‹ Traité de médecine (volume 2)Chapitre 40 sur 109 · FAVUS DES RÉGIONS GLABRES · texte numérisé non relu

FAVUS DES RÉGIONS GLABRES

Sur les parties glabres, le favus peut se présenter, comme au cuir chevelu, sous la forme de godets jaunes, caractéristiques ; mais ces godets sont plus disséminés et moins nombreux, et ne se réunissent pas en larges surfaces comme dans la teigne faveuse invétérée ; leur ablation laisse une surface rouge sur laquelle peuvent repousser des godets analogues. D’autres fois, les godets sont moins nets, peu étendus, et la présence de l’achorion se manifeste principalement par la rougeur des téguments sous forme de petits anneaux ou de nappes irrégulières, parsemées de squames blanchâtres ou jaunâtres.

Le tronc et les membres peuvent être le siège de ces lésions dont la guérison est facile en apparence, mais dont les récidives sont ordinaires, à échéances plus ou moins éloignées et peuvent s’échelonner sur un nombre d’années considérable. Elles coexistent ordinairement avec des lésions semblables du cuir chevelu, mais peuvent leur survivre.

Le diagnostic en est facile et repose essentiellement sur la coïncidence avec le favus du cuir chevelu, sur la coloration spéciale des godets et sur la recherche du parasite au moyen du microscope.

Le traitement consiste dans l’enlèvement des godets au moyen d’applications savonneuses et de lavages, suivis de badigeonnages à la teinture d’iode et de lotions parasiticides.

FAVUS DES ONGLES

Le favus des ongles est peu fréquent, quoique les exemples en passent souvent inaperçus, confondus avec diverses onychopathies mal déterminées.

Il accompagne ordinairement le favus du cuir chevelu, auquel il peut survivre parfois pendant des années : consécutif à l’insertion du parasite sous l’ongle pendant le grattage des téguments recouverts de favus, il peut servir à son tour à transmettre la maladie à des portions de peau encore indemnes. Fabry l’a observé aux ongles des orteils.

L’ongle atteint de favus prend un aspect irrégulier, parfois rocailleux; il présente une série de renflements et de nodosités et des taches d’un jaune soufre ou d’un jaune maïs qu’on aperçoit à travers les couches unguéales : il est soulevé en totalité plutôt qu’épaissi; il peut être déraciné et relevé sur ses bords.

L’examen microscopique peut seul permettre de reconnaître la nature de ces lésions et encore l’achorion est-il, au niveau des ongles, difficile à distinguer du trichophyton, de sorte que le diagnostic repose surtout sur les anté-

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