‹ Traité de médecine (volume 4)Chapitre 152 sur 168 · PLEURÉSIES SÈCHES ET ADHÉRENCES PLEURALES · texte numérisé non relu

PLEURÉSIES SÈCHES ET ADHÉRENCES PLEURALES

formée par une co(juc néoniembraueuse aA’ec ou sans tul)erculcs qui correspond au point malade du poumon, le sommet.

Dans le second cas, la pleurésie a été soit ])urulentc d’emblée ou secondairement, soit séreuse. Les bourgeons conjunclirs ont A’égété énormément, et, ({uand le litpiide a été résorbé ou éA'acué, se sont unis à ceux du feuillet opposé pour former une adiiérence, une soudure, une ankylosé pleurale définitive.

Sous les épanchemenls chroniques purulents ou séreux le poumon est, on le sait, tantôt carnifié on collapsé, ayant l’aspect d’un moignon charnu (Laënnec), gros et mou, doux au toucher, non friable, non eréiùtant, mais insuftlable et présentant hi^’tologiquemcnt un tassement de ses éléments plutôt que des altérations véritables; tantôt il est dur, fibreux, ardoisé et racorni (Laënnec), non insufllal»I(' et présente les lésions des pneumonies systématiques pleurogènes (Charcot, Brouardel), pneumonies à défait cortical, d'abord interlobulaires, puis interacineuses (d interalvéolaires, dont la cause paraît tenir plus à la nature de la pleurésie ipi’à la durée et à la (pialité de l’épanchement. Cet état du poumon serait intéressant à connaître pendant la période pleurétique, car c’est lui « qui gouverne le présent et l’avenir des symphyses. Celles-ci ne s’établissent qu’avec son consentement, et elles persistent ou s’effacent en raison directe de la sclérose ou de l’intégrité du parenchyme pulmonaire » (Grancher).

Dans les symphy.ses pleuro-pariétales, il existe, outre la déformation thoracique décrite par Laënnec, une matité plus ou moins forte, une diminution des vibrations, à moins, fait exceptionnel, qu’elles ne soient augmentées par la béance des canaux bronchiques ; la respiration, nulle pendant unau ou deux, peut paraître au sommet, mais reste indéfiniment faible et lointaine à la base; quelquefois il s’y ajoute des râles et des crépitations qui se passent dans le poumon, on un souflle qui est la transmission du bruit des lironches dilatées.

Lorsqu’on trouve le schème :

Son —

\'ibrations —

Resplratioii —

Déi'orinuüon Ihoraciciuc,

le diagnostic est possible, mais au début il est difficile de dire si la symjihyse sei’a persistante, puisqu’on ne connaît pas l’état du poumon; après jdusieurs mois de durée, au contraire, on peut affirmer ipi’elle est définitive et qu’audessous le poumon est atteint de pneumonie chronique.

Le diagnostic de la symphyse due à une pleurésie chroni({ue sèche, végétante, n’est pas toujours facile: on trouve, soit à uu sommet, soit aux deux, le schème indiipié plus haut, ou ce schème, mais avec une respiration modifiée, par du souflle ou des craquements [ileuraux (qui s’euteudent à la fin de l’inspiration, au commencement de l’expiration ou entre les deux temjis) et l’on pense à une induration pulmonaire; mais la diminution des viljrations et la déformalion thoracique indiquent ipi’il y a une symphyse : l’examen complet du malade permet de savoir quelle (>st la lésion qu’elle recouvre.

Le pronostic des sympliyses pleuro-pariétales est bénin ipiand elles succèdent à une jileurésie exsudative et (pi’elles ont une évolution régressive, ce

MALADIES DE LA PLÈVRE

qu’indique le retour du thorax et des signes physicjues à la normale. Il est grave, qu’elles soient le résultat d’une pleurésie sèche et végétante ou d’une pleurésie exsudative , si elles sont persistantes et d’autant plus graves qu’elles sont plus étendues. La gêne de la circulation pulmonaire, par compression du poumon et des lobules, expose aux congestions répétées, aux pneumonies, aux tubercules. La circulation et la respiration supplémentaires amt (pielles est astreint le poumon du eôté sain exposent celui-ci à une surcharge sanguine qui retentit bientôt sus le cœur droit et amène l’insuftisance tricuspide et l’asystolie. C’est ainsi, quand ils ne succombent pas à la tuberculose, que meurent les sujets porteurs de symphyses pleuro-pariétales, après avoir été pendant quelque temps bien portants en apparence, mais incapables de courses, d’elTorts, etc., puis de plus en plus gênés et dyspnéiques.

Lorsqu’au lieu d’être costo-puhnonaire la symphyse est médiasline, elle accompagne ordinairement la symphyse cardiaque dont elle peut être le résultat ou la cause. Son histoire se confond avec celle de cette dernière maladie

j\I. Jaccoud a décrit une localisation spéciale d’adhérences « entre le bord inférieur du poumon, le diaphragme et le péricarde d’une part, et la plèvre costale d’autre part » et lui donne le nom de symphyse phréno- costale. Lorsque les adhérences sont épaisses on remarque nettement « à chaque inspiration une dépression active des espaces intercostaux inférieurs à partir du sixième et du septième, et une traction des côtes elles-mêmes vers la ligne médiane ». signe ({ui peut exister suivant l’étendue de l’adhérence, soit sur la septième côte seule, soit sur les côtes inférieures; avec cette traction coïncide l’absence de vibration et de respiration normale dans cette région, mais aussi dans l’espace semi-lunaire de Traube une matité absolue qui remplace le tympanisme normal. Dans le cas d’adhérences minces l’altération des monvements respiratoires est moins marquée, il peut n’exister que de la submatité ou même une très légère modification du tympanisme normal.

L’existence de la synq)hyse i)hréno-costale est utile à connaître, parce que si l’on se contentait, en cas d’adhérences épaisses, de la percussion, et si l’on ne tenait grand compte de la rétraction active du thorax à chaque inspiratif>n, on serait tenté de faire le diagnostic d’épanchement pleural.

Traitement. — Le traitement de la pleurésie sèche consiste en l'application de révulsifs sur la paroi thoracique : ventouses, ventouses scarifiées si la douleur est violente, sinapismes, vésicatoires petits et répétés dans les cas de pleurésie tuberculeuse.

Le traitement des adhérences pleurales est, on peut dire, plutôt préventif que curatif : il faut empêcher la soudure des feuillets delà plèvre, ce que l’on essaye de faire par des exercices modérés et rythmés, une gymnastique respiratoire rationnelle. Lorsqu’il existe une pleurésie à épanchement séro-fibrineux ou purulent, line faut pas trop attendre pour faire la thoracentèse ou l’empyème, bien (|ue cette condition ne soit pas toujours suffisante pour empêcher la production de la pneumonie chronique : une fois le liquide évacué, s’il ne se reproduit pas, il faudra ici encore avoir recours à la gymnastique thoracique et respiratoire.

PNEUMOTHORAX.

Page 1