BRONCHITE DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE ET LES ÉTATS
Les bronchites qui s’observent si communément dans tous les états généraux graves (fièvre typhoïde, typhus, états typhoïdes, adynamiques ou cachectiques) présentent trois caraclèrcs communs: Délies sont en général bénignes, et ne nécessitent d’autre traitement que celui de l’état morbide primordial ; il est
TYPHOÏDES ET ADYNAMIQUES
Poudre de scillc
Poudre de scoinmonce
Poudre de feuilles de digUnle. .
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Divisez en ‘20 pilules : 5 ou i par jour.
MALADIES DES BRONCHES
exceptionnel qu’elles soient graves et qu’elles deviennent par elles-mêmes une source d’indications thérapeutiques ; 2" elles s’accompagnent ordinairement de congestion pulmonaire avec pneumonie épithéliale (splénisation) ; 5“ elles ne s’accompagnent pas nécessairement de coryza et de laryngite.
Bronchite dans la fièvre typho’ide. — Dans la fièvre typhoïde, la bronchite est constante : elle survient dès le début, le quatrième ou le cinquième jour, d’après Louis, et ne disparaît qu’à la convalescence. Dans la très grande généralité des cas, elle est légère, bénigne, et n’est presque jamais une source d’indications thérapeutiques ; mais, par sa constance, elle a une très grande valeur pour le diagnostic.
Ordinairement, la bronchite de la fièvre typhoïde s’accompagne de congestion pulmonaire avec pneumonie épithéliale (splénisation, pneumonie hypostatique) ; c’est cet état du poumon qui, par son intensité, peut donner aux accidents thoraciques delà fièvre typhoïde une gravité inaccoutumée.
Cependant la trachéo-bronchite de la fièvre typhoïde peut présenter par ellemême une très grande intensité. Cela dépend souvent des épidémies. C’est dans ces formes intenses que rinflammation gagne les parties profondes et peut provoquer des lésions des cartilages (chondrite, périchondrite, nécrose, abcès, etc...).
Tout récemment, ]\I. Billout, sous l’inspiration de M. Gilbert, a analysé, mieux qu’on ne l’avait fait auparavant, les diverses formes de la bronchite dans la fièvre typhoïde (*). Il décrit les formes suivantes :
1“ La bronchite légère, surtout congestive, qui accompagne la période d’nscension de la fièvre typhoïde ;
2“ La bronchite, plus importante, de la période d'état^ faisant suite à la précédente ou apparaissant d’emblée ;
0“ La bronchite initiale intense, véritable fièvre typhoïde à début bronchitique, ou broncho-tyjohoïde, comme l’appelle M. Gilbert. Mais il n’est pas certain que cette dernière forme représente une véritable broncho-typhoïde. N. Guéneau de Mussy et Millée (^) ont décrit les mêmes faits sous le nom de (lèvre typhoïde CO début grippal, admettant que grippe et dothiénentérie peuvent se développer et évoluer de concert chez le même sujet, surtout en temps d’épidémie grippale;
4° La bronchite de la convalescence, qui n’a rien de spécial. Cependant il semble que quelques sujets, après une fièvre typhoïde, conservent une susceptibilité très grande des bronches ; ils contractent des bronchites qui peuvent se compliquer de broncho-pneumonie, laquelle peut être mortelle, ou se terminer par la guérison, ou par la sclérose du poumon, ou par la phtisie pulmonaire (^).
Il est probable que les bronchites de la fièvre typhoïde sont, dans l’immense majorité des cas, des bronchites infectieuses non spécifiques. Si le bacille de la fièvre typhoïde a été trouvé quelquefois dans les poumons et les petites bronches (Chantemesse et Widal, Polguère) ('‘), sa présence n’a pas été constatée, que nous sachions, dans la paroi des grosses et moyennes bronches inflammées.
(*) Billout, Bronchite dans la fièvre typhoïde; Thèse de Paris, 1800.
(-) Millée, De la lièvre typhoïde à début grippal; Thèse de l'aris, 1884.
(^) Hutinel, Convalescence et rechutes de la fièvre typhoïde; Thèse d’agrég., 1885.
(^) Polguère, Des infections secondaires. Leur localisation puhn. au cours de la fièvre tyiihoïde et de la pneumonie; Thèse de Paris, 1888.
TYPES CLINIQUES DE LA BRONCHITE
Cependant il est possible que, dans certains cas, particulièrement dans la broncho-typhoïde décrite par MM. Gilbert et Billout, la lésion bronchique soit due au ti'ansport embolique du bacille d’Eberth de l’intestin dans les vaisseaux bronchiques.
La bronchite, spécifique ou non, est la règle dans presque toutes les maladies infectieuses ; seule la scarlatine semble échapper à cette loi (Trousseau). Cependant M. Jaccoud a observé un cas de bronchite intense dans la scarlatine et cité des documents qui établissent que cette complication n’est pas aussi rare qu'on le croit. L’observation de M. Jaccoud permet de penser que la bronchite de la scarlatine est infectieuse, mais non spécifique (’).
BRONCHITE MALARIENNE
Le paludisme peut-il donner naissance à une bronchite intermittente, espèce de fièvre larvée? C’est ce qu’admettent Broussais, Laënnec et d’autres auteurs : c’est ce qu’admet aussi Gintrac qui a bien résumé les travaux antérieurs sur ce sujet. D’après ce dernier auteur, voici ce que l’on peut observer dans les ])ays à malaria : un paludique a un accès de fièvre avec ses trois stades ; le stade de chaleur s’accompagne de toux, d’expectoration et d’oppression consi- <lérable; tout cela disparaît avec l’accès.
Plus récemment, Grœser a cité un paludique qui avait, tous les matins, sans lièvre, la rate étant normale, les signes d’une bronchite très intense qui disparaissait le soir(^).
Ces états morbides cèilcnt cà l’usage du sulfate de quinine.