‹ Traité de médecine (volume 4)Chapitre 71 sur 168 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ANTAGONISIViES ET IMMUNITÉS

Nous allons passer en revue les diverses maladies (pii oui été considérées comme antagonistes de la phtisie et examiner la valeur des opinions émises à ce sujet. Nous nous demanderons en terminant si la guérison d'une tuberculose antérieure peut donner rimmunité pour la phtisie pulmonaire.

Scarlatine. — « La scarlatine, disent Rilliet et Barthez, engendre rarement les tubercules, et les tuberculeux prennent rarement la scarlatine. Nous en concluons ([ue la diathèse tuberculeuse et la scarlatine sont antagonistes. » Pourcjuoi ne pas conclure simplement que la scarlatine est indifférente eu égard à la phtisie? Si elle n’a pas rinfluence phtisiogène de la rougeole, cela tient probablement à ce qu’elle épargne en général les voies respiratoires. D’ailleurs on a cité des cas de tuberculose développée à la suite de la scarlatine, et nousmême en avons observé récemment un exemple.

Fièvre tjjphoïde. — Thirial, Barthez, Revilliod, C. Paul ont soutenu qu’il existait un certain antagonisme entre la phtisie et la //èure Laënnec, Mon-

neret, ÎMercier, Damaschino ont avancé, au contraire, que les fièvres continues favorisent la tuberculisation. En réalité, la fièvre typhoïde ne paraît pas constituer une affection prédisposante ou antagoniste de la phtisie. Ce qui a probablement causé l’erreur de quelques médecins, c’est la difficulté que présente souvent pendant la vie le diagnostic de la fièvre typhoïde avec certaines formes de la phtisie, telles que la granulie à forme typhoïde, ou la fièvre tuberculeuse initiale à forme typhoïde.

Influence de I impaludisme. — Boudin a soutenu que l’impaludisme préservait de la tuberculose. Mais les recherches de Michel Lévy, Forget, Gintrac, des médecins de la haute Italie (Corradi, Sangalli et Tommasi, Beri et Gamhari, Dubini) montrèrent que le prétendu antagonisme de l’impaludisme et de la tuberculose n’existait pas. Cependant, tout récemment, de Brun, qui exerce la médecine à Beyrouth, a publié une statistique montrant la rareté de la tuberculose chez les iinpaludiques. Le docteur Piot (du Caire) a fait des constatations analogues. Mais Boussakis (d’Athènes) et Kohos (de ^Manchester) n’ont pas confirmé les assertions de de Brun et de Piot. C’est une question encore à l’étude.

Influence du saturnisme. — Le saturnisme était considéré par Beau comme l’antagoniste de la tuberculose; il prétendait que les vieux saturnins deviennent très rarement phtisiijues; aussi traitait-il la tuberculose en administrant les sels de plomb, médication dont le temps a fait justice. Monneret et Leudet s’élevèrent contre les assertions de Beau, et montrèrent que la phtisie pouvait s’observer chez les saturnins. Nous avons le souvenir de trois malades, atteints de colicpie de plomb, qui présentaient des lésions tuberculeuses aux sommets du poumon.

Chlorose. — Les relations de la chlorose avec la tuberculose ont été bien

Page 1