PELLAGRE
sur les inductions que permet l’étude des phénomènes cliniques. La production d’une paraplégie spasmodique aussi nettement caractérisée avait induit certains auteurs (Brunelli, Pierre Marie) à admettre qu’il s’agit dans le Lathyrisme d’une lésion analogue à celle que l’on assignait au tabes dorsal spasmodique, c’est-à-dire d’une altération primitive des cordons latéraux. En considérant les choses de plus près, et laissant de côté le tabes dorsal spasmodique, qui n’a rien à faire ici, on est conduit à penser qu’il s’agit là, comme toujours, d’une altération des cellules de la substance grise, altération qui aurait pour résultat un certain degré de dégénération secondaire des cordons latéraux et par conséquent la production des phénomènes spasmodiques. La localisation très étroite de ces phénomènes spasmodiques indique le peu d’étendue en hauteur de la lésion, qui pourrait être comparée plus ou moins à une myélite transverse ; les troubles urinaires et génitaux sont un nouvel argument en faveur d’une lésion de la substance grise. Mais cette altération de la substance grise est-elle véritablement « en foyer », c’est-à-dire s’agit-il d’une destruction grossière de toute la région, comme le ferait un ramollissement de la moelle (Proust)? Les améliorations et même les guérisons constatées dans la plupart des cas ne tendraient pas à le faire croire, bien que la brusquerie du début signalée par quelques auteurs puisse être invoquée en faveur de cette manière de voir. Il semble plus probable que le Lathyrisme exerce une action élective sur une certaine région de la substance grise médullaire et sur certains éléments de celle-ci. L’étude des cas de ce genre, soit chez l’homme, soit chez les animaux, semble devoir permettre de pénétrer le mécanisme de production d’un certain nombre d’affections médullaires, tout au moins de celles qui s’accompagnent de paraplégie spasmodique.