LÉSIONS DES PEDONCULES CÉRÉBRAUX
Les lésions des pédoncules cérébraux, qu’il s’agisse d’hémorrhagies, de ramollissements ou de tumeurs ayant détruit les fibres nerveuses de la région, peuvent donner lieu à une variété particulière d’hémiplégie alterne décrite par Weber (*) et à laquelle on a conservé le nom de syndrome de Weber. Dans ses grandes lignes, le syndrome est caractérisé par la paralysie directe de la 3e paire d’un côté et par une paralysie des membres, de la 7e et de la 12e paire du côté opposé. L’anatomie nous explique la raison d’être de ce cas particulier. En effet, au niveau des pédoncules le tronc de la 3e paire est constitué et l’entre-croisement de ses fibres a eu lieu. Il n’en est plus de même pour les autres nerfs bulbaires et pour le faisceau pyramidal dont la décussation a lieu plus bas. De là l’origine du type alterne spécial à cette paralysie.
La paralysie du moteur oculaire commun n’est pas toujours complète. Le plus souvent même elle se limite à la musculature extérieure et respecte les muscles intrinsèques. Cependant, lorsque la lésion est très étendue, toutes les fibres sont intéressées. Il en est de même quand la lésion est située près de l’émergence du nerf, alors que tous les filets qui concourent à sa formation se sont réunis.
L’hémiplégie pédonculaire ne présente pas de particularités et ne se distingue pas de l’hémiplégie d’origine capsulaire, sauf dans les cas où, la lésion étant très étendue ou siégeant dans la région externe, on voit l’hémianesthésie se superposer aux troubles de la motilité.
On a noté également, dans le syndrome de Weber, l’existence de troubles vaso-moteurs.
Le diagnostic des lésions pédonculaires se résume tout entier dans l’existence du syndrome de Weber.
Les hémorrhagies et les ramollissements se produisent brusquement.
Les tumeurs ont une marche plus lente. Elles sont plus rarement unilatérales et empiètent souvent sur le côté opposé. Le début peut s’accompagner de spasmes, de vertiges, de céphalalgie. Les troubles de la sensibilité sont plus rares. On peut voir apparaître les troubles bulbo-protubérantiels quand la tumeur gagne en étendue.
Quelle que soit l’importance du syndrome de Weber pour établir le diagnostic des lésions pédonculaires, il ne faut pas oublier qu’il peut exister dans d’autres affections.
Les lésions de la base du cerveau comprenant la 3e paire et le pédoncule donnent lieu aux mêmes symptômes. Dans ces cas la marche est très lente et s’accompagne de symptômes d’irritation. Les deux pédoncules sont souvent intéressés.
(*) Weder, Med. Chir. Trans., 1867.
MALADIES DE LA PROTUBÉRANCE ANNULAIRE
L’ hystérie, ainsi que l’a montré Charcot (*), peut simuler le syndrome de Weber. Mais le ptosis est de nature spasmodique et dû à l’hémispasme facial. Il y a de petites secousses convulsives quand le malade veut ouvrir son œil. De plus l’abaissement du sourcil malade, qui est au contraire relevé dans le ptosis paralytique, l’exagération de l’asymétrie quand on commande d’ouvrir les yeux, signes provoqués par l’hémispasme facial, l’anesthésie de la cornée, l’évolution particulière de l’affection et l’existence des stigmates de l’hystérie permettront d’établir le diagnostic.