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CHAPITRE V

ATÉLECTASIE PULMONAIRE

On donne le nom à' atélectasie, de collapsus pulmonaire, d’état fœtal des poumons, d'aplasie pulmonaire, de carnification (bien distincte de la carnisation qui répond à la broncho-pneumonie subaiguë ou chronique), à l’état du poumon qui résulte de la disparition de l’air dans les alvéoles.

La plupart des états atélectasiques ont été décrits en diverses parties do ce Traité-, on trouvera ailleurs, en particulier aux articles Bronchite capillaire et Broncho-pneumonie, la description des caractères anatomiques de l’état fœtal.

Nous nous bornerons à donner ici, à titre de récapitulation, une revue sommaire des états atélectasiques.

On doit distinguer plusieurs espèces d’atélectasie :

1“ L’atélectasie pulmonaire normale du noui'eau-né qui n'a 'pas respiré. — Avant la naissance, les poumons ne renferment j>as d’air; ils sont atélectasiques; mais, dès la première inspiration, les alvéoles se déplissent, et les poumons se remplissent d’air ; répithélium des alvéoles, d’abord cubique, s’aplatit })eu à peu et devient enfin l’endothélium du poumon. On sait quelle importance les médecins légistes attril^uent à l’atélectasie quand il s’agit de savoir si un nouveau-né a respiré ou non.

MALADIES CHRONIQUES DU POUMON

S" L'alélectasie pidmonaire pathologique du nouveau-né . — Lorsque le nouveau-né est atteint de débilité congénitale, lorsqu’il est né avant terme, par exemple, on le voit, malgré des efforts respiratoires assez grands, se refroidir et présenter une cyanose généralisée avec œdème dur(cyanose du nouveau-né); à l'autopsie, on trouve de l’atélectasie en divers points du poumon, surtout aux bases et aux bords antérieurs. On a attribué cet état au déplissement incomplet du poumon, par suite de la faiblesse des muscles inspirateurs. La cyanose du nouveau-né doit être traitée par rinsuftlation pulmonaire, les bains chauds, les frictions stimulantes, les inhalations d’oxygène (‘).

5“ V atélectasie physiologique des sujets qui sont restés longtemps dans le décubitus dorsal. — Quand on ausculte un sujet sain qui est resté un certain temps couché sur le dos, on entend parfois aux bases du poumon, et en arrière, des râles crépitants secs qui disparaissent après une forte inspiration (râles de déplissement). La présence de ces râles indique que, dans la position couchée, les parties déclives du poumon se sont aplaties, que les parois des alvéoles se sont accolées, en un moi, qu’il s’est produit un peu d’atélectasie.

¥ L'atélectasie marastique. — C’est à un mécanisme analogue qu’il faut attribuer l’atélectasie des parties postéro-inférieures du poumon qui s’observe dans les maladies aiguës de longue durée, comme la fièvre typhoïde, et dans toutes les maladies chroniques qui nécessitent un long séjour au lit. La mauvaise ventilation des poumons, due à la faiblesse des muscles respirateurs, et le décubitus dorsal prolongé, sont les causes de cet état, le<}uel s’associe ordinairement à la congestion passive.

5“ L'atélectasie par obstruction des pjetites bronches. — Cette variété a été décrite complètement aux articles Broncho-pneumonie et Bronchite capillaire.

6" L'atélectasie par compression est celle qui résulte de la compression directe du parenchyme pulmonaire, soit par un épanchement pleural (^), soit par un épanchement péricardique, une tumeur du médiastin, une tumeur abdominale, une ascite, une tympanite, etc. — Chez les bossus, la partie convexe du rachis rétrécit la moitié correspondante du thorax, et empêche le déplissement complet du poumon du même côté; il en résulte de fatélectasie.

Lorsque fatélectasie dure longtemps, l’épithélium pulmonaire desquamé s’atrophie; les capillaires s’affaissent, les artérioles sont atteintes d’endartérite olditérante; les Ijronches s’olditèrent aussi; les parties malades ne peuvent plus être insufflées et elles finissent par se transformer en tissu fibreux (").

Quand les lésions de fatélectasie ont frappé tout un poumon et qu’elles restent définitives, on peut voir, si le sujet est jeune, l’autre poumon subir une hypertrophie compensatrice considérable ; c’est ce qui a été observé par Schucbardt (*).

(') Seyiiei., De Vatclcctasie acquise des nouveau-nés et de ses causes; analysé dans la Revue des sciences médicales de llayem, l. XXXIX, j>. G49.

(q Laennec, p. 545, de VÈdüion de la Faculté.

Q) Duxm, Lésions anatomiques de la compression pulmonaire; analysé dans la Revue des sciences médicales de Hayeni, t. XX.X, p. 515.

('*) SciuiciiARDT, analysé dans la Revue des sciences médicales de llayem, l. XXX, p. 105.

SCLÉROSES DU POUMON.

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