CHAPITRE I
La protubérance annulaire est un lieu de passage pour les fibres nerveuses qui réunissent les noyaux bulbaires et les cellules de la moelle aux centres supérieurs, hémisphères et corps opto-striés. A son niveau, les nerfs qui vont aux centres bulbaires subissent un entre-croisement, les conducteurs venus de l’hémisphère droit passant à gauche et vice versa. Le faisceau moteur des membres (faisceau pyramidal) s’entre-croise plus bas (collet du bulbe). Il en résulte qu’une lésion portant sur la protubérance intéresse les noyaux bulbaires après leur entre-croisement et le faisceau pyramidal avant son entre-croisement. Dans ces conditions, les lésions unilatérales de la protubérance donneront des paralysies des nerfs crâniens homonymes ou directes, une lésion droite produisant une paralysie droite; les paralysies des membres seront croisées, c’est-à-dire placées du côté opposé à la lésion. La coïncidence d’une paralysie directe pour les nerfs crâniens (VI et VII) et croisée pour les membres, produira le complexus symptomatique désigné sous le nom de paralysie alterne ou syndrome de Miïlard-Gubler (').
C’est le cas habituel dans les affections protubérantielles. — Nous ferons remarquer que si la lésion siège à la partie supérieure de la protubérance, elle peut intéresser le facial avant son entre-croisement et donner une hémiplégie analogue à l’hémiplégie d’origine cérébrale. Ce sera une hémiplégie croisée pour les membres et pour la face. Il faut remarquer que, dans ces cas, il y a souvent coïncidence d’une paralysie de la 12% de la 6e et de la 5U paires (motrices). Parfois aussi existe une anesthésie assez marquée des régions paralysées. Tous ces symptômes surajoutés sont loin d’être la règle dans les hémiplégies d’origine cérébrale; ils plaideront en faveur d’une lésion protubérantielle, quand il faudra établir le diagnostic.