SYPHILIS HÉRÉDITAIRE
L’hérédité syphilitique se manifeste le plus souvent par des accidents spécifiques, nettement caractérisés, existant au moment même de la naissance, ou survenant peu après la naissance : c’est la syphilis héréditaire précoce ou vulgaire. Elle peut encore se manifester à une période plus ou moins avancée de la vie par des accidents nettement syphilitiques (syphilis héréditaire tardive).
D’autres fois, elle ne donne pas lieu à des lésions manifestement syphilitiques, mais à des troubles de nutrition dont les conséquences sont variables.
Les fœtus provenant de femmes syphilitiques et expulsés avant terme ne présentent souvent aucune lésion appréciable (Barthélemy), et, en l’absence de toute cause maternelle autre que la syphilis, susceptible d’expliquer l’avortement, on est obligé de mettre leur mort sur le compte d’une cachexie particulière que le professeur Fournier considère comme une des causes d’ « inaptitude à la vie » des enfants des syphilitiques. D’autres, qui naissent à terme, sont atrophiés, chétifs, dépourvus de toute résistance vitale, et succombent en peu de jours à des causes minimes qui seraient incapables de faire périr un enfant sain. D’autres encore survivent, mais restent petits, atrophiés, presque nains, infantiles; un bon nombre d’entre eux présentent des malformations congénitales, ou un développement incomplet de l’intelligence ou de certains organes comme les seins ou les testicules. En outre, ces enfants résistent mal aux maladies infectieuses dont ils sont atteints et en particulier sont tout spécialement prédisposés à la tuberculose (Fournier).
Les produits de conception soumis à l’influence hérédo-syphilitique sont souvent expulsés avant terme : les avortements répétés en série sont une des manifestations fréquentes de la syphilis chez la femme; se produisant sans cause appréciable, ils sont ordinairement de plus en plus tardifs, à mesure que leur nombre augmente, en raison de l’influence favorable et atténuante que le temps exerce sur la gravité de l’hérédo-syphilis.
Les fœtus ainsi expulsés peuvent ne présenter aucune lésion tégumentaire autre que la macération de la peau ; ceux qui naissent au huitième mois offrent parfois des traces de manifestations syphilitiques analogues à celles que l’on rencontre chez les enfants nés à terme ; les lésions viscérales sont fréquentes et souvent considérables. Le placenta peut être le siège de lésions rappelant l’apparence et présentant la structure des gommes, souvent associées à des altérations plus complexes et mal déterminées. En outre, l’hydramnios est fréquent chez les femmes syphilitiques (Fournier, Bar).
SYPHILIS