‹ Traité de médecine (volume 4)Chapitre 43 sur 168 · BRONCHITE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

BRONCHITE DES ENFANTS

La bronchite des enfants est aiguë ou chronique.

I. Bronchite aiguë. — La bronchite aiguë est très fréquente chez les enfants; elle peut survenir dès le début de la vie. Sa cause la plus habituelle est le i-efroidissemenl.

Elle se manifeste souvent comme ajfeclion secondaire, particulièrement dans la rowjeole, la coquelache, la iiiberculose. Toutes les causes de bronchite chez l’adulte peuvent frapper l’enfant; mais il existe en outre des causes propres à l’enfance.

Le Iravail de la denlilion s’accompagne souvent d’une inflammation bronchifptc; il est probable qu'il s’agit là d’une broncbite infectieuse non spécifique se développant sous l’inlluence d’un trouble nerveux vaso-moteur qui accompagne l’éruption dentaire. Le rôle de la dentition a été nié par Comby et dernièrement par Kassowitz; cei)endant, d’une part, la coïncidence est très fréquente, et d’autre j)art, la Ijroncbite devient plus rare lorsque la première dentition est achevée.

La lu’oncljite aiguë coexiste fréquemment chez l’enfant avec une affection nUeslinale : avec les dyspepsies gastro-intestinales putrides d’origine alimentaire, avec les diarrhées infectieuses. M. Sevestre, (pii a mis ces faits en lumière, pense que le trouble digestif est le phénomène primitif et la bronchite le [ihénornène secondaire {bronchites d'origine intestinale). On pourrait supposer

MALADIES DES BRONCHES

que le trouble de la santé générale engendré par l’auto-intoxication intestinale retentit sur les bronches et favorise le développement d’une bronchite infectieuse non spécifique. Mais les recherches récentes de Lesage (^) tendent à démontrer que le bacterium coli virulent est lui- meme l’agent pathogène sur place de ces complications respiratoires (-).

Le lymphatisme et le rachitisme sont plus souvent des causes de bronchites chroniques que de bronchites aiguës; nous y reviendrons dans un instant.

Mais l’arthritisme est une des causes prédisposantes les plus remarquahles; chez les fils de goutteux, d'obèses, enfants généralement gras, opulents, colorés, souvent eczémateux, le moindre refroidissement, les changements de température brusques produisent une bronchite aigue.

On ne peut donner de la bronchite aiguë des enfants une meilleure description clinique que celle de d’Espine et Picot.

« Forme légère. — La bronchite aiguë n’est souvent qu’un simple rhume caractérisé par une toux modérée qui s’accompagne de quelques râles disséminés dans le thorax. D’autres fois la maladie est plus accusée ; elle débute par une toux sèche et un peu douloureuse, qui s’observe principalement au réveil. Bientôt on entend à l’auscultation un ronchus trachéal ou quelques râles sibilants dans les deux poumons; la respiration est fréquente, elle s’accompagne d’un stertor, tantôt sec et un peu ronflant, tantôt légèrement humide; le plus souvent la voix et le cri sont naturels; quelquefois cependant, chez les très jeunes enfants, le cri est éteint ou voilé, la reprise seule se fait entendre (Rilliet et Barthez). La fièvre est, en général, modérée, souvent intermittente, et s’accompagne d’un peu d’abattement, surtout vers le soir. La maladie reste stationnaire ou augmente légèrement pendant quelques jours, puis la fièvre tombe, la toux devient plus grasse et s’accompagne chez les enfants âgés de plus de cinq ans, d’une expectoration muqueuse transparente ou verdâtre, qui cesse bientôt; le rétablissement se fait alors rapidement (^).

« Forme grave. — Dans quelques cas, surtout dans la première enfance, la bronchite peut revêtir une certaine gravité ; la maladie débute alors par une toux violente, très fréquente, fatigante et douloureuse, revenant souvent par quintes. On observe un mouvement fébrile intense qui redouble le soir; la température du corps dépasse 08 degrés, le pouls présente 120 à 150 pulsations; la peau est chaude et sèche, la respiration s’accélère notablement et s’accompagne d’un peu de dyspnée et d’agitation; les yeux sont rouges et larmoyants, l’enfant perd l’appétit et, si c’est un nourrisson, il refuse le sein. L’auscultation fait entendre dans les deux poumons des râles ronflants et sibilants très abondants, mêlés quelquefois à du gros râle sous-crépitant qui prédomine à la base du thorax ; le bruit respiratoire entendu à distance a un

(*) Lesage, Soc. méd. des lurp., 22 janvier 1892.

n Le muguet s’étend quelquefois aux voies resiiiratoires et jjroduit une Ijionchite plus ou moins étendue. M. Sclimidt (Zieglers Beitrcige z. path. Anat.j VIII, 1, j). 173) a vu sur cin(j cadavres d’enfants une fausse membrane constituée ]iar une almndante végétation de muguet qui recouvrait les bronches, la trachée et le larynx ; les lilaments du champignon pénétraient profondément dans la muqueuse.

(^) SiiRACK (Uelîcr Acetonurie und Diaceturic bei Kindern; Jahrh. f. Kinderh., 1889, vol. XXI\', p. 415) a trouvé, dans tous les cas de catarrhe bronchi((ue fébrile, de l’acétonuric pendant tout le temps de la fièvre; dans le catarrhe apyrétique, on ne trouve pas l’acétonurie.

TYPES CLINIQUES DE LA BRONCHITE

timbre sec. Arrivé à ce degré, la bronchite se complique souvent (ï atélectasie pulmonaire ^ chez les petits rachitiques surtout, ou bien elle s’étend aux petites bronches ou aux poumons, et l’enfant succombe à un catarrhe suffocant ou à une broncho-pneumonie-, enfin, dans quelques cas, il est emporté par des accidents cérébraux : il est pris alors d’une agitation suivie de prostration, puis de convulsions générales, le pouls devient faible, petit, inégal, et la mort arrive au bout de quelques heures (Rilliet et Barthez). Le plus souvent cependant la maladie se termine favorablement après une à trois semaines. »

La chute de la fièvre s’accompagne souvent d’un léger degré de gastro-enti';rile que les anciens considéraient comme un phénomène critique et que M. Jaccoud attribue à la déglutition des crachats. Dans le cours de la forme grave, le catarrhe gastro-intestinal, les vomissements et la diarrhée sont la règle.

La plupart des auteurs s’accordent à décrire ainsi une forme légère et une forme grave de la bronchite simple des enfants. Mais M. Cadet de Gassicourl fait remarquer avec raison que, dans la forme grave, il s’agit en somme d’une bronchite capillaire, et que partant on pourrait simplifier la descriplion.

Notons ici, avec Carmichael, qu’en général les symptômes sont plus accusés et plus graves en apparence chez les enfants bien portants que chez les enfants maladifs, cachectiques, dont l’affection prend un caractère subaigu et insidieux.

M. Cadet de Gassicourt a beaucoup insisté sur \cs, phénomènes congestifs qui compliquent parfois la bronchite la plus légère et en modifient l’expression clinique. Brusquement, l’enfant est pris d’une dyspnée extrême; la température s’élève à 59 ou 40 degrés; on perçoit en un point quelconque du poumon, le plus souvent vers les bases, avec un peu de submatité, de l’obscurité du murmure vésiculaire et quelques râles crépitants. On pense aussitôt à une bronchopneumonie et on porte un pronostic très sérieux. Or, l’évolution vient détruire ce diagnostic et démentir ce pronostic. Tous ces phénomènes disparaissent eu effet en un ou deux jours. Dans ces cas, une analyse clinique minutieuse permettra seule d’éviter une erreur d’interprétation et, en général, il faut se garder d’affirmer la broncho-pneumonie avant un examen prolongé de un ou deux jours; cette dernière, toutefois, débute de façon plus insidieuse, la température s’élève moins vite et moins haut, elle se manifeste toujours après une poussée de bronchite capillaire et au niveau même du foyer de celle-ci.

Diagnostic. — La bronchite aiguë des enfants est très difficile à distinguer de la corjueluche dans son premier stade; souvent la marche seule éclairera le diagnostic. L’ulcération sublinguale qui a été considérée comme caractéristique de la coqueluche a été observée dans la bronchite simple par M. Comby, et ne peut servir au diagnostic (').

11 faudra aussi rechercher si la bronchite n’est pas due à la rougeole ou à la grippe.

La toux nocturne des enfants déerite par Behrend et Vogel, affection mal connue, mais ipi’il faut peut-être ranger dans les névroses, se distingue de la bronchite par les caractèi’es suivants : elle survient au printemps et à l’automne ; après deux ou trois heures de sommeil, l’enfant s’agite, tousse et pleure;

(’) Médecine moderne, 1891, ii“ 21, p. iO-I.

MALADIES DES BRONCHES

pendant deux ou trois heures, il a des quintes de toux analogues à celles de la coqueluche, mais sans suffocations véritables et sans inspirations bruyantes. En examinant l’enfant, on ne trouve aucune trace de bronchite, ni d’adénopathie trachéo-bronchique (').

La toux de J' adénopathie trachéo-bronchique est sèche et rauque ; elle survient par quintes fréquentes; mais il n’y a ni reprises, ni vomissements comme dans la coqueluche; et d’autres signes, tels que le pseudo-asthme, l’aphonie intermittente, le spasme de la glotte, en décèleront la nature (^).

Mais il ne faut pas oublier que l’adénopathie s’accompagne souvent de véritables bronchites aiguës, récidivant fréquemment, bronchites à gros râles, qui se développent brusquement, et n’ont d’autres caractères que la fréquence et la violence de la toux.

Véasthme à forme bronchitique des enfants est quelquefois fort difficile à distinguer de la bronchite aiguë, et particulièrement de la bronchite capillaire. Cette forme morbide est insuffisamment décrite par les auteurs, mais on en retrouve cependant quelques exemples dans les cliniques de Trousseau (^), et dans le mémoire de Politzer ('d. D’après M. L. Guinon (®), voici les caractères avec lesquels elle se présente. Elle apparaît souvent de très bonne heure, à T) ans, 2 ans, I an et demi même; parfois on ne retrouve aucun antécédent asthmatique dans la famille. L’enfant est pris tout à coup, à une heure quelconque de la journée, d'une toux fréquente, pénible, quinteuse, et presque en même temps de dyspnée ; la fièvre est constante ; dès le début de l’accès, elle est très violente, la température atteint a!) degrés; le pouls, chez un enfant de 5 ans, atteint 160, 170; la face est rouge, vultiieiise, les yeux sont larmoyants et congestionnés; on constate le battement des ailes du nez; les moiivemenls respiratoires sont toujours accélérés, contrairement à ce qui s’observe chez l’adulte; au début de l’accès, l’expiration est longue, pénible, sifflante; mais au bout de quelques heures dans les accès très violents, de un ou trois jours dans les autres cas, la respiration est uniformément accélérée, bien qu’elle reste plus profonde que dans la dyspnée des affections respiratoires aiguës. Il existe toujours dès la première heure un état saburral des voies digestives, la langue est sale, couverte d’un enduit blanc jaunâtre, la soif est vive, et les vomissements fréquents. Si l’on ausculte dès le début, on peut constater les caractères de l’expiration asthmatique; mais rapidement, en quelques heures, la poitrine se remplit de râles de tous caractères, surtout de râles sous-crépitants fins, dont l’abondance et la finesse sont telles qu’on ne peut se défendre de l’impression qu’il s’agit d’une bronchite capillaire généralisée; si l’on y joint la fièvre intense, le tirage costal, l'abattement de l’enfant qui reste inerte dans son lit, on comprend combien l’erreur est facile et comment Trousseau a pu la commettre.

Cependant, après 5 ou 4 jours de cet état, la fièvre et la dyspnée diminuent,

{*) Gintr.vc, Article Bronchite; Dictionnaire de Jaccoud, et G. Sée, Méd. mod., 1890, p. 915.

(-) G. Sée, Méd. moderne, 1890, p. 915.

O Trousseau, Clin.'oæd. de VUûlel-Dieu, vol. Il, p. 404, 7° édition, 1885.

P) PoLiTZER, Ueber Asthma bronchiale, Broiicbienkrainpfim Kindesalter; Jahrb. f. Kinderh., vol. III, 1870.

(®) Communication orale.

TYPES CLINIQUES DE LA BRONCHITE

les râles deviennent plus rares et plus gros, l’appétit reparaît et l’enfant ne conserve que des signes de bronchite qui s’exaspèrent un peu le soir et pendant la nuit; souvent la convalescence est interrompue par des poussées congestives (dyspnée, fièvre, malaise, respiration soufllante en quelque point de la poitrine); ces congestions ont l’évolution indiquée par M. Cadet de Gassicourt dans la bronchite aiguë simple.

Enfin, il faut toujours penser, surtout si la bronchite est tenace et si l’état général est peu satisfaisant, au développement possible de la tuberculose.

Pronostic. — La bronchite aigue des enfants est ordinairement bénigne; cependant il ne faut pas oublier qu’elle peut entraîner la mort soit par bronchite capillaire, soit par accidents céréljraux. Aussi doit-elle être traitée, dès le début, avec une grande vigueur, car on ne peut prévoir l’évolution qu’elle suivra.

Traitement. — Tout enfant atteint de bronchite doit garder la chambre, et vivre dans une atmosphère chaude (10 à 18 degrés). Dans la forme légère, une potion avec 5 à 8 gouttes de teinture de belladone ou d’aconit, des frictions sur le thorax avec le liniment térébenthiné du Codex, constituent des moyens suffisants.

Dans la forme grave au début, on administrera soit du sulfate de quinine, soit de l’antipyrine. Chez les très jeunes enfants, ces remèdes peuvent être admiinstrés en lavement, ou en pommade (frictions dans les aisselles avec unepommade au chlorhydrate de quinine). Puis on usera des révulsifs; les cataplasmes sinapisés alterneront avec les frictions au liniment térébenthiné. Si cela est nécessaire, on mettra en œuvre la médication expectorante : ipéca, kermès, acétate ou benzoate d’ammoniaque. .Jurasz a préconisé les propriétés expectorantes de l'apomorphine, à la dose de I centigramme par jour pour la première année, de 2 centigrammes pour un enfant de trois ans, et 5 centigrammes à partir de cinq ou six ans. D'Espine et Picot se sont bien trouvés de ce médicament dans les Irachéo-lu’onchites à toux spasmodi(|ue, suffocantes. Quand la fièvre était peu marquée, ils n’ont jamais dépassé par jour la dose de .") à .5 milligrammes de cblorbydrate d’apomorpbine dans les deux premières aimées, et de 1 centigramme chez les enfants plus âgés.

Quand les enfants ont dépassé l’âge de cimj ans, on pourra, si cela est nécessaire, administrer les stupéfiants à faillies doses.

La caféine, en injections sous-cutanées, à la dose quotidienne de .'j centigrammes donnés en plusieurs fois, chez un enfant d’un an, rend de grands services lors(jue la bronchite menace d’envahir les rameaux capillaires.

II. Bronchite chronique des enfants. — La lironchite chronique des enfants a été l’objet d’un important mémoire de M. Comby(‘). Nous le prendrons pour guide dans cel exposé.

Etiologie. — La bronchite chroniipie peut s’observer aussi liicn chez les enfants au-dessous d’un an ipie chez des enfants de dix ans.

Elle succède souvent à une lu’onchite aiguë (bronchite a frigore, bronchite de la co(pieluche, de la rougeole).

Mais la lironchite ne passe à l’état chronique que lorsque l’enfant est prédis-

(b .\rcliiues r/énérales de médecine, lX8(i.

MAIADIES DES BRONCHES.

posé par certaines conditions particulières. La chronicité dépend souvent de ce que les enfants sont épuisés par la mauvaise alimentation, et la misère, par \' athrepsie, la syphilis liéréditaire.

Pour beaucoup d’auteurs et pour M. Comby en particulier, la vraie raison du passage à l’état chronique d’une bronchite infantile réside dans la scrofule ou le lymphatisme. La plupart des enfants qui en sont atteints sont scrofuleux, lymphatiques, ou proviennent de parents scrofuleux ou tuberculeux. Mais il faut s’entendre sur le mot lymphatis^ne et sur le mot scrofule. On est d’accord pour reconnaître que ce qui faisait la belle part de l’ancienne scrofule doit rentrer dans la tuberculose et que le reste appartient au lymphatisme. En ce qui concerne le lymphatisme, M. Le Gendre remarque que, souvent, les enfants lymphatiques deviennent plus tard des neuro-arthritiques (*). Nous acceptons pleinement cette manière de voir. Et comme le neuro-arthritisme est la cause la plus ordinaire de la bronchite chronique simple de l’adulte, on voit l’unité étiologique de la bronchite chronique quel que soit l’âge du sujet.

D’autres états morbides peuvent encore favoriser le développement d’une bronchite chez l’enfant. Ainsi, dans le rachitisme, la bronchite est extrêmement fréquente, ce que M. Comby attribue à la dilatation de l'estomac concomitante

On sait aussi que Vasthme peut exister chez les enfants et que cette précocité s’observe surtout chez les descendants d’asthmatiques (Trousseau). On pourra donc observer chez l’enfant la bronchite asthmatique chronique.

Les lésions naso-pharynyées chroniques (coryza chronique, hypertrophie des cornets, végétations adénoïdes) sont fréquentes chez les enfants atteints de bronchite; peut-être ces lésions contribuent-elles dans une certaine mesure à entretenir la cbronicité de la bronchite.

On a signalé des bronchites répétées chez les enfants qui ont guéri de la trachéotomie.

On a enfin accusé la présence des vers dans l'intestin d’entretenir la bronchite des enfants.

Symptômes et t)-aitement. — Les enfants atteints de bronchite chronique présentent peu d’altérations de l’état général; ils n’ont point de fièvre, et présentent ce double faciès à la fois floride et cachectique que M. Comby considère comme le propre du lymphatisme.

La toux est fréquente; elle procède par quintes; mais elle n’est coqueluchoïde que chez les enfants qui ont eu une coqueluche ou qui ont de l’adénopathie trachéo-bronchique. Les sujets très jeunes n’expectorent pas, ils déglutissent leurs crachats; après quatre ou cinq ans, il arrive parfois qu’ils rendent une expectoration muco-purulente.

Les signes })hysiques sont ceux d’une bronchite simple généralisée : sonorité et vibrations thoraciques normales ; râles ronflants, sibilants et sous-crépitants disséminés irrégulièrement. A côté du type mixte dans lequel on entend tous ces râles, il y a des cas où ils sont isolés, d’où les formes de bronchites ronflantes, sibilantes, crépitantes, dans l’ordre de gravité croissante.

On constate quelquefois les signes de l’emphysème pulmonaire ; distension

(') M. G. SÉE dit, do son côté, que tous les enfants ont le tempérament lymirhatique, quitte à le perdre plus tard.

TYPES CLINIQUES DE LA BRONCHITE

des parois thoraciques, sonorité exagérée, respiration ultra-puérile (Rilliet et Barthez) ; mais cet emphysème n’est pas définitif ; à moins que l’enfant ne soit rachitique, il disparaît avec la bronchite qui l’a engendré.

La durée de la maladie est longue, les récidives ne sont pas rares; la bronchite chronique infantile subit aisément l’influence des variations atmosphériques ; elle s’amende par la chaleur, elle s’aggrave par le froid et l’humidité.

Le diagnostic est facile ; il faut pourtant songer à la possibilité d’une tuberculose pulmonaire , d’une adénopathie bronchique. Les bronchitiques tuberculeux, outre les signes locaux d’infiltration tuberculeuse des poumons, présentent une pâleur et une bouffissure spéciales qui font défaut dans les bronchites d'autre origine; ils ont aussi cette induration sans hypertrophie des ganglions superficiels du corps qui a été décrite par MM. Legroux et Mirinescu.

he pronostic n’est pas très grave si les enfants vivent dans un milieu sain, à l’abri de la contagion. Il ne faut pas que les enfants atteints de bronchite chronique soient exposés à contracter la rougeole, la coqueluche, la tuberculose, la diphthérie. Voilà pourquoi, dit M. Comby, il convient de les tenir éloignés des hôpitaux où ils trouveraient une mort presque certaine.

Comme traitement, M. Comby conseille d’attaquer d’abord la bronchite, à l’aide de vomitifs et de révulsifs et de modifier l’état général, à l’aide d’une bonne hygiène, d’un régime tonique et reconstituant, et surtout de V huile de foie de morue qu’on prescrira à doses massives.

La bronchite pseudo-membraneuse chronique peut s’observer chez les enfants (P. Lucas-Championnière), particulièrement chez les enfants chétifs ou atteints de phtisie. D’Espme et Picot en ont observé un cas chez un enfant de 1.” ans, emphysémateux et asthmalicpie.

Steiner a décrit chez les enfants une variété de bronchite chronique, sous le nom de bronchite catarrhale sèche. Cette affection grave, souvent moiTelle, ne serait, d’après D’Espine et Picot, qu’une forme de la tuberculose des ganglions bf-onchiques.

Page 1