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TUMEURS DE LA PROTUBÉRANCE

Beaucoup d’auteurs ont confondu à tort, dans leurs descriptions, les tumeurs développées dans l’intérieur de la protubérance avec les compressions de la protubérance, dues à des tumeurs de la base du crâne. Les premières nous arrêteront seules dans cet exposé.

Parmi les tumeurs de la protubérance, il faut signaler : les tubercules qui

(l) Gomdault, Arch. de méd. expérim., 1892.

(*) Hallopeau, Arch. de physiologie, 1876, p. 79i.

MALADIES DE LA PROTUBÉRANCE ANNULAIRE

sont de grosseur variable, peuvent atteindre les dimensions d’une noisette et se rencontrent assez souvent chez les enfants.

Le gliome ou sarcome névroglique,

Le cancer,

Les gommes syphilitiques ,

Les kystes et les abcès.

Symptômes. — Il fallait s’attendre à retrouver, dans les tumeurs de la protubérance, la grande variété de symptômes que nous avons rencontrés au cours des hémorrhagies et des ramollissements. Nous aurions même réuni toutes ces affections dans une même étude, si nous n’avions voulu insister d’une manière toute spéciale sous l’évolution des tumeurs protubérantielles.

Ici, comme dans les tumeurs cérébrales, existent une série de prodromes importants à relever. La céphalalgie , les vomissements, les vertiges sont fréquents. Il y a des accès épileptiformes suivis de faiblesse, de fourmillements dans les membres. Puis lentement les symptômes se précisent, et la paralysie se constitue, en débutant soit par la face, soit par les extrémités. Plus tard l'affection s’étend vers le bulbe ou vers les pédoncules. Les troubles de la parole et de la déglutition, l’affaiblissement de l’ouïe et du goût, la polyurie, la glycosurie, l’albuminurie se rencontrent. Le ptosis et les troubles pupillaires apparaissent.

La 6e et la 7e paires peuvent être respectées. Il existe alors une hémiplégie avec paralysie conjuguée de la 6e paire du côté opposé. Rappelons à ce propos que le muscle droit interne de chaque œil reçoit des filets de la 5e paire et de la 6e. Ces derniers innervent le muscle quand il agit synergiquement avec le droit externe du côté opposé. Par conséquent, une paralysie nucléaire de la 6e paire entraîne la perte des mouvements synergiques du droit interne du côté opposé (‘j.

Les troubles de la sensibilité sont inconstants. Ils se superposent aux lésions paralytiques. Il peut y avoir hyperesthésie.

L’évolution de la maladie est toujours lente et progressive. C’est l’extension des lésions aux centres bulbaires inférieurs qui amène la mort.

Diagnostic. — Le diagnostic est basé sur l’évolution lente, avec marche extensive des symptômes. Les phénomènes spasmodiques, les troubles de la sensibilité, l’hémiplégie alterne avec déviation conjuguée des yeux, sont les principaux éléments qui serviront à différencier les tumeurs protubérantielles de la méningite basilaire.

Les tumeurs comprimant la protubérance donnent au début les mêmes symptômes que la compression du bulbe et de la moelle. Il y a affaiblissement graduel des quatre membres. Plus tard l’apparition de la paralysie du facial et de la 6e paire font le diagnostic.

Pour établir le diagnostic de la cause, il faudra rechercher dans les antécédents du sujet l’existence possible de la syphilis ou de la tuberculose.

En dehors de ces deux affections, tout diagnostic de cause est impossible Cette recherche devra être faite avec le plus grand soin, et guidera dans l’application d’un traitement.

(*) Parinaud et Georges Guinon, Note sur un cas de paralysie, des 6e et 7e paires avec atteinte de l’orbiculaire des paupières, compliquée d’hémiplégie du même côté. Nouv. Icon. de la Salpêtrière, 1890, n° 5. Georges Guinon et Blocq, Note sur un cas de paralysie conjuguée de la 6P paire. Arch. de méd. expér., 1891.

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