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DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC

Aujourd'hui les études histologiques, chimiques et bactériologiques ont permis de rapporter à leur véritable cause les accidents de la malignité. L'infection massive, les dégénérescences viscérales diffuses, la souffrance intensive du trépied vital, l'hyperthermie, l'accumulation infectieuse, etc., forment une légitimation suffisante pour ces cas cliniques d'une gravité parfois si brutale (scarlatine foudroyante, variole hémorragique sans variole).

Je ne m'arrêterai pas à développer les caractères des formes chroniques. Elles ne comportent pas de différences cliniques absolues. La lenteur d'évolution, l'accoutumance de l'organisme, l'aspect ébauché de certaines manifestations, et comme contraste les ravages de certaines lésions destructives, tels sont les points qui contribuent à les définir. Mais il n'est aucune des maladies microbiennes chroniques qui ne puisse, à un moment donné, présenter une phase typique d'acuité, de même qu'on voit beaucoup d'infections aiguës se transformer et évoluer suivant le mode chronique. Ces alternances complètent le lien clinique qui unit les deux sortes d'affections.

Quelque chose survit, dans l'organisme, à l'évolution infectieuse soit simple, soit complexe, soit même compliquée : c'est l'état vaccinal. On ignore la modification intime qui le représente ; l'infection ne laisse souvent aucune trace durable accessible à nos moyens d'investigation. En tout cas, la réalité de la vaccination n'est pas douteuse ; cet effet n'est pas absolu ni toujours définitif, mais c'est à son existence habituelle qu'il faut attribuer l'absence générale de récidive dans les maladies microbiennes.

DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC. — Le groupement nosographique des infections était effectué bien avant qu'intervînt la notion des bactéries, et leur formule diagnostique était solidement établie, tant au point de vue clinique qu'au point de vue anatomique.

La pathologie microbienne n'a rien négligé des ressources diagnostiques anciennes; elle a seulement appris à mieux interpréter et à synthétiser un ensemble de phénomènes morbides réalisant l'état infectieux. La fièvre avec ses éléments complexes, la langue infectieuse, la diarrhée, l'albuminurie, etc., etc., arrivent à représenter un syndrome clinique auquel ne peut guère convenir qu'une appellation, celle d'état infectieux. Il ne reste plus qu'à en préciser les termes.

Mais c'est surtout la notion des microbes et leur démonstration dans l'organisme infecté qui représentent la véritable conquête de la nosographie infectieuse moderne. Là est le critérium fondamental et seul suffisant de la maladie microbienne. Ce critérium est presque superflu dans les infections typiques, qui s'imposent parleur netteté : la démonstration du microbe ne sert alors qu'à illustrer les pro-

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cessus spécifiques, les localisations et le mode évolutif. Tout autre est son importance dans les formes atypiques, frustes, abortives, anormalement localisées, ou déviées de leur forme par la question de terrain. Ici la recherche des bactéries permet de classer un cas douteux et de compléter la nosographie d'une infection.

Ainsi le diagnostic des maladies microbiennes emprunte à la clinique, à l'anatomie pathologique, à la pathogénie et à la bactériologie.

La recherche de l'élément et du mode étiologiques fournit parfois des renseignements précieux. Tout d'abord on devra s'enquérir si l'infection présumée a déjà existé chez le même sujet, en se rappelant que les maladies microbiennes ne récidivent généralement pas, qu'il y a cependant des exceptions à cette règle, et même que certaines infections appellent la récidive (érysipèle, angines lacunaires, pneumonie). Le non-acclimatement des sujets a quelquefois la valeur d'un phénomène présomptif très important (fièvre typhoïde). Le pays d'origine et les pérégrinations sont également à considérer (lèpre). La notion d'un contact précis représente parfois une preuve presque directe (rougeole, coqueluche) ; elle peut même se compléter jusqu'à la démonstration absolue par la confrontation (affections vénériennes).

La notion du milieu, de l'état épidémique, de la pathologie régnante ne sera point négligée. Elle a cependant le tort de fournir des formules diagnostiques faciles, en dispensant d'examens approfondis (influenza).

Au delà et au-dessus de cette enquête clinique est l'examen bactériologique, qui seul juge en dernier ressort, dans les cas obscurs et douteux. Toute lésion locale accessible peut, grâce à un examen approprié, fournir un diagnostic absolu : suppurations diverses, lésions tuberculeuses des téguments, lépromes de la peau et des nerfs, ulcère morveux, charbon, diphtérie, etc., etc. On pourra, suivant les cas, se borner à la constatation d'un germe à réactions spéciales, ou en poursuivre la détermination complète suivant les lois de Pasteur : constatation objective, isolement par les cultures, inoculation expérimentale. Ce dernier procédé est souvent le plus sensible avec certains microbes de haute spécificité (charbon et pneumocoque transportés à la souris blanche, diphtérie au cobaye, érysipèle au lapin, tuberculose et morve au cobaye).

C'est suivant des principes analogues qu'on explorera les processus microbiens des organes profonds. La seringue de Pravaz maniée aseptiquement est ici un aide précieux, soit qu'on l'emploie à retirer pour l'examen un peu de suc ou de sang des parenchymes malades, rate, foie, poumons, ganglions lymphatiques, etc., soit qu'elle serve à explorer les épanchements des séreuses (plèvre, péritoine, articulations) (Koch, Fraenkel, Weichselbaum, Netter, Chantemesseet Widal, Fernet et Girode, etc.).

Mais c'est principalement par l'étude des excréta pathologiques

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