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AFFECTIONS MÉDULLAIRES PAR INFECTIONS ET MALADIES GÉNÉRALES

Les Maladies Infectieuses jouent un rôle considérable parmi les causes des affections médullaires, et c’est à elles qu’est dû sans conteste le plus grand nombre de ces affections. Ou’on en juge : myélites transverses et myélites par compression dues à la Syphilis, méningo-my élites tuberculeuse, cérébro-spinale épi-

(•) OppenheiM, Archiv. für Psychiatrie, t. XIX, fasc. 2.

(2) Nonne, Klin. u. Anat. Untersuch. eines Falles von Poliomyelitis anterior chronica. Deutsche Zeitschrift für Nervenheilkunde, 1892, p. 136.

(3) Il me semble d’ailleurs illogique d’admettre, après les recherches de Golgi, Ramon y Cajal, von Lenhossek, Kôlliker, etc., sur la structure de la moelle, que les cellules des cornes antérieures puissent disparaître sans que dans différents points des faisceaux blancs de la moelle un certain nombre de fibres dégénèrent. A la poliomyélite doit donc s’ajouter presque toujours un degré plus ou moins prononcé de leucomyélite.

(4) G. II. Roger, Atrophie musculaire progressive expérimentale. Académie des sciences, octobre 1891. — Bourges, Myélite aiguë diffuse expérimentale produite par l’érysipélocoque. Société de Biologie, 18 février 1893. — IL Vincent, Sur un cas expérimental de poliomyélite infectieuse aiguë ayant simulé le syndrome de Landry. Archives de médecine expérimentale, 1893, n° 3, p. 376.

MYÉLITES.

démique, blennhon-hagique, etc... ; tabes; sclérose en plaques; paralysie infantile; paralysie spinale aiguë cle V adulte, etc., sans compter les cas dits de névrites périphériques qui pourront un jour ou l’autre reprendre leur place parmi les affections médullaires. Voilà une énumération qui comprend plus des deux tiers des maladies de la moelle. En fait, on peut dire qu’à part les Maladies Familiales et la Sclérose latérale amyotrophique (dont nous ignorons absolument l’étiologie), toutes les affections de la moelle sont dues, soit à une Infection, soit à une Intoxication venue ou du dedans ou du dehors. Souvent même il arrive que ces deux processus se combinent entre eux, et l’on voit l’Infection [cela aurait lieu notamment pour la syphilis (Strümpell)] agir sur les fibres et sur les cellules nerveuses au moyen de la toxine qui, sous son influence, est sécrétée dans l’organisme. Dans d’autres cas, au contraire, et j’aurais quelque tendance à ranger parmi ceux-ci certains faits de Sclérose en plaques, il semble que l’agent infectieux agisse en nature, directement, en formant des foyers susceptibles d’extension autonome et même de généralisation.

Les Maladies Infectieuses les plus diverses peuvent exercer une action pathogène par rapport à la moelle ; il serait difficile de les énumérer toutes. Parmi celles qui sont le plus fréquemment en jeu, il faut citer : en première ligne la Syphilis , puis les Maladies Éruptives ( variole , scarlatine, rougeole , etc...), la fièvre typhoïde , Y érysipèle, les septicémies, les infections dues au pneumocoque, d’autres encore, enfin reste tout le groupe des infections innommées.

Nous aurons à revenir sur ce sujet à propos des principaux types de maladies de la moelle qui feront l’objet des différents chapitres de ce Traité, il est donc inutile d’y insister ici. Nous nous bornerons à mentionner quelques-uns des faits (*) qui ne trouveront pas place dans la description de ces types.

C’est ainsi que Hayem et Parmentier (*), puis II. M.-W. Dufour(3), ont appelé l’attention sur les méningo-myélites à marche aiguë ou subaiguë qui se développent quelquefois au cours de la blennorrhagie-, ces recherches ont été confirmées par celles de Spillmann et Haushalter et par celles de Raynaud.

D’autre part, G. -H. Roger a pu, en inoculant à des lapins des cultures du streptocoque de l'érysipèle, déterminer chez ces animaux le développement d’une maladie chronique rappelant assez bien l’Atrophie musculaire progressive et s’accompagnant d’une dégénérescence manifeste des cellules ganglionnaires des cornes antérieures ; — les racines antérieures, les troncs nerveux et les ramuscules périphériques des nerfs demeurant intacts.

Enfin Yinfluenza, avec ses innombrables localisations, peut également déterminer des affections médullaires, ainsi qu’on en trouve des exemples dans la compendieuse bibliographie à laquelle cette infection a donné lieu dans ces dernières années.

En terminant ces généralités sur les affections médullaires d’origine infectieuse, il est bon de faire remarquer que chez les individus morts à la suite

(') Il conviendrait de citer ici les recherches de Babinski et Charrin sur une affection spasmodique de la moelle produite chez les animaux par l’action du bacille pyocyanique. Mais ces faits, d’après M. Bouchard, seraient peut-être susceptibles d’une autre appréciation.

(*) Hayem et Parmentjer, Contribution à l’étude des manifestations spinales de la blennorrhagie. Revue de médecine, 1888.

(5) H. M. W. Dufour, Des Méningo-myélites blennorrhagiques. Thèse de Paris, 1889, n° 4.

MALADIES INTRINSÈQUES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

d’une infection aiguë (et je dois tout particulièrement mentionner ici la diphthérie et l’ictère grave), les lésions de la moelle (comme d’ailleurs celles de presque toutes les parties du système nerveux central) présentent une extension tout à fait extraordinaire ; on peut s’en rendre compte en employant le procédé de Marchi. Il est fort vraisemblable que ces lésions existent dans beaucoup d’infections un peu sévères, mais avec des intensités diverses. C’est là un fait qu’il est bon de connaître, sous peine d’attribuer à une affection médullaire préexistante des lésions dues uniquement à la maladie intercurrente terminale.

Les maladies générales diverses, infectieuses ou non, peuvent exercer une action analogue sur la moelle. A cet égard, il convient de citer les travaux de Lichtheim(‘) et de son élève Minnich; ces auteurs ont montré que dans un grand nombre de cas d’anémie pernicieuse on trouve à l’autopsie des lésions surtout des cordons postérieurs (2). Des lésions plus ou moins analogues peuvent encore s’observer dans d’autres maladies, telles que l’ictère chronique, la maladie d’Addison, etc....

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