‹ Traité de médecine (volume 3)Chapitre 60 sur 143 · THROMBOSE ET PHLÉBITE DES SINUS CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

THROMBOSE ET PHLÉBITE DES SINUS CÉRÉBRAUX

b. La thrombose d’un des sinus transverses donne naissance à un affaissement de la veine jugulaire interne et de la veine jugulaire externe du côté affecté. Celle-ci se montre moins distendue que celle du côté opposé. Elle déverse, en effet, facilement le sang qu’elle contient dans la jugulaire interne très peu remplie. Il y a parfois aussi de l’œdème douloureux de la région mastoïdienne, provoqué par la réplétion de la veine émissaire de Santorini et des veines auriculaires postérieures.

L’obstruction des deux sinus transverses peut donner naissance aux symptômes qui caractérisent l’obstruction du sinus longitudinal supérieur.

c. La thrombose de l'un des sinus caverneux détermine la stase dans le domaine de la veine ophthalmique. Il en résulte une exophthalmie de l’œil du côté correspondant, provoquée par l’ectasie des veines rétro-bulbaires et par l'infiltration œdémateuse des tissus de la cavité orbitaire. Cette exophthalmie peut être très prononcée. Il y a de plus de l’injection et de l’œdème de la conjonctive, de l’œdème des paupières et quelquefois de la moitié de la face. La stase dans la veine ophthalmique entraîne des altérations rétiniennes visibles à l’ophthalmoscope : distension et parfois thrombose des veines, congestion et œdème de la rétine, infiltration de la papille. Il y a alors affaiblissement ou perte delà vue. Les nerfs qui sont en rapport avec le sinus caverneux peuvent être aussi plus ou moins affectés. La lésion des nerfs moteurs oculaires commun et externe donne naissance à des paralysies des muscles de l’œil. Celle du trijumeau et des filets sympathiques peut déterminer des troubles trophiques de cet organe.

Lorsque la thrombose s’est étendue à divers sinus, il n’est plus possible de discerner les symptômes qui appartiennent en propre à chacun d’eux.

La phlébite purulente des sinus a une évolution différente de la thrombose marastique. Elle débute brusquement, provoque une fièvre intense avec frissons et céphalalgie. Elle s’accompagne souvent du tableau clinique de la pyohémie (abcès métastatiques, arthrites suppurées) et parfois de la méningite purulente concomitante. Elle a une marche suraiguë et se termine promptement par la mort.

L’évolution de la thrombose des sinus est ordinairement rapide. La durée de la maladie se limite souvent à quelques jours. Mais elle peut se prolonger pendant une ou plusieurs semaines.

Pronostic. — - La mort est la terminaison la plus ordinaire de la thrombose des sinus. La résorption complète du caillot est possible, probable même dans certains cas, mais elle n’a pu être encore anatomiquement prouvée.

Diagnostic. — L’apparition de symptômes cérébraux chez un enfant atteint d’une lésion locale (otorrhée, etc.) susceptible de provoquer une thrombose des sinus, ainsi que chez un cachectique, devra éveiller l’attention au sujet de celte affection. On cherchera alors avec soin les divers signes locaux qui caractérisent l’obstruction de certains sinus. En l’absence de quelques-uns de ces signes, il sera très souvent impossible de faire plus que soupçonner la lésion. On pourra dans certains cas penser à une hémorrhagie méningée, dans d’autres à une méningite tuberculeuse. La constatation d’ailleurs très rare de signes nets d’une embolie pulmonaire pourra, tout à fait exceptionnellement, servir à éclairer le diagnostic.

MALADIES DES MÉNINGES

Traitement. — Le traitement se borne à une médication purement symptomatique. Iln’estpas possible d’être actuellement fixé sur l’utilité d’une intervention chirurgicale. Mais le médecin pourra faire la prophylaxie delà maladie, en soignant rigoureusement toutes les lésions auriculaires, cutanées, etc., susceptibles d’être le point de départ des infections veineuses.

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