ANÉMIE
L’anémie du larynx coïncide le plus souvent avec celles du pharynx et de la cavité buccale. On l'observe chez des sujets anémiés, soit par des hémorrhagies répétées, soit par une maladie aiguë antécédente, etc. ; ainsi ((ue chez les chlorotiques et les leucémiques. Le mal de Bright, et les diverses autres maladies chroniques cachectisanles (telles que le cancer, la tuberculose, le paludisme, etc.), comptent aussi parmi ses causes les plus fréquentes. De toutes celles-ci, c’est peut-être la tuberculose pulmonaire qu’on a le plus souvent l’occasion d’incriminer.
A l'examen laryngoscopique, on constate que l’épiglotte, les ligaments aryépiglottiques, les bandes ventriculaires et la région aryténoïdienne ont perdu leurs couleurs rosées et sont uniformément pâles. Parfois leur teinte tranche
TROUBLES CIRCULATOIRES
à peine sur celle des cordes vocales par un aspect un peu plus jaunâtre. Souvent cette pâleur se constate aussi sur les parois sous-glottiques du lai’ynx. En môme temps, la muqueuse laryngée paraît plus mince qu’à l’état normal (Mandl), et les cordes vocales ont parfois un aspect transparent particulier (Schrotter). La muqueuse anémiée est quelquefois, particulièrement au niveau de l’épiglotte, striée d’arborisations vasculaires. Lorsque l’anémie est secondaire et symptomatique d’une anémie générale chez un individu antérieurement sujet aux hyperhémies laryngées ou présentant des traces de catarrhe chronique, ces striations vasculaires sont souvent plus nombreuses, et la muqueuse pâle est terne et dépolie.
Les symptômes sont nuis ou légers. Dans certains cas, la motilité des muscles phonateurs est amoindrie, et la voix est faible ou voilée. Les troubles de la sensibilité (picotements, sensations d’irritation mal définies, douleurs légères même, etc.) ne sont pas rares.
Le diagnostic laryngoscopique n’otïre aucune difficulté. Il suffit d’un peu d’attention pour ne pas confondre l’anémie des bandes ventriculaires, lorsqu’elle semble plus marquée d’un côté ou en avant, avec des érosions ou des ulcérations ; ou bien encore pour ne pas prendre la trace blanchâtre d’une ancienne ulcération cicatrisée pour une anémie circonscrite simple.
Le diagnostic causal doit être tenté dans tous les cas, car c’est lui qui commande le pronostic et le traitement. La constatation d’une anémie semblant localisée au larynx, avec ou sans troubles de la sensibilité locale et de la voix, doit (surtout lorsqu’il s’agit d’une personne se plaignant d’avoir, depuis peu, légèrement maigri et perdu des forces et de l’appétit) faire penser immédiatement à la possibilité d’une tuberculose pulmonaire au début, et impose un examen approfondi de la poitrine (Lennox-Browne, Morell- IMackenzie). Dans un cas de ce genre, si une anémie marquée du vestibule laryngien coïncidait avec la rougeur et l’aspect dépoli d’une corde vocale on des deux, avec ou sans rougeur interaryténoïdienne, il y aurait lieu, même en l’absence de tout signe d’auscultation, de songer à un début de laryngite tuberculeuse.