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BRONCHITE DES CARDIAQUES

Avec Lasègue, il faut distinguer la bronchite dans les affections mitrales et la bronchite dans les affections aortiques, et joindre à ces deux types primordiaux le type mixte qui tient à la fois de l’im et de l’autre.

1" Bronchite dans les affections mitrales. — « La bronchite mitrale se caractérise par une congestion hypostatique des poumons avec râles humides souscrépitants, allant en décroissant graduellement de bas en haut; en même temps, existe d’ordinaire à la base un léger épanchement pleural. C’est là une bronchite à marche lente, progressive, sans accès, torpide pour ainsi dire, et produisant une suffocation graduelle qu’exagère le mouvement. Et c'est là le symptôme capital de la bronchite mitrale que cette dyspnée diurne, subite, succédant au moindre effort, alors que nous avons vu l’emphysémateux, dont les nuits se passent dans l’angoisse respiratoire, exécuter pendant le jour les travaux les plus divers, sans que ses poumons semblent s’en apercevoir. » (Lasègue.)

Dans la bronchite mitrale, la toux est très variable; quand elle est intense, elle fatigue beaucoup le malade; l’expectoration est muco-purulente et plus ou moins abondante suivant les cas.

.Ajoutons que la bronchite est parfois révélatrice d’une affection mitrale; elle est souvent le premier indice de la défaillance cardiaque. Rien n’est fréquent comme de voir des malades qui ne se plaignent que de tousser et chez lesquels un examen attentif fait découvrir, à côté de la bronchite, une insuffisance mitrale ou un rétrécissement mitral.

2° Bronchite dans les affections aortiques et dans l’artério-sclérose. — Ici, dit Lasègue, on ne trouve pas, comme dans la bronchite mitrale, cette gamme de râles humides allant crescendo du sommet à la base, et l’épanchement pleural fait défaut; ce qui domine, ce sont de petits foyers de râles sous-crépitants, ou presque crépitants, disséminés, et s’accompagnant subitement, lorsqu’ils paraissent, d’accès de suffocation parfois terribles, sans qu’on puisse songer à un infarctus, cause ordinaire de ces dyspnées subites. Pendant ces accès, le malade tousse violemment, mais l’expectoration est rare ; les crachats peuvent présenter un aspect rouillé, mais sans jamais aller cependant jusqu’à l’hémoptysie fractionnée de l’infarctus. La bronchite des lésions aortiques disparaît souvent avec la brusquerie de son entrée.

Ainsi, « la bronchite mitrale est une bronchite par stase veineuse, passive, indolente ; la bronchite aortique est une bronchite par hypérémie artérielle active, à crises ». (Lasègue.)

0“ Bronchite dans les affections valvulaires complexes et dans les myocardites. — Lorsque l’artério-sclérose, avec ou sans insuffisance aortique, coexiste avec des lésions mitrales, surtout lorsqu’il y a sclérose du myocarde (que celle-ci soit ou non accompagnée de lésions valvulaires), on observe un type de bronchite cardiaque qui n’a plus la netteté des précédents, mais qui associe

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leurs caractères ('). Les accidents éclatent quelquefois à l’occasion d’un simple l’hume. Dès lors, il y a une oppression presque continuelle, interrompue de loin en loin par des crises de suffocation. Le poumon est envahi par de gros râles humides ayant leur maximum à la base. Pendant les accès de suffocation, on constate des foyers de râles plus fins.

Mais avant d’arriver à cet état, on observe souvent, sui-tout dans la myocardite scléreuse, une série de poussées bronchitiques décrites par M. Huchard sous le nom de bronchite à répétition de la myocardite scléreuse.

Ce que nous venons de dire laisse pressentir que dans ces accidents thoraciques des cardiopathes, la bronchite n’est pas tout, mais que la congestion et l’œdème pulmonaires s’associent à elle dans une mesure variable; et c’est cette association qui donne à ces accidents leur caractère propre. D’autres fois, c’est la production d’un infarctus qui vient encore modifier le tableau clinique.

Un dernier caractère de ces accidents, c’est que l’emphysème les complique souvent et se développe avec une grande rapidité.

La pathogénie des bronchites cardiaques sera étudiée avec celle des bronchites albuminiu’iques.

Traitement. — Ce ne sont pas les médications ordinaires de la bronchite qu’il faut ici mettre en œuvre. On l’a dit avec raison, la maladie est au poumon, mais le danger est au caur (Huchard). Labronchite des aortic|ues nécessite l’usage de la révulsion, des iodures ou des bromures, la bronchite des mitraux doit être soignée par les régulateurs du cœur-, elle est justiciable de la digitale. M. Renaut (de Lyon) joint à la digitale l’ergot de seigle comme tonique des vaisseaux.

Quand la toux est assez intense pour augmenter la cyanose et les troubles circulatoires, on est tenté d’administrer les stupéfiants. Mais ceux-ci peuvent être dangereux en exagérant l’encombrement des voies respiratoires. Dans ces conditions, M. G. Sée conseille l’usage de l’iodure de potassium, qui dégage les bronches, rend la toux plus facile et agit favorablement sur le myocarde.

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