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CHAPITRE

HÉMORRHAGIES MÉNINGÉES

On désigne sous le nom d’hémorrhagie méningée ou d’apoplexie méningée tout épanchement de sang qui s’effectue à la surface de l’une quelconque des membranes d’enveloppe de l’encéphale ou de la moelle. On comprend donc sous ce terme toutes les hémorrhagies qui se font, soit dans la cavité crânienne, soit dans la cavité rachidienne, en dehoi’s de la substance nerveuse encéphalique ou médullaire. Le siège de l’épanchement sanguin peut être très différent. Aussi est-il important d’établir tout de suite des divisions dans un sujet aussi complexe. Il faut distinguer tout d’abord les hémorrhagies intra-crâniennes et les hémorrhagies intra-rachidiennes. Ces dernières appartiennent à la pathologie médullaire : nous n’avons pas à nous en occuper ici. Nous n’envisagerons que les méningorrhagies intra-crâniennes.

Parmi celles-ci, il y a lieu de distinguer en premier lieu une variété particulière d’hémorrhagie méningée, qui se rattache à une affection bien définie de la dure-mère, l’inflammation chronique de cette membrane. La pachyméningite crânienne a une histoire tout à fait autonome. L’hémorrhagie méningée qu’elle détermine et qui s’effectue dans l’épaisseur de la dure-mère ou plutôt dans l’épaisseur des fausses membranes qui la doublent, est liée à son développement et fait partie de son évolution. Cette hémorrhagie méningée n’étant qu’un épisode au cours de la pachyméningite chronique, nous ne distrairons pas son histoire de celle du processus inflammatoire qui lui donne naissance. Ce complexus pathologique est désigné sous la dénomination compréhensive de pachyméningite hémorrhagique. Les noms à' hématome de la dure-mère, à' hémorrhagie méningée secondaire lui sont encore souvent appliqués.

Les autres méningorrhagies sont primitives, en ce sens qu’elles ne sont point précédées d’altérations préparatoires étendues des méninges. Elles résultent évidemment de ruptures vasculaires qui ont pu être préparées ou provoquées par certaines lésions ; mais ces lésions sont le plus souvent localisées et ne relèvent pas d’un processus pathologique spécial.

Les hémorrhagies méningées se font donc en différents points des méninges. Elles peuvent être :

MALADIES DES MÉNINGES

Traitement. — Traitement curatif. — Il n’existe pas de médication efficace contre la méningite tuberculeuse. Le mieux qu’on puisse faire, c’est de ne pas agir par un traitement qui, d’une part, contribuerait à débiliter le malade et d’autre part pourrait ajouter à ses souffrances. Aussi faut-il proscrire avec soin les moyens dits énergiques, tels que les saignées générales ou locales, les moxas, les sétons et les révulsifs (vésicatoires, huile de croton, etc.). La médication devra être purement symptomatique. Les lotions ou affusions froides sur la tête pourront être employées pour modérer la céphalalgie. On opposera : à la fièvre, les antipyrétiques usuels (antipyrine, sulfate de quinine) ; àl’agitation etàl’insomnie, les hypnotiques et les narcotiques (chloral, opium, bromures alcalins, etc.) ; à la constipation, les purgatifs (calomel, drastiques). Dans certains cas d’excitation cérébrale intense ou d’hyperthermie excessive, l’hydrothérapie froide pourra être utilement employée. Il faut bien reconnaître que, même si l’on se borne à l’espoir modeste de combattre ou d’atténuer les symptômes principaux de la maladie, on est loin d’obtenir toujours l’effet désiré. Il importe d’être bien prévenu des multiples déceptions qu’on peut éprouver de ce chef.

L’iodure de sodium ou de potassium, le calomel à doses fractionnées, sont d’ordinaire prescrits. Il n’y a rien à dire d’ailleurs de tous les autres médicaments conseillés par divers praticiens : les préparations de valériane, le musc, les diurétiques, etc., etc.

Il faut considérer comme rationnel l’essai qu’on peut faire des médicaments antiphymiques employés actuellement en injections sous-cutanées, tels que le gaïacol, la créosote, l’iodoforme.

Dans une maladie aussi fatale que la méningite tuberculeuse, le seul espoir que le médecin puisse conserver, c’est celui d’avoir fait un faux diagnostic. Aussi sera-t-il indiqué d’essayer la médication antisyphilitique, sous sa forme mixte et intensive. Il est à supposer qu’on en pourrait quelque jour tirer bénéfice. En tout cas il n’est jamais irrationnel de la mettre en œuvre.

On veillera aux divers soins d’hygiène. On alimentera le malade le plus possible et on le laissera reposer dans le silence et l’obscurité.

Prophylaxie. — • Il y a une double indication prophylactique : 1° éviter la contagion tuberculeuse à l’enfant; 2° le placer dans les meilleures conditions de santé physiques pour résister à cette contagion.

Si le médecin est ici impuissant pour guérir, il faut affirmer qu’il peut beaucoup, dans certaines circonstances, pour prévenir. Les principales mesures d’hygiène qu’il devra prendre n’ont d’ailleurs rien de spécial à la méningite tuberculeuse. Elles visent la tuberculose dans toutes ses manifestations. Il faudra, dans les familles de tuberculeux, veiller avec le plus grand soin à la désinfection des crachats virulents qui sont la source ordinaire de la contagion. Il faudra défendre formellement aux malades de cracher ailleurs que dans des crachoirs disposés à cet effet. On pourra même, si la chose est possible, pratiquer l’isolement des enfants. On devra veiller à l’observation scrupuleuse des règles générales d’hygiène relatives à l’habitation. Les enfants de tuberculeux seront l’objet d’une sollicitude particulière ; on prolongera l’allaitement par une bonne nourrice jusqu’au maximum du terme ordinaire, quinze à dix-huit mois (Jaccoud). On les mettra dans des conditions d’hygiène spéciales : on s’at-

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tachera à les développer physiquement (hydrothérapie, vie à la campagne, exercices physiques, etc.); on leur évitera la fatigue et les veilles. Enfin on es soumettra à un régime cérébral particulier, de façon à leur épargner les efforts intellectuels prolongés ou précoces, et le surmenage. L’emploi des préparations ferrugineuses, iodées, de l’huile de foie de morue, les frictions sèches de la peau trouveront aussi leur indication. On proscrira naturellement avec soin tous les excitants cérébraux (alcools, vin en excès, thé, café, etc.).

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