AUTRES INFLAMMATIONS DU POUMON
soumis à une alimentaliou défectueuse. La maladie commence par une entérite simple avec diarrhée fétide par décomposition des produits intestinaux. Cette période de diarrhée dure deux à cinq jours et ne s’accompagne pas de fièvre. Puis la fièvre paraît et en même temps l’enfant se met à tousser. La dyspnée est en général modérée et le chifl're des inspirations ne dépasse pas 50 ou 40. L’auscultation fait entendre dans divers points, et surtout dans la région axillaire, des foyers de râles crépitants ou bien un souffle peu intense expiratoire. Ces signes stéthoscopiques sont très mobiles.
La fièvre, pendant 1a période des troubles respiratoires, oscille entre 59 et 40 degrés. Le pouls est fréquent, 120, 140, 160 pulsations.
Le plus ordinairement, les accidents prennent une marche progressive et croissante et la maladie se termine par la mort dans le collapsus.
A l’autopsie on trouve des noyaux de bronchopneumonie peu étendus et limités à la surface du poumon.
M. Sevestre pense que les lésions pulmonaires sont dues à un processus infectieux et que l’origine de l’infection est dans l’intestin. L’action favorable du calomel dans quelques cas lui paraît fournir un argument sérieux en faveur de sa manière de voir.
Dans une communication plus récente, M. Sevestre et M. Lesage (') pensent avoir apporté des arguments tout à fait décisifs. M. Lesage, dans cinq observations, aurait constaté la présence exclusive, dans les noyaux bronchopneumoniques, dubacilluscolicommunis, qui existe également dans le contenu intestintd.
Si l’opinion de MM. Sevestre et Lesage est exacte, il s’agit dans ces cas d’une infection pulmonaire par voie sanguine plutôt que d’une véritable bronchopneumonie dans laquelle l’envahissement du poumon a lieu par les bronches.
Nous pouvons rapprocher des observations de MM. Sevestre et Lesage un cas fort intéressant de Lubarsch et Tsutsui(‘). 11 s’agit d’un enfant de deux jours qui succomba après avoir présenté de la diarrhée et des troubles respiratoires et chez lequel on trouva une pneumonie. Tous les organes, mais surtout le poumon, renfermaient en grande abondance un bâtonnet que ces auteurs ont cru pouvoir identifier au bacillus enteriditis de Gaertner, organisme qui a une très grande analogie avec le colibacille dont il ne diffère guère que par le degré plus marqué de virulence. Lubarsch croit que dans ce cas l’infection s’est faite par le poumon.
M. Lesage semble lui-môme assez disposé à accepter ce mode d’envahissement du poumon et ses recherches lui ont démontré la présence du bacillus coli dans l’air des salles de ses malades.
Tl ne faudrait, du reste, nullement considérer les complications pulmonaires d’origine intestinale comme toujours liées au colibacille. La thèse de M. Renard, élève de M. Sevestre, montre au contraire que la plupart de ces lésions sont des bronchopneumonies secondaires dues aux mômes microbes que les autres brouchopneumonies. Dans 12 observations le bacterium coli n’a été trouvé que 4 fois et 5 fois seulement à l’état de pureté.
(M Les.\ge, Contribution à l'élude des entérites inrcctieuses des jeunes enfants (entérite à l:)acteriuin coli); Société médicale des hôpitaux, 22 janvier 1892.
(-) Ludauscu et Tsutsui, Ein Fall von septische Pneumonie beini Neugebornen verursaclit dureb den Bacillus enteritidis (Gaertxepô ; Archiv. far palh. unat., 1891, CXXIII.
MALADIES AIGUËS DU POUMON