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LÉSIONS BULBAIRES EN FOYER

Ces lésions sont certainement beaucoup plus rares que celles qui s’étendent à la fois au bulbe et à la protubérance.

Leur symptomatologie est pourtant assez spéciale pour mériter une description isolée et pour qu’il soit possible de les différencier de la paralysie nucléaire progressive.

(*) Thomsen, Arch. f. Psych., 1890, Bd. XXI, p. 806.

PA R A LYSIE LABIO-GLOSSO-LARYNGÉE .

Le début se fait par un ictus. C’est donc une paralysie bulbaire apoplectiforme^). Les membres supérieurs et inférieurs sont frappés de parésie ou même de paralysie, sans qu’on puisse relever de troubles notables de la sensibilité.

En quelques heures la maladie est constituée et l’on a vu s’établir une paralysie bulbaire plus ou moins complète. Les troubles de la parole, de la déglutition, de la phonation prédominent. Quand la dixième paire est atteinte, on constate la dyspnée, les modifications du pouls, le hoquet, la toux, les vomissements.

Il est plus rare d’observer en même temps la paralysie du facial, l’anesthésie de la face, la parésie dans le mouvement du maxillaire inférieur (cinquième paire). Ces symptômes relèvent plutôt des lésions bulbo-protubérantielles.

C’est surtout avec les paralysies pseudo-bulbaires d’origine cérébrale que la confusion serait possible. L’absence des réflexes appartient plutôt aux lésions bulbaires. Les troubles respiratoires sont moins marqués en général dans les paralysies pseudo-bulbaires. L’existence d’une hémiplégie ancienne et le développement d’un nouvel ictus s’accompagnant du syndrome bulbaire atténué sont tellement classiques dans l’histoire des paralysies pseudo-bulbaires d’origine cérébrale, qu’il ne faudrait pas hésiter, dans un cas de ce genre, à rejeter le diagnostic de lésion bulbaire en foyer quand bien même les réflexes seraient disparus.

HÉMORRHAGIES BULBAIRES.

Très rares, ces Hémorrhagies, lorsqu’elles se font au voisinage de l’épendyme ou qu’elles sont un peu abondantes, viennent faire irruption dans le 4e ventricule et amènent la mort foudroyante.

Parfois cependant le tableau symptomatique est différent. Il peut y avoir attaque d’apoplexie amenant la mort en quelques heures avec des troubles cardiaques et respiratoires.

Dans certains cas l’Hémorrhagie est le point de départ d’une paralysie bulbaire dont on peut suivre les différentes phases.

Senator rapporte un cas dans lequel l’Hémorrhagie bulbaire aurait produit une paralysie bulbaire aiguë sans ictus initial.

Le diagnostic se fait à l’amphithéâtre. L’attaque d’apoplexie et toutes les autres causes de mort subite offrent les mêmes caractères. Quand une paralysie bulbaire succède à un ictus, il faut, si l’on rejette le diagnostic de paralysie pseudobulbaire cérébrale, penser à un ramollissement plutôt qu’à une Hémorrhagie.

Nous n’avons pas à insister sur l’étiologie et l’anatomie pathologique de l’Hémorrhagie bulbaire. Les causes et les lésions de cette affection se confondent avec celles de l’Hémorrhagie cérébrale.

RAMOLLISSEMENT BULBAIRE

Étiologie. — Nous pourrions répéter, à propos du Ramollissement bulbaire, ce que nous disions de l’Hémorrhagie bulbaire. Ces affections ont le même

(*) Senator, Apoplektische Bulbârparalysie mit welchselstandiger Empfîndungslâhmimg. Arch. f. Psychiat., Bd. XI.

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MALADIES DU BULBE

mécanisme que les affections cérébrales correspondantes. L’embolie, la thrombose, développées dans une artère athéromateuse ou à la faveur de l’artérite syphilitique, amènent l’oblitération de l’artère vertébrale ou de ses branches et produisent l’ischémie du territoire nerveux correspondant.

Symptomatologie. — Le début est variable. L’attaque d’apoplexie peut manquer, et c’est après quelques troubles vertigineux, avec vomissements, céphalalgie, lipothymie, que l’on voit se développer une paralysie bulbaire aiguë. Aux symptômes bulbaires s’ajoutent la parésie ou la paralysie des membres.

L’état vertigineux que nous signalions au début peut persister et réaliser une perte Üe la notion d’équilibre plus ou moins complète. Chez un malade, la station debout était impossible. Il titubait, chancelait et tombait du côté gauche. A l’autopsie on constata une thrombose de l’artère vertébrale gauche.

Certains troubles sensitifs particuliers ont été signalés. Il y avait anesthésie croisée dans un cas de thrombose de l’artère vertébrale gauche, avec ramollissement de toute la partie inférieure du bulbe.

Marche. Terminaison. — L’évolution est variable. L’on a vu certains cas de survie avec atténuation des symptômes bulbaires. Le plus souvent, après quelques jours surviennent des troubles respiratoires et cardiaques qui emportent le malade. Il y a des cas de mort subite. Lichtheim a signalé la dégénération secondaire des faisceaux pyramidaux avec les symptômes habituels (contractures, exagération des réflexes).

Diagnostic. - L’apparition d’une paralysie bulbaire apoplectiforme permet de poser le diagnostic de ramollissement bulbaire.

Inutile d’insister sur le diagnostic étiologique. 11 se confond avec celui du ramollissement cérébral. L’examen du cœur et des vaisseaux, la recherche de la syphilis s’imposent et permettent quelquefois de rattacher le développement du ramollissement à l’embolie ou à la thrombose.

Le diagnostic de sclérose latérale amyotrophique sera écarté, quand même il y aurait contracture et atrophie musculaire,- si l’on connaît le début apoplectiforme de la maladie.

Traitement. — Larévulsion del’iodureetle bromureà petitesdoses et, sil’on soupçonnelasyphilis.letraitementmercurieletioduréàhautesdoses, s’imposent.

Nous n'insisterons pas sur les TUMEURS DU BULBE, gliomes, sarcomes, tubercules. Au point de vue anatomo-pathologique, elles ne présentent rien de particulier. Les symptômes auxquels elles donnent naissance sont essentiellement variables et dépendent du siège et de l’étendue des destructions nucléaires. On trouve différemment combinés, suivant le cas, les troubles moteurs des membres et les paralysies bulbaires supérieures ou inférieures. Leur évolution graduelle et progressive s’accompagne des troubles céphaliques que l’on rencontre dans l’histoire des tumeurs cérébrales.

Les ABCÈS DU BULBE sont signalés dans deux autopsies d’Eisenlohr (J). La rareté de ces faits et l’impossibilité où l’on se trouve habituellement d’en établir le diagnostic ne permettent que d’en faire simplement mention.

C1) Eisenlohr, Deutsche Med. Woch., 1892, n" 6, p. 111.

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