COMPLICATIONS DIVERSES
Complications musculaires. — Elles accompagnent le plus souvent les manifestations articulaires du rhumatisme blennorrhagique, cependant elles doivent en être séparées, car elles peuvent s’observer indépendamment des arthropathies.
Des my algies accompagnent, en général, les atrophies musculaires partielles que l’on observe au cours ou à la suite des arthrites.
L 'atrophie musculaire peut exister en dehors du rhumatisme. Dans le rhumatisme lui-même, elle peut être généralisée, de sorte qu’il est difficile de la rattacher aux arthrites elles-mêmes, quand l’atrophie se montre dans un membre que celles-ci n’atteignent pas. Aussi la pathogénie de l’amyotrophie estelle des plus discutées. Si elle peut reconnaître la même origine que les atrophies musculaires par lésion articulaire, origine qui est elle-même discutée, son mécanisme reste inconnu lorsqu’elle est généralisée. Quelquefois enfin elle paraît liée à une lésion médullaire ou nerveuse, et accompagne soit une névralgie, soit une myélite blennorrhagique.
MALADIES VÉNÉRIENNES
Complications nerveuses. — Les névralgies ne sont pas très rares soit isolées, soit associées au rhumatisme blennorrhagique. Elles se localisent de préférence sur les nerfs du membre inférieur (A. Fournier), qui est réellement le lieu de prédilection des complications de la blennorrhagie. Elles atteignent, dans la règle, soit un des nerfs sciatiques, soit les deux : il faut, comme 'enseignait Gosselin, se garder de prendre pour une sciatique la douleur causée par une arthropathie sacro-iliaque, localisation souvent méconnue du rhumatisme blennorrhagique.
L’attention a été appelée dans ces dernières années sur les myélites blennorrhagiques par plusieurs travaux, entre autres un mémoire de Hayem et Parmentier, mais la question est à peine éclaircie au point de vue symptomatique, et on ne connaît ni l’anatomie pathologique ni la pathogénie de ces lésions.
Au dixième ou vingtième jour d’une blennorrhagie aiguë, on voit se développer des symptômes de myélite. Tantôt ce sont des troubles sensitifs variés, névralgies sciatique ou crurale, douleurs en ceinture, douleurs rachidiennes spontanées que réveille la pression sur la région lombaire du rachis, parfois des plaques d’anesthésie ou d’hyperesthésie sur les membres inférieurs; même dans cette forme où les troubles sensitifs prédominent, il y a une parésie musculaire évidente.
D’autres fois, les troubles moteurs prédominent. Plus ou moins rapidement, il se développe une paraplégie flasque, progressive, avec exagération des réflexes rotuliens et presque toujours trépidation épileptoïde; en même temps se produit une atrophie musculaire rapide et générale.
Parfois encore, troubles sensitifs et moteurs marchent de pair.
Les accidents aigus disparaissent en deux ou trois semaines, mais laissent à leur suite des troubles de sensibilité, des troubles moteurs, de l’atrophie musculaire et, si la blennorrhagie uréthrale persiste, un retour des accidents spinaux est toujours possible.
On ne sait rien sur les caractères macroscopiques et microscopiques des lésions méningo-médullaires qui correspondent à ces symptômes.
Y a-t-il dans la blennorrhagie, au cours ou en dehors du rhumatisme, des complications cérébrales? Des accidents rappelant le rhumatisme cérébral ont été signalés autrefois, mais on est en droit de douter de leur existence.
Panas a rapporté un fait de névrite optique qu’il considère comme résultant d’une méningite basilaire d’origine blennorrhagique.
Complications cardio-vasculaires. — Il existe une trentaine d’observations de cardiopathies blennorrhagiques. Ces complications peuvent accompagner un rhumatisme ou en être totalement indépendantes.
Elles se présentent sous forme de péricardite séreuse, d’endocardite localisée ordinairement à la valvule mitrale ou même de myocardite. En général, elles ne revêtent pas le type de l’endocardite ulcéreuse aiguë, mais procèdent insidieusement, et c’est par hasard qu’on trouve au cours de la blennorrhagie une lésion cardiaque. Peut-être, si on auscultait tous les blennorrhagiques, trouverait-on plus souvent des altérations au moins fonctionnelles du cœur. Arnozan et Cheminade signalent la lenteur du pouls au cours de la blennorrhagie |
BLENNORRHAGIE
(en l’absence de complications fébriles, rhumatisme, etc.), des irrégularités possibles, et, à l’examen du cœur, des souffles légers et passagers, le dédoublement du premier ou du deuxième bruit.
La pathogénie des cardiopathies blennorrhagiques n’est pas élucidée : il est possible qu’ils aient une origine gonococcique, mais, comme l’a fait observer Lion, le fait n’est pas prouvé en l’absence de faits précis établissant l’existence du gonocoque dans le sang.
La phlébite blennorrhagique est rare. On l’observe sur les membres inférieurs.
Appareil respiratoire. — Signalons, pour mémoire, la laryngite blennorrhagique, associée, en général, à une poussée d’érythème, mais qui peut être isolée, et la pleurésie séreuse, liée ou non à une cardiopathie, quelquefois purulente et qui constitue alors une complication pyohémique.
Complications oculaires. — On peut voir survenir, en même temps que d’autres complications générales de la blennorrhagie, divers accidents oculaires : conjonctivite catarrhale, kératite, iritis séreuse; mais ces manifestations sont du ressort de la chirurgie et ne doivent pas plus trouver place ici que les conjonctivites purulentes survenant par inoculation directe chez les adultes atteints de blennorrhagie ou chez les nouveau-nés contagionnés par leur mère blennorrhagique.
Accidents cutanés. — On trouve, dans la littérature médicale, quelques observations d’éruptions au cours de la blennorrhagie, survenant en l’absence de traitement par les balsamiques. L’étude en a été faite récemment par Perrin.
La fréquence en est discutable. En fait, s’il est rare d’observer des éruptions en l’absence de traitement par les balsamiques, il est rare aussi d’observer des blennorrhagies où ils n’aient pas été employés, et, comme le fait remarquer Ern. Besnier, les érythèmes balsamiques, en l’absence de blennorrhagie, sont mal connus.
Les érythèmes des blennorrhagiques se présentent tantôt sous l’aspect d’érythème polymorphe, tantôt sous celui d’érythème scarlatiniforme ou rubéoliforme. Ils apparaissent à la période d’acuité de l’écoulement, le plus souvent précédés par quelques prodromes généraux, accompagnés de manifestations muqueuses fugaces et disparaissent en huit ou dix jours. Il n’est pas rare d’observer en même temps des manifestations articulaires.
Le diagnostic repose avant tout sur la présence de la chaudepisse; objectivement, il est impossible. C’est par l’étiologie et l’évolution surtout qu’on élimine les fièvres éruptives, mais tous les érythèmes à marche non cyclique ne seront distingués que par l’absence d’écoulement uréthral. Perrin déclare impossible le diagnostic avec les éruptions balsamiques, il admet que les balsamiques peuvent déterminer les éruptions blennorrhagiques et servir en quelque sorte de cause occasionnelle.
Les hypothèses suivantes ont été émises au sujet de la pathogénie de ces éruptions : infection gono-hémique ; infection secondaire; troubles angionerveux ; action des toxines blennorrhagiques : aucune d’elles ne repose sur des bases solides.
MALADIES VÉNÉRIENNES
Le purpura blennorrhagique doit être mis bien plus sur le compte du surmenage, de la fatigue, des excès, que sur celui de la blennorrhagie : il présente presque toujours les caractères du purpura rhumatoïde.
Bibliographie :
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GÉNÉRALITÉS