ESSAIS DE VACCINATION ET MÉTHODES DE LABORATOIRE
Aucun des essais tentés dans les laboratoires pour guérir la tuberculose ou pour réaliser l'immunité n’a fourni jus({u’ici une médication pratique; aucun n’est encore sorti du domaine du laboratoire, et ajoutons que quehpiesuns ne doivent })as encore en sortir.
§ 8. Tuberculine. — Parmi les tentatives faites dans cette voie, la plus célèbre est celle de Koch, qui essaya d’obtenir la guérison de la phtisie en injectant sous la peau un extrait glycériné des cultures tuberculeuses chauffées, auquel le public donna le nom de hjmphe de Koch, et que l’inventeur appela tuberculine.
L’bistoire de la tuberculine a été écrite par M. Roger dans le premier volume de cet ouvrage; il nous paraît inutile d'y revenir, car cette sul>stance est, à riieure actuelle, absolument abandonnée, comme remède de la phtisie.
Mais, quoique la tuberculine ait éprouvé dans la pratique humaine un échec lamentable, la découverte de Koch n’en reste pas moins extrêmement intéressante au point de vue de la })athologie générale de la tuberculose. Cette substance doit être étudiée à nouveau dans les laboratoires.
Déjà, Bouchard en a extrait un poison vaso-dilatateur énergique (ectasine) : ctHunter et Klebs pensent qu’on peut séparer de la tuberculine les substances nuisibles et en isoler les substances curatives.
§ 9. Cantharidate de potasse. — Récemment, Liebreich (de Berlin) a préconisé le cantharidate dépotasse en injections sous-cutanées. Cette médicatioi a été abandonnée presque aussitôt après avoir été essayée; elle provo(iue de l’albuminurie, de l'hématurie, de la cystite; en un mot elle est fort dangereuse. Mais il est intéressant de rappeler l’idée théorique qui a guidé Liebreich : la cantharidine provo(pie une transsudation séreuse dans les reins et les poumons; en l’employant chez des phtisiques à très petites doses, il avait la prétention de ne faire transsuder le sérum qu’autour des capillaires malades il pensait que ce sérum extravasé, en vertu des propriétés bactéricides qu’il ])0ssède (Nuttal, Buchner), tuerait les bacilles de la tuberculose.
§ Kl. Recherches ayant pour but la création de l’immunité. — On a cherché à créer l'immunité pour la tuberculose par divers moyens.
Immunité conférée par une tuberculose atténuée ou affaiblie, par la tubercidose aviaire, par les produits solubles des bacilles de la tuberculose. — Nous avons relaté les essais pratiqués dans cette voie en étudiant les immunités tuberculeuses (voyez section 1, chapitre v).
Immunité conférée par le sang ou le sérum sanguin d'un animal réfractaire
TR.MTli DE MÉDECINE. — IV
à ia tuberculose ou par du sérum d'animal tuberculeux. — Le sang ou le sérum sanguin des animaux réfractaires (naturellement ou après immunisation) au charbon, au tétanos, à la diphthérie, paraît être un vaccin efficace pour ces maladies. En est-il de même en ce qui concerne la tuberculose? Héricourt et Richet ont injecté à des tuberculeux le sérum du sang de chien, animal qu’ils supposaient réfractaire à la tuberculose humaine, ce qui est une erreur aujourd’hui reconnue de tous. Picq et Berlin se sont servis du sérum de sang de chèvre; mais la chèvre ne possède nullement l’immunité pour la tuberculose humaine; on a cité maints exemples de chèvres tuberculeuses; on doit ajouter cependant que ces exemples sont rares. Les quelques résultats favorables obtenus par ces injections de sérum sanguin de chien ou de chèvre sont attribués aujourd’hui à une action tonique ou nutritive de ce liquide. Les pigeons et les poules, qui ont une grande réceptivité pour la tuberculose aviaire, paraissent être réfractaires pour la tuberculose humaine. H. Martin a injecté le sérum de pigeons et de poules qui avaient reçu sans résultat de la tuberculose humaine dans le péritoine d’une dizaine de cobayes. Ces cobayes moururent tous de la tuberculose humaine qui leur fut ensuite inoculée. L’immunisation par le sérum d'animaux naturellement réfractaires à la tuberculose ou réputés tels n’a donc encoi’e donné aucun résultat.
D’après Héricourt et Ch. Richet, l’injection du sérum d’un chien tuberculisé serait plus efficace que l’injection du sérum d’un chien normal. Les expériences de Daremberg ont contredit cette assertion.
Immunilé conférée p>ar une autre maladie. — Ceux qui admettent avec Chauveau que la vaccine et la variole sont deux maladies difterentes, espèrent qu’on pourra peut-être créer l’immunité pour la tuberculose en inoculant le virus d’une autre maladie plus bénigne.
Nous avons déjà indiqué les cas d’amélioration ou de guérison de la phtisie par un érysipèle intercurrent. D’après Solles, les inoculations d’érysipèle prolongent la vie des cobayes tuberculisés.
Les bœufs et les lapins vaccinés contre le charbon seraient à peu près réfractaires à la tuberculose (Perroncito).
D’après Vinogradof, on pourrait améliorer les phtisiques en leur inoculant du vaccin de génisse.
Kostjerine et Kraïnsky ont essayé de vacciner les animaux contre la tuberculose en leur inoculant des crachats de tuberculeux filtrés et putréfiés -, ils auraient obtenu des résultats assez favorables; mais Daremberg, qui a répété leurs expériences, n’a pas obtenu de résultats appréciables.
^ IL Bactériothérapie. — Imbu de l’idée que la putréfaction peut détruire la virulence du bacille de la tuberculose, Cantani proposa de faire inhaler aux phtisiques des cultures liquides de bacterium termo, un des principaux microbes putréfiants. C’est ce qu’on appela la bactériothérapie.
Cette méthode est abandonnée. Si elle améliore momentanément quelques symptômes, cela est dû à l’inhalation de la vapeur d’eau. De plus, il est démontré que le bacille de Koch et le bacterium termo peuvent pousser ensemble dans le même milieu de culture.
MÉDICAMENTS RÉPUTÉS BACILLICIDES.
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