II. — CHORÉE DE BERGERON
Bibliographie : Bergeron, in Thèse de Berland, Paris, 1880. — Guertin, Thèse de Paris, 1881. — Hénoch, Berlin, klin. Wochenschrift, 1883. — Tordeus, |De l’électrolepsie. Journal de Bruxelles, 1883. — Lannois, Thèse d'agrégation, Paris, 1886. — Pott, Ueber einen Fall von Chorea electrica. Münchener medicinische Wochenschrift, n“ 9, 1890. — Bouveret et Curtillet, Un cas de myoclonie (chorée électrique de Bergeron). Lyon médical, 19 sept. 1890, p. 213. — Massalongo, Corea elettrica o mioclonia elettroid di origine gastrica. La Ri forma medica, 20 août 1892, n° 190, p. 471 .
Le premier travail où se trouvent exposés les caractères de l’affection est la thèse de Berland faite sous l’inspiration de Bergeron en 1880. Divers travaux lui ont été consacrés depuis, la thèse de Guertin, le mémoire de Tordeus. Hénoch l’étudie à nouveau avec beaucoup de développements en 1885, d’où le nom de chorée électrique de Berger on- Hénoch qui lui est attribuée par certains auteurs. En dehors des observations isolées, relativement nombreuses, qui lui ont été consacrées, nous citerons un mémoire de Massalongo, qui pense que la chorée de Bergeron n’est qu’une variété de paramyoclonus, et défend l’origine gastrique du trouble, soupçonnée déjà autrefois par M. Joffroy.
On sait très peu de chose sur les causes de la chorée de Bergeron. Ce sont surtout les enfants qui en sont frappés, et le plus souvent entre 7 et 14 ans; il ne paraît pas que les garçons soient plutôt affectés que les filles.
On a invoqué comme prédisposition : l’hérédité nerveuse et la chloro-anémie. Dans plusieurs cas le développement de la maladie a semblé reconnaître l’influence d’une frayeur, d’une émotion morale vive et pénible.
Déjà M. Joffroy avait pensé qu’on pouvait subordonner les convulsions à des troubles gastriques, en les rapprochant des accidents tétaniformes rapportés au cours de la dilatation de l’estomac par Bouchard, Kussmaul et Hanot. Des recherches plus récentes, les travaux de Brieger, ceux surtout de Bouveret et Dévie (*), sont venus donner un appui plus consistant à cette théorie, qui a été reprise par Massalongo. Pour cet auteur, il existerait une variété de chorée électrique qui équivaudrait aux manifestations d’un système nerveux altéré par des substances toxiques d’origine gastrique, aussi le traitement de l’estomac serait-il alors curatif des accidents convulsifs.
La chorée de Bergeron a un début brusque et elle arrive d’emblée à son summum d’intensité. Elle consiste en des secousses brusques, rapides, « qui semblent être l’effet d’une décharge électrique répétée d’une façon rythmique, à intervalles rapprochés ou à plusieurs minutes de distance ». Ces secousses, malgré leur intensité, n’empêchent pas les mouvements volontaires. Elles sont involontaires et paraissent même s'exagérer, pour peu que le petit malade cherche à les empêcher. Elles disparaissent complètement pendant le sommeil. Elles n’affectent aucune symétrie dans les parties du corps qui en sont atteintes, mais parfois observent un certain rythme dans leur répétition.
Quant à leur répartition, elles peuvent être localisées, à la tête et aux
(') Bouveret et Devic, Tétanie d’origine gastrique. Revue de médecine, 1892, nos 1 et 2.
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membres, mais le plus ordinairement elles sont généralisées. A la tête les spasmes déterminent de brusques mouvements d’ensemble, d’extension ou de flexion. Au tronc, on constate une rapide inclinaison en avant ou en arrière : les épaules s’élèvent et s’abaissent en un rien de temps, puis les bras se rapprochent et s’écartent du tronc. Les secousses sont tellement vives et fréquentes que le plus habituellement le sujet doit renoncer à toute occupation. Parfois elles s’organisent en véritables paroxysmes dans l’intervalle desquels s’observe un calme relatif. Les muscles respiratoires peuvent participer aux spasmes, et il en résulte des bruits involontaires, parfois des sortes d’éructations. Les mouvements sont exagérés par les émotions de toute nature.
Chez une malade de M. Joffroy, la compression du nerf facial suspendait les spasmes de la face.
Les convulsions ne s’accompagnent d’aucun autre trouble. La force dynamométrique, les réactions électriques des muscles, sont indemnes. La sensibilité de la peau reste normale. Parfois l’état mental est légèrement affecté, et l’on constate de la tristesse ordinaire ou de l’angoisse au moment des accès. Les divers appareils ne présentent pas d’altérations, sinon qu’il peut exister — et on devra la rechercher — la dilatation de l’estomac, cause, pour certains auteurs, de l’auto-intoxication productive de la maladie,
L’évolution de l’affection est en général rapide, et elle se termine toujours par la guérison, qui parfois a succédé rapidement à l’absorption d’un vomitif. Le traitement de l’estomac devra en tous cas être institué, puisqu’on lui devrait des guérisons avérées.