore élucidée.
Les paralysies ourliennes relèvent-elles de lésions médullaires, ou
(1) Joffroy, Pronrès méd., 1886.
de névrites périphériques analogues à celle"s qu'on a constatées au décours de nombreuses maladies infectieuses : cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable.
Pour ce qui est des vésanies, il semble que, dans la plupart des cas, les antécédents nerveux des malades aient plus fait que les oreillons eux-mêmes pour le développement de ces psychoses.
Ce qui mérite surtout discussion, ce sont les complications délirantes graves, parfois mortelles, suivies ou non de paralysie et d'aphasie : sans doute, il est vraisemblable que bon nombre de ces faits dépendent de lésions de méningite ou de méningo-encéphalite congestive ou inflammatoire ; mais pour quelques-uns le doute est possible, et la méningite ourlienne est vraisemblablement moins fréquente qu'on ne Ta dit : d'abord, il peut y avoir en coïncidence des lésions méningées indépendantes des oreillons, comme dans un cas d'Antony, où l'autopsie fit reconnaître une méningite tuberculeuse ; d'autre part, les phénomènes de délire et même de coma peuvent relever de l'alcoolisme, comme Ferrand (1) l'a récemment observé; enfin il est vraisemblable que dans quelques cas (délire, coma, suivis d'hémiplégie et hémianesthésie) on était en présence de pseudo-méningite hystérique.
On conçoit combien il peut être délicat en clinique de dépister ces diverses pathogénies ; en tous cas, il est prudent de ne pas trop vite affirmer la méningite ourlienne; on ne doit, dit Laveran, admettre la nature ourlienne des accidents cérébraux, que si on les voit survenir, avec une fièvre très vive, peu de temps avant l'apparition de l'orchite ou en même temps qu'elle; si l'orchite est déjà en décroissance, si la fièvre est tombée lors de la survenue des accidents cérébraux, ce ne sont point des accidents d'origine ourlienne.
Organes des sens. — Les complications observées du côté de l'appareil visuel sont rares et bénignes : on a signalé de la blépharite, de la kérato-conjonctivite, de la congestion rétinienne avec diminution de l'acuité visuelle (Hatry), de l'œdème de la rétine (Hocquard).
Les altérations auditives sont plus sérieuses parfois : car, en dehors de l'otite externe ou moyenne, suppurée, qui est des plus rares, quelques auteurs ont observé des faits de surdité à caractères tout spéciaux, soit chez l'enfant, soit chez l'adulte (Toynbee, Calmettes, Gellé). Unilatérale, un peu moins souvent bilatérale, la surdité s'établit en quelques jours, soit insidieusement, soit plus rarement avec du vertige, des bruits subjectifs (type de vertige de Ménière) ; cette surdité est le plus souvent incurable. Elle est indépendante d'aucune lésion perceptible de l'appareil auditif; son origine est vraisemblablement labyrinthique, mais on est réduit à des hypothèses sur la
(1) Ferrand, Soc. mêd. hôp., mars 1894.
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nature de la lésion causale (épanchement dans le limaçon, névrite et atrophie du nerf acoustique).
PRONOSTIC. — Si nous avons longuement insisté sur les complications dont les oreillons sont susceptibles, il faut retenir avant tout le fait de leur grande rareté ; et comme ce sont elles, en somme qui apportent à la maladie ourlienne le pronostic le plus sérieux, on peut dire en général que les oreillons sont une affection bénigne, la plus bénigne peut-être des maladies infectieuses.
Chez l'enfant en particulier, où la localisation est exclusivement salivaire, la maladie évolue sans complications, et le pronostic est des plus favorables.
Il en est de même chez la femme : chez elle aussi les complications sont exceptionnelles, ainsi que les localisations extra-salivaires : il serait intéressant de savoir ce que devient au point de vue fonctionnel l'ovaire lorsqu'il participe à la maladie.
Chez l'homme, le pronostic reste également favorable, mais ici il y a quelques réserves à faire : d'une part, c'est chez l'homme surtout que s'observent les complications parfois mortelles (œdème glottique, accidents cérébraux, néphrite, etc.) : la fréquence, la gravité de ces complications varient d'ailleurs avec les épidémies; mais, somme toute, la léthalité des oreillons est minime : de 1862 à 1865, 496 cas observés dans l'armée ne donnent aucun décès. Parmi ces complications, la surdité, constituant une infirmité incurable, est une des plus sérieuses.
Mais ce qui, chez l'homme, doit rendre avant tout le pronostic réservé, c'est la possibilité et la fréquence de la localisation testiculaire, c'est l'atrophie consécutive à l'orchite : en moyenne, dans l'armée, on compte que s'il se produit 3 orchites sur 5 cas d'oreillons, 7 orchites sur 10 sont suivies d'atrophie ; or, l'atrophie double est presque fatalement suivie d'impuissance.
DIAGNOSTIC. — Dans la grande majorité des cas le diagnostic des oreillons est facile à faire.
Au début, avant l'apparition de la tuméfaction salivaire, il est impossible de se prononcer, et l'on pourra penser à un commencement de fièvre typhoïde, d'embarras gastrique, de fièvre éruptive ; comme le fait remarquer Martin, « chez certains malades, la tuméfaction des amygdales, la rougeur érythémateuse du pharynx, la douleur temporomaxillaire s'irradiant dans le conduit auditif externe pourra rendre hésitant un diagnostic qui se résoudra par la palpation des régions parotidiennes ou sous-maxillaires, et par l'examen au spéculum du conduit auditif et de la membrane tympanique; ces particularités ont un grand intérêt si elles se produisent dans une collectivité ; en tant qu'erreur de diagnostic, elles sont la fissure par laquelle pénètre
une épidémie dont on n'a pas su dépister les premières manifestations ».
A la période d'état, toute hésitation est levée au moins dans la forme régulière : cependant la tuméfaction salivaire peut être simulée par diverses affections, soit de ces mêmes glandes, soit des ganglions de la région.
Dans le cas d'oreillons parotidiens, qui est le plus habituel, on éliminera facilement l'hypothèse d'adénite préauriculaire, aiguë ou chronique et scrofuleuse par l'unilatéralité, la superfîcialité, la saillie plus acuminée des ganglions atteints ; dans le cas de périadénite phlegmoneuse, on constate un empâtement dur, douloureux, bientôt suivi de suppuration. Il y a eu des confusions commises entre les oreillons et certaines adénopathies symptomatiques d'infections malignes, telles que la diphtérie, la scarlatine : pour la première, l'aspect de la gorge, pour la deuxième l'angine et l'éruption précoce cutanée suffiront le plus souvent à lever tous les doutes; cependant Karth signale un cas de Chauffard où le diagnostic fut impossible entre les oreillons et une scarlatine maligne.
Les parotidites symptomatiques seront également aisément distinguées par leur apparition au décours de maladies graves (fièvre typhoïde, scarlatine, etc.), leur unilatéralité, leur tendance rapide à la suppuration et même à la gangrène. Les mêmes caractères objectifs feront reconnaître la parotidite aiguë primitive.
Il existe un certain nombre d'intoxications qui, directement ou par l'intermédiaire d'une stomatite antécédente, exercent sur les glandes parotides une irritation plus ou moins intense : c'est le cas du plomb (Comby 1882), du mercure, de l'iode (Villard, Bradley, Comby) : ces oreillons saturnins, mercuriels, iodiques seront facilement reconnus.
Enfin il faut signaler encore l'érysipèle facial, débutant par la région parotidienne, qui se distinguera par la rougeur et l'œdème de la peau, la diffusion du gonflement, le bourrelet périphérique, la douleur vive à la pression.
Les oreillons sous-maxillaires pourront être simulés par une adénopathie sous-maxillaire aiguë, les oreillons sublinguaux par une grenouillette aiguë, les deux enfin par un phegmon sus-hyoïdien; il nous suffit de signaler ces diagnostics, sans y insister.
Le diagnostic des oreillons à forme salivaire ne présente donc guère de difficultés dans la forme régulière ; dans les formes incomplètes, frustes, au contraire, le doute est souvent permis, et il faudra souvent, pour affirmer la nature ourlienne des symptômes observés, faire appel à la notion d'épidémicité, ou de contagion effectuée dans les délais normaux ; souvent même la démonstration ne sera faite qu'à l'apparition d'une orchite caractéristique.
Rien n'est plus facile que le diagnostic de l'orchite ourlienne pour le médecin qui suit le malade depuis le début de ses oreillons; ce n'est
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que dans les formes anormales où la localisation testiculaire est primitive, que Ton pourra hésiter sur la nature ourlienne des accidents : l'orchite traumatique, les orchites variolique, typhoïdique et surtout l'orchite blenorragique, la plus fréquente de t jutes, devront en être distinguées; les conditions étiologiques, la tendance à la suppuration pour les premières, la constatation d'un écoulement urétral, la prépondérance de l'épididymite, la participation du canal déférent pour la dernière, tels seront les principaux éléments du diagnostic. Signalons encore l'orchite syphilitique secondaire, l'orchi-épididymite aiguë tuberculeuse, affections rares qui ne présentent que peu d'analogie avec l'orchite ourlienne. — En tous cas, en l'absence d'oreillons apparents, ou avoués par le malade, la notion d'épidémicité sera du plus grand secours. Nous n'insisterons pas sur le diagnostic des complications proprement dites ; dans le cas de symptômes typhoïdes, la confusion avec une dothiénentérie sera de courte durée ; quant aux accidents nerveux méningi tiques, la recherche d'un gonflement parotidien antérieur ou de tuméfaction testiculaire commençante permettra facilement d'en établir la nature; nous rappelons à nouveau les réserves que comporte le diagnostic de méningite ourlienne : cela importe pour le pronostic et aussi pour le traitement.
TRAITEMENT ET PROPHYLAXIE. — Le traitement des oreillons simples, réguliers comporte des soins plus hygiéniques que médicamenteux : avant tout, le repos à la chambre devra être exigé, et tout exercice violent sera interdit pendant plusieurs jours encore après la guérison apparente de la fluxion parotidienne : ce sera le meilleur moyen de prévenir l'orchite (Catrin) ; l'usage de grands lavages boriques de la bouche, fréquemment renouvelés, sera aussi conseillé avec avantage. Localement, on recouvrira d'ouate les parotides malades; l'antipyrine, le salicylate de soude pourront soulager la douleur; comme régime, la diète mitigée sera conseillée; en cas de besoin, un purgatif ou un éméto-cathartique.
Dans les formes hyperthermiques, la quinine et surtout les bains tièdes à 20° seront des plus utiles aussi bien contre l'élément fébrile que pour combattre les phénomènes nerveux surajoutés.
L'orchite, une fois déclarée, exige le repos absolu au lit; une planchette, une feuille de carton doublées d'ouate seront glissées sous les bourses, qu'on recouvrira de cataplasmes chauds ; on évitera les onctions de pommade mercurielle, origine trop fréquente de stomatite hydrargyrique avec complication possible d'oreillons mercuriels. Contre la douleur et la fièvre, l'antipyrine, l'exalgine rendront des services ; on a beaucoup vanté l'emploi du jaborandi (2 grammes de feuilles dans 200 grammes d'eau par vingt-quatre heures : Czermicky et Emery-Desbrousses), ou des injections sous-cutanées de pilocarpine (1 centigramme tous les deux jours : A. Martin).
La convalescence des oreillons, surtout dans la forme testiculaire, réclame un régime tonique prolongé : fer, quinquina, huile de foie de morue, bains salés. Si, malgré tous les efforts, le testicule se ramollit, tend à s'atrophier, on conseillera la noix vomique, les douches périnéales, les bains sulfureux, les courants continus.
La facilité avec laquelle les épidémies d'oreillons se développent dans les milieux appropriés (pensionnats, casernes) exige une hygiène prophylactique sévère : il faudra dès le début isoler d'une manière absolue les malades suspects; la maladie confirmée, l'isolement devra être maintenu pendant quinze à vingt jours. Il sera utile, après guérison, de désinfecter les vêtements, la literie du malade, et de lui faire prendre un grand bain savonneux ou de sublimé avant de le remettre au contact de ses camarades. Quant à ceux-ci, on leur conseillera des lavages antiseptiques de la bouche au moindre malaise, à la moindre fièvre.
Si ces mesures sont particulièrement indispensables lorsque les oreillons éclatent dans une agglomération d'adultes ou d'adolescents, elles ne doivent pas être non plus négligées pour les cas isolés, qui peuvent être tout au moins la source d'épidémies de familles ou de maisons : cependant certains auteurs admettent qu'en raison de la bénignité de la maladie dans le jeune âge il vaut mieux ne pas isoler du malade les enfants mâles, qu'une atteinte sans gravité dans l'enfance protégera sûrement contre des risques ultérieurs à un âge où l'orchite, par sa fréquence et sa gravité, rend beaucoup plus sérieux le pronostic des oreillons.